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16 août 2016 - 13:57 | Mis à jour : 14:18

La mise en marché collective est importante et doit demeurer en place selon l'UPA

Sébastien Roy

Par Sébastien Roy, Journaliste

L’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Chaudière-Appalaches a rappelé l’importance de la mise en marché collective en Agriculture, en particulier dans la production laitière, lors d’une conférence de presse ce matin à la ferme Davico de Saint-Joseph.

Cette mise en marché fait en sorte que tous les producteurs vont payer le même prix pour faire transporter leur production de lait, peu importe la distance à parcourir. Elle est administrée par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ). Elle dicte entre autres les parts de revenu des producteurs, des transporteurs et des transformateurs. « La mise en marché permet aux producteurs de se doter d’outils comme la gestion de l’offre, laquelle crée une stabilité hors du commun, tant pour le producteur que pour l’industrie et le consommateur. Ça aide les producteurs à rester rentables, peu importe le lieu où ils produisent. Les municipalités et les régions profitent ensuite des retombées de cette activité », déclare le président de l’UPA Chaudière-Appalaches, Paul Doyon.

Plusieurs intervenants de la conférence n’ont pas été tendres envers les élus provinciaux et fédéraux. « Au cours des premiers 18 mois du mandat du ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, il fallait attendre les résultats de plusieurs rapports. Au cours des six mois suivants, nous avons vu vers quoi M. Paradis voulait se diriger. Son modèle comporte deux aspects, la grande industrie multinationale et l’agriculture de proximité qui, comme son nom l’indique, va exister seulement à proximité des grandes villes. Les fermes familiales ne font pas partie de la vision du ministre alors qu’elles constituent la majorité des fermes », ajoute-t-il.

L’agriculture est un secteur économique différent des autres qui occupe une place importante en Chaudière-Appalaches. Les États-Unis, par le biais du Farm Bill, ont décidé d’injecter 900 G$ sur dix ans dans ce domaine. Pour sa part, l’Ontario a adopté une politique agricole agressive. Au Québec, les investissements tendent à diminuer. « Nous n’atteignons pas le potentiel d’investissements que nous pourrions avoir en raison d’un manque de vision. M. Paradis tente d’abandonner le modèle de fermes familial que nous avons au Québec depuis 50 ans, dénonce le président de l’UPA Chaudière-Appalaches. Nous avons sondé les Québécois et ceux-ci se reconnaissent dans ce modèle et souhaitent que les fermes familiales à dimension humaine perdurent dans le temps. »

Selon lui, le ministre de l’Agriculture devrait écouter les gens du milieu. « C’est le temps de mettre en place des politiques à long terme, des politiques de développement sur plusieurs années avec des échéanciers où l’on pourra se dire qu’on va vers l’avant. Ce que l’on constate actuellement, c’est de la gouvernance à la semaine, ce qui fait en sorte qu’on n’a pas de signal clair pour que les agriculteurs puissent se lancer dans de gros investissements », affirme M. Doyon.

De plus, les majorités des intervenants sont d’avis que le député de Beauce, Maxime Bernier devrait être davantage à l’écoute des électeurs de la région qui comporte de nombreux producteurs agricoles. « L’Australie a abandonné la gestion de l’offre en 2002. Le consommateur a constaté une baisse du prix du lait de 5 % dans les premiers temps, mais que le prix est rapidement revenu à ce qu’il était. Pour ce qui est des producteurs, ces derniers ont vu leurs revenus diminuer de 35 %. Environ 40 % des fermes ont fermé leurs portes en une décennie », explique le propriétaire de la ferme Davico, David Poulin, citant les travaux du professeur de l’Université Laval, Daniel Mercier-Gouin.

Depuis 2015, le prix du lait a diminué de façon importante. « Nous avons perdu les gains que nous avions faits à la suite de la construction de nos nouvelles installations. Cette baisse de revenus combinée avec les investissements que nous avons faits complique notre situation financière. Dernièrement, nous avons eu les relevés du coût du lait du mois de juillet et nous avons constaté une baisse de 6 % par rapport à juin alors que notre marge de profits se situe autour de 8 à 9 % », conclut l’agriculteur.

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