Publicité
LaPlaza - Centre d'achats en ligne
15 septembre 2017 - 11:11

LETTRE OUVERTE | Pesticides : l’utilisation des néonicotinoïdes ne tue pas les abeilles

Toutes les réactions 2

Le président des Producteurs de grains du Québec et agronome Christian Overbeek est d’avis que l’utilisation des néonicotinoïdes ne tue pas les abeilles. Il explique son point de vue concernant les pesticides dans une lettre ouverte, dont voici l'intégralité.

À la suite de la publication d’articles identifiant l’utilisation de pesticides néonicotinoïdes comme facteur principal de la mortalité des abeilles, les Producteurs de grains du Québec rappellent que cette problématique est avant tout multifactorielle. Les néonicotinoïdes, qui protègent par ailleurs les cultures contre plusieurs nuisances, ne sont pas les principaux facteurs de la mortalité des abeilles. Le projet de réglementation du gouvernement du Québec sur les pesticides devrait donc être réécrit afin d’en tenir compte.

Selon le Rapport sur la mortalité hivernale de colonies d’abeilles au Canada (2017) de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture (ACPA), les quatre principales causes possibles des pertes de colonies à travers le pays sont les suivantes : « mauvaise qualité des reines, mauvaises conditions météorologiques en hiver et au printemps, mesures inefficaces de lutte contre le varroa et faiblesse des colonies à l’automne. » Ni les néonicotinoïdes, ni même les pesticides en général, ne font partie de cette courte liste. Les rapports des années précédentes vont dans le même sens. Même son de cloche en France, où le Réseau Biodiversité pour les abeilles, citant le ministère de l’Agriculture, identifie le varroa, un acarien parasite, comme étant l’ennemi numéro 1 des abeilles.

Les néonicotinoïdes actuellement en usage ici sont approuvés par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, qui homologue les pesticides à la suite d’une évaluation rigoureuse et fondée sur des données scientifiques afin de s’assurer que les risques qu’ils posent sont acceptables. Plus de 350 scientifiques y travaillent quotidiennement.

Évidemment, une utilisation impropre de toute substance, incluant un pesticide, peut amener des conséquences non désirées. Cependant, force est de constater que, à elle seule, l’utilisation adéquate et ciblée des néonicotinoïdes ne détruit pas les colonies d’abeilles. En effet, la mortalité hivernale des abeilles est une problématique multifactorielle, qui mérite une réponse équilibrée. En ce sens, nous espérons que le gouvernement prendra nos recommandations en considération et qu’il révisera son projet de réglementation sur les pesticides. C’est par la poursuite d’une utilisation planifiée, réfléchie et appuyée par un soutien adéquat et de la recherche rigoureuse que nous maintiendrons l’équilibre que nécessite l’idée d’un développement durable.

Par Christian Overbeek, agronome, président des Producteurs de grains du Québec

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





EnBeauce.com se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, EnBeauce.com collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.

Toutes vos réactions

2 réactionsCommentaire(s)
  • Les néonics sont des neurotoxiques systémiques. Ils pénètrent donc toutes les cellules de la plante, de la racine, la tige, feuille, fleur, pollen, nectar et fruit. Tout insecte qui y touche perd la mémoire et en meurt. 95% de ce néonic soluble qui enrobe les semences se retrouve dans l'environnement et contamine d'autre plantes et l'eau jusqu'aux insectes qui nourrissent les oiseaux et les poissons. C'est en train de causer une catastrophe écologique majeure chez les poissons, les oiseaux et les insectes comme les Monarques. Le rapport sur les mortalités hivernales d'abeilles fait la synthèse des raisons pour lesquelles les apiculteurs pensent avoir perdu des ruches. Il n'y avait pas de case néonics. Ce n'est surtout pas une étude scientifique sur l'effet de ceux-ci. L'arla n'a jamais obtenu d'étude sur les effets des néonics. Ils ont été temporairement autorisés mais reconduits sous la pression de l'industrie des pesticides, amis de l'ARLA. Cette manière d'enrober les semences de pesticides systémiques génère des ventes de poissons pour l'industrie faramineuse. Ceux qui n'en aurait pas acheté en achètent automatiquement avec leurs semences. Ils faut réserver l'année précédente pour avoir des semences non enrobées ou être bio. Sommes-nous si dénués de créativité, d'imagination et de ressources que nous devons nous empoisonner pour se nourrir ?

    Yves Castera - 2017-09-16 07:26
  • Bonjour,
    pour avoir vendu pendant 37 années des pesticides aux arboriculteurs viticulteurs et agriculteurs je ne sais plus quoi penser d'autant que depuis 40 ans je suis aussi apiculteur!je que je ne supporte plus c'est le terme multifactoriel!!!ce que les apiculteurs souhaient ce sont des chercheurs qui cherchent et surtout qui trouvent les raisons réelles du declin des colonnies d'abeilles et rien de plus;des hypothèses tout le monde peut en exprimer mais hélas ça n'apporte aucune solution!!!

    Salmon - 2017-09-17 14:27