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19 septembre 2016 - 17:00 | Mis à jour : 20 septembre 2016 - 09:17

Fermeture de l’Abbaye Notre-Dame du Bon Conseil; Sœur Marie reste sereine et positive

Lorraine Légaré

Par Lorraine Légaré, Journaliste

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Encore quelques mois, jusqu’à la fin du printemps 2017, et la municipalité de Saint-Benoît-Labre verra un de ses immeubles de prestige changer de vocation. En effet, tel qu’il a été annoncé récemment, l’Abbaye Notre-Dame du Bon Conseil sera vendue. Les religieuses de la communauté des Cisterciennes (la dernière au Québec) n’étant plus assez nombreuses, elles ne peuvent plus assurer l’entretien de ce grand bâtiment de 2 étages et du terrain de près de 517 000 mètres carrés.

En septembre 2016, alors que la Chocolaterie de l’Abbaye a cessé ses activités artisanales et commerciales depuis décembre 2015, il reste un petit comptoir où l’on vend de jolies cartes faites à la main, divers objets religieux, ainsi que quelques précieux livres qui, s’ils ne sont pas vendus, iront à des associations, comme la plupart des 8 000 livres que la communauté possédait.

Des douze sœurs qui composaient la communauté sise à Saint-Benoît-Labre, il n’en reste plus que sept à l’Abbaye, présentement. Quatre d’entre elles (elles ont toutes plus de 80 ans) sont à l’infirmerie du Monastère des Augustines, à Québec, qui accueillera d’ailleurs les Cisterciennes en 2017, une a été recueillie par Les Petites Sœurs de Marie, à Baie-St-Paul, d’où elle partira bientôt pour Québec. La communauté, vieillissante, et sans relève (vocations nouvelles), doit fermer boutique, comme on dit, quitter le village beauceron, où elles étaient établies depuis 2002, et aller rejoindre une autre communauté, elle aussi vieillissante et sans relève, où elles poursuivront leur vie contemplative, axée sur la prière, le recueillement, et le travail manuel, quand la santé le permet, ce qui n’est malheureusement plus le cas pour la plupart d’entre elles.

Sœur Marie, par contre, Abbesse — ou Sœur supérieure — de la communauté, ainsi que la plus jeune des religieuses, est encore non seulement apte au travail, mais ouverte au renouveau, dynamique, et, surtout, sereine et positive face à ce grand changement dans sa vie et celle de ses sœurs cisterciennes. Bien sûr, elle aurait aimé rester dans ce beau coin de la Beauce, dans ce bâtiment qui, si elles ne l’ont pas construit de leurs mains, a été érigé selon leur désir et leurs choix, mais, comme elle le dit si bien : « Notre vie est donnée pour l’église, pour le monde, on est solidaires de tous les chrétiens et les non-chrétiens. » Ce bouleversement dans la vie de la communauté arrive, tout simplement, parce qu’il ne pouvait pas arriver autre chose, puisque c’est comme ça que c’est arrivé…

Ce n’est un secret pour personne que, en ce 21e siècle, les vocations religieuses sont rares, quasi inexistantes, en fait, du moins dans la chrétienté, la religion catholique. Tranquillement, mais, également, de plus en plus rapidement… les différentes communautés religieuses au Québec, et partout dans le monde, doivent unir leurs vocations et se regrouper dans un lieu commun, vendre les abbayes, les monastères, s’accueillir, se faire de la place sous un même toit pour, la plupart d’entre elles, finir leurs jours.

Sœur Marie, souriante et chaleureuse, ne se laisse pas abattre par cette réalité, elle retrousse ses manches et s’occupe du futur déménagement, veille au grain. Comment veut-elle vivre cette dernière étape, de sa vie, mais aussi de la communauté cistercienne? « Probablement qu’on disparaîtra. Et puis, nous mourons tous un jour. Dieu nous a faits pour le bonheur et la joie, il faut bien vivre tout ce qu’on a à vivre; autrement, c’est fatigant. Si je suis la dernière (cistercienne au Québec), je serai la dernière. C’est une épreuve, partir d’ici, mais la vie est faite aussi d’épreuves et c’est à soi-même de vivre les épreuves le plus sereinement possible. »  Elle considère qu’elle a vécu sa vie pleinement, dans la richesse de la spiritualité; si c’est le désir de Dieu que la communauté des cisterciennes aille s’abriter chez les Augustines, il en sera ainsi. La vie des religieuses se poursuivra sous d’autres cieux, « c’est tout. »  Le cœur de Sœur Marie ne s’arrête surtout pas de rayonner parce que la communauté déménage, sa vie se poursuit, dans la prière et reste au cœur de la bataille :       « On est au cœur de la bataille, par la prière, nous ne sommes pas indifférentes à ce qui se passe au Moyen-Orient, en Syrie et partout dans le monde où il y a la guerre. »

La communauté religieuse des Cisterciennes de l’Abbaye Notre-Dame du Bon Conseil a mis la propriété de Saint-Benoît-Labre, évaluée à 3,36 millions de dollars, en vente au début du mois de juillet dernier, Sœur Marie a confiance, confiance qu’il y aura un ou des acheteurs qui sauront conserver une noble vocation à ce beau domaine que la communauté a toujours très bien entretenu. Il n’y a rien de concret, au niveau transactionnel, au moment d’écrire ces lignes, mais « un éventuel acheteur s’est présenté et il aurait une belle vocation pour l’Abbaye. »

De Saint-Romuald, où, en 1902, les dix premiers membres de la communauté cistercienne ont érigé un monastère, à Saint-Benoît-Labre, de 2002 à 2016, puis à Québec, en 2017, chez les Augustines, où, peut-être la communauté s’éteindra, la vie religieuse des « petites sœurs au grand cœur » aura voyagé, se sera intégrée à la vie des villes et villages tout en conservant sa vocation de prière et de travail manuel, et Sœur Marie (Saint-Pierre), elle, conservera jusqu’à son dernier souffle, sa sérénité et sa joie de vivre.

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Un bien beau texte madame Légaré à propos d'un bien bonne personne... Et quand venait le temps de déguster le chocolat des Cisterciennes, la gourmandise n'était plus un péché.

    Réjean Bergeron - 2016-09-19 20:38
  • Très bel article Madame Légaré comme toujours vous nous faites connaître et apprécier des gens de chez-nous.

    Louise Gilbert - 2016-09-19 21:59