Avec son candidat Alvaro Peressutti
Charles Milliard veut relancer le Parti libéral du Québec en Beauce

Par Germain Chartier, Journaliste
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, était de passage en Beauce ce lundi 10 août, aux côtés de son candidat dans Beauce-Sud, Alvaro Peressutti, en vue des élections provinciales du 5 octobre prochain. Avant un rassemblement tenu au Shaker à Saint-Georges, les deux hommes ont accordé une entrevue aux médias afin de parler de la campagne, des enjeux régionaux et de la place que le PLQ souhaite reprendre dans la circonscription.
Pour Alvaro Peressutti, le travail est déjà amorcé sur le terrain depuis son investiture, il y a environ deux mois, lors du conseil général du parti à Sherbrooke. Le candidat reconnaît que le PLQ part de loin en Beauce-Sud, mais estime que l’organisation est mieux préparée qu’au dernier scrutin.
« On part de loin, mais on est partis. Là, on commence à faire notre travail de terrain important », affirme-t-il d'entrée de jeu. Il indique avoir déjà rencontré près d’une vingtaine de municipalités, d’organismes communautaires et d’organismes économiques avec son équipe de bénévoles. « On est en train de faire un travail de terrain qui n’a pas été fait il y a quatre ans. De ce côté-là, on se prend d’avance. »
Le candidat affirme maintenant mettre sa carrière professionnelle sur pause afin de se consacrer à temps plein à la campagne.
« On espère que de ce côté, on va pouvoir me faire connaître, faire connaître Charles, les politiques du parti, puis pouvoir prendre les bons engagements et militer pour les bons dossiers dans Beauce-Sud. C’est comme ça qu’on pense qu’on va y arriver. Rigueur, respect et beaucoup de travail. »
Une région à reconquérir
Charles Milliard reconnaît que les dernières élections ont été difficiles pour le Parti libéral du Québec dans la région. Il estime toutefois que le contexte politique actuel laisse de l’espace pour convaincre les électeurs. « C’est clair qu’en 2018, en 2022, les Beaucerons nous ont tassés. Alors, on revient avec une nouvelle équipe, avec une nouvelle vision », mentionne-t-il.
Selon lui, la campagne nationale aura aussi un rôle important à jouer. Il a notamment fait référence à un sondage Léger sorti ce lundi, indiquant qu’un Québécois sur deux ne sait pas encore pour qui voter. « Ça veut dire que le cœur des Québécois est à prendre. Puis nous, la qualité de l’équipe puis du programme qu’on va présenter, j’espère que ça va convaincre les Beaucerons comme les Québécois. »
Le chef libéral présente l’économie comme la « priorité des priorités » de sa formation politique. Selon lui, le Québec doit générer davantage de richesse afin de financer adéquatement les services publics.
« Ça nous prend de l’argent au Québec. Ça nous prend de l’argent pour payer pour les services publics qui tombent en ruine en ce moment », soutient-il.
Une « culture du oui économique »
Lors de son passage dans la région, Charles Milliard a notamment rencontré des acteurs du milieu économique, dont Marc Dutil à l’École d’entrepreneurship de Beauce. Il affirme que la Beauce illustre bien le potentiel entrepreneurial du Québec.
« En Beauce, on sait comment générer des entrepreneurs », lance-t-il.
Le chef libéral dit vouloir mettre de l’avant une « culture du oui économique », en opposition à ce qu’il décrit comme une tendance à freiner trop rapidement certains projets. « En ce moment, au Québec, on se donne tout le temps un paquet de raisons pour dire non à des projets économiques. Il faut que ça change. »
Il critique aussi l’approche économique du gouvernement actuel, qu’il accuse d’avoir misé trop fortement sur certains projets ciblés. « Moi, ce que je veux davantage, c’est qu’on mette des conditions claires, qu’on réduise le fardeau fiscal des entreprises, qu’on réduise le fardeau réglementaire. »
Pour le candidat de Beauce-Sud, Alvaro Peressutti, l’un des principaux enjeux de la région concerne la dépendance aux marchés américains, dans un contexte où les décisions prises au sud de la frontière peuvent fragiliser plusieurs industries beauceronnes. « On a un voisin au sud qui met en péril beaucoup de nos industries. Donc, pouvoir diversifier nos marchés, c’est une priorité », complete-t-il.
Le candidat met de l’avant son expérience professionnelle en développement de marchés à l’extérieur du Québec, notamment en Amérique latine et en Europe.
« J’ai passé ma carrière à vendre l’expertise, le savoir-faire, des services et des produits québécois partout dans le monde et aussi dans l’ensemble du Canada. »
Selon lui, le Parti libéral du Québec est bien placé pour rebâtir des relations économiques solides avec les autres provinces canadiennes et développer davantage les marchés de la francophonie. « Les États-Unis sont un partenaire, certes, mais il va falloir se diversifier. Puis si on ne l’a pas fait avant, c’est le temps de le faire. »
Charles Milliard reconnait une belle croissance à Saint-Georges
Le chef du parti dit avoir constaté une certaine effervescence à Saint-Georges, tout en relevant des défis importants liés à la croissance. « Je constate que Saint-Georges va bien quand même. Je regarde la croissance. Je trouve qu’il y a une effervescence. »
Il affirme toutefois que les entrepreneurs de la Beauce vivent les mêmes difficultés qu’ailleurs au Québec, notamment en matière de paperasse et de réglementation.
« Il y a trop de paperasse, il y a trop de réglementation. Ça, ça freine l’élan entrepreneurial. »
Le chef libéral a aussi rencontré des représentants du réseau de la santé en Chaudière-Appalaches. Il estime que le sous-financement demeure un enjeu important, notamment pour l’Hôpital de Saint-Georges et les services régionaux.
Charles Milliard reconnaît aussi que les difficultés dans les services publics ramènent directement à l’enjeu de la croissance économique.
Les deux hommes ont aussi été questionnés sur l’immigration, un enjeu important pour plusieurs entreprises de la région qui dépendent de la main-d’œuvre étrangère. Alvaro Peressutti, lui-même issu de l’immigration, souhaite changer le vocabulaire utilisé dans le débat.
« Au Québec, il n’y a pas de défi d’immigration, il y a un défi d’intégration. Et ce n’est pas à confondre, a-t-il ajouté en indiquant qu'il fallait aussi faire en fonction des régions. Les besoins de Montréal ne sont pas les besoins de Beauce-Sud, qui ne sont pas nécessairement les besoins de Bellechasse, qui ne sont pas nécessairement les besoins de l’Est du Québec. On y va par région. »
Charles Milliard abonde dans le même sens. Il souhaite établir une cible d’immigration à partir des capacités régionales, plutôt que d’annoncer un chiffre national et de justifier ensuite ce choix. « Moi, je veux qu’on bâtisse un chiffre par région dépendant de notre potentiel d’accueil. Puis après ça, on additionne ces chiffres-là, puis là, ça va nous donner un chiffre plus crédible. »
Il cite notamment le logement, les places en CPE, l’occupation des urgences et l’accès aux cours de français comme des éléments à considérer pour définir cette capacité d’accueil.
Interrogé sur ses priorités, Alvaro Peressutti affirme que son premier objectif est de se faire élire, puis de représenter les citoyens de Beauce-Sud dans les dossiers qu’ils jugeront prioritaires. Charles Milliard, de son côté, explique viser la formation d’un gouvernement majoritaire. Il reconnaît toutefois que plusieurs régions devront être disputées, dont la Beauce, où le Parti conservateur du Québec conserve une présence importante.
Le chef libéral estime toutefois que les électeurs devront choisir entre un vote de contestation et un vote visant à participer à l’exercice du pouvoir. « Je ne crois pas que le Parti conservateur du Québec a une chance de former le prochain gouvernement. Je crois qu’on a une chance de former le prochain gouvernement. Alors ça, c’est un facteur de décision important. »
D’ici le scrutin du 5 octobre, Alvaro Peressutti entend donc poursuivre son travail de terrain afin de mieux se faire connaître dans Beauce-Sud, pendant que Charles Milliard tente de repositionner le Parti libéral du Québec autour de l’économie, des régions et des services publics.
