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28 octobre 2016 - 06:00

50 ans d’histoires de dépannage

Lorraine Légaré

Par Lorraine Légaré, Journaliste

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Quand Ernest Jacques épouse Marie-Claire Côté, le 15 octobre 1966, celle-ci habite avec sa famille un immeuble du Boulevard Dionne à Saint-Georges. Travaillant à la Dionne Spinning Mills, Marie-Claire donne aussi un coup de main, depuis l’âge de 16 ans, à son père qui opère un commerce au coin de la 25e Rue. Le 1er octobre de la même année, soit 15 jours avant leur mariage, le couple acquiert l’épicerie de quartier qui deviendra le Dépanneur 7 jours.

En 2016, Marie-Claire et Ernest fêtent non seulement 50 ans de mariage, mais aussi 50 années d’existence de l’un des premiers dépanneurs de Saint-Georges.

Ayant pignon sur rue dans le secteur ouest de la métropole beauceronne, le Dépanneur 7 jours, qui, lors de l’acquisition par les jeunes mariés, faisait office d’épicerie avec pompes à essence, est pratiquement resté le même. Quand Joseph Côté, le père de Marie-Claire, achète la bâtisse en 1954 de Lucien Poulin, demi-frère de Cécile, cofondatrice de Poulin & Martin, celle-ci est plus petite. Au fil des ans, Joseph Côté, sa fille et Ernest Jacques y feront des agrandissements, devenus entre autres quatre logements, dont trois au second étage, pour loger la famille et agrandir le commerce.

Cette épicerie de quartier est l’une des premières du genre à Saint-Georges. En 1966, elle est déjà ouverte six jours par semaine, de 8 h du matin à 9 h le soir. À cette époque, alors que les femmes au foyer cuisinent abondamment pour la famille, on y vend des fruits et légumes frais, pommes de terre, carottes, laitue, navets, etc. Les cuisinières peuvent ainsi s’approvisionner le samedi pour faire la popote le dimanche.

À son mariage, Marie-Claire Côté, qui travaille depuis 10 ans au laboratoire de la célèbre filature du Boulevard Dionne, abandonne son métier pour se consacrer entièrement à sa famille (avec Ernest, elle aura trois enfants, Nathalie, Maryse et Pierre-Alain) et faire rouler commerce avec son conjoint. Ce dernier, originaire de St-Hilaire-de-Dorset, où, en 2016, il y exploite toujours une érablière, est bûcheron à l’époque, métier que lui aussi abandonnera pour exploiter le magasin.

Au Dépanneur 7 jours, on a toujours vendu des produits de l’érable qui proviennent de l’exploitation acéricole de M. Jacques. À l’automne, les chasseurs y trouvent pommes et carottes et il n’est pas rare de voir Ernest accompagner ses clients jusqu’à la porte pour leur servir une des bonnes blagues dont il est friand.

En 1978, alors qu’au Québec, on autorise pour la première fois la vente de boissons alcoolisées dans les dépanneurs, la petite épicerie de quartier procède aux dernières rénovations que verra ce bâtiment, érigé en 1944. Le Dépanneur 7 jours porte dorénavant bien son nom, car il est désormais ouvert sept jours sur sept. On y fait aménager les deux grandes vitrines qui ornent encore la façade. Mme Côté et M. Jacques deviennent également les premiers propriétaires de dépanneur à Saint-Georges à posséder les grands réfrigérateurs « walk-in » où on peut choisir sa bière en toute fraîcheur.

Histoire de dépanner

En 50 ans, Marie-Claire et Ernest en ont vu des gens franchir la porte de leur commerce, en ont dépanné des gens, en ont vécu des histoires de dépannage.

Il y a quelques décennies, les histoires n’étaient pas les mêmes, on se plaignait d’un oignon que l’on ne trouvait pas assez frais, ou d’une pomme de laitue où on avait trouvé un ver de terre, maintenant, on casse de la bière dans les frigidaires et on fait pipi sur le tapis parce qu’on a trop bu. Les temps changent. Marie-Claire et Ernest ont mis le bâtiment en vente il y a environ 3 ans. Habitant depuis 1978 une résidence adjacente au dépanneur, le couple tient toujours boutique en attendant de vendre. Après 50 années de dépannage et alors que, lors de la venue des gros dépanneurs (marchés d’alimentation à grande surface), comme les appelle Mme Côté, ils ont choisi de ne pas prendre le tournant en modernisant leur commerce. Ils travaillent encore au Dépanneur 7 jours, parfois aidés de leur fils Pierre-Alain.

Les histoires ont changé, mais pas Marie-Claire et Ernest. À leur âge, ils apprécieraient certainement une retraite bien méritée, mais puisque la bâtisse n’est pas encore vendue, on continue à accueillir et à sourire, et à dépanner.

Si on demande à Ernest quand il va arrêter de travailler, il répondra : « Quand je serai vieux. »  Marie-Claire prend plus souvent congé, bien qu’ils se départagent les heures de travail presqu’à parts égales sur une année, Ernest quittant le commerce dans le temps des Sucres. Elle va vaquer aux courses, avec ses enfants et petits-enfants, préparer les repas du couple. Mais quand elle est derrière le comptoir du Dépanneur 7 jours, ce n’est pas une femme fatiguée et impatiente qui fait sonner la caisse, depuis qu’elle a 16 ans et qu’elle y travaille, elle a toujours aimé ce qu’elle fait.

Dépanneur 7 jours, au coin de la 25e Rue et du Boulevard Dionne (6e Avenue), hum, combien de dépanneurs à Saint-Georges ont encore une enseigne stipulant qu’ils sont ouverts sept jours sur sept? Peu ou pas. Et, en ce sens, ainsi qu’en ancienneté, la petite épicerie de quartier du secteur ouest de la ville se distingue certainement par son originalité.

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Bravo à ce couple et merci pour ses 50 années d’histoires ! Bientôt et probablement, que ce vieux dépanneur n'existera plus, car il sera vendu et un promoteur utilisera certainement le terrain pour autre chose de plus moderne. Alors pour nous qui avons vu toute notre vie ce dépanneur au coin de la 25 dans l'Ouest vivrons une fois de plus une nostalgie, celle de voir se transformer notre vieille réalité en souvenirs une fois de plus. Un peu comme justement la shop Dionne, et en face se trouvait Handy Handy… L’Ouest se transforme et on ne verra plus le Beauce Carnaval non plus dans le p’tit parc de l’Ouest. Ça me fait toujours un petit quelque chose de voir le quartier de mon enfance se modifier comme ça, mais bon c'est ça la vie :) Et bonne chance aux proprio du dépanneur pour la vente de leur commerce!

    Michel, un gars de l'Ouest - 2016-10-28 10:01
  • Bravo à vous , vous êtes un couple formidable. A l'arrivée des gros magasins d'alimentation vous avez su continuer à donner du beau service à vos clients (es) . Vous êtes un modèle de persévérence pour la génération future.

    Bobinette - 2016-10-28 16:26