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29 novembre 2017 - 04:00 | Mis à jour : 08:10

Une enquête est en cours

Une situation inquiétante autour des Lacs-Paquet à Saint-Côme-Linière

Par Alex Drouin, Journaliste

À la suite du déversement du plus gros des deux Lacs-Paquet à Saint-Côme-Linière qui ne se serait pas déroulé comme prévu le 19 août dernier, la sécurité des habitants d’une vingtaine de chalets aux alentours est en péril.

« C’est seulement la décharge du lac qui devait être réparée », a fait savoir une personne bien au fait desdits travaux, mais qui n’a pas voulu que son nom soit révélé dans cet article. La décharge dont elle parle est le canal évacuateur qui sépare les deux lacs.

Comme prévu, le premier lac, dont la capacité de retenue est de 32 600 m3 , a été vidé dans la matinée pour le nettoyer. Les travaux du second lac, dont la capacité est de 71 820m3, ne devaient se limiter qu’à diminuer son niveau d’eau de quelques mètres et à construire une tranchée entre les deux. Cependant, la tranchée n’a pas tenu le coup et en moins de deux heures, le plus gros lac – qui se déversait dans le premier – était vide.

En un avant-midi, 104 420 m3  d’eau ont été déversés dans la nature, soit l’équivalent du quart du lac Poulin. Au moment d’écrire ces lignes, il est impossible de circuler en voiture ou à pied sur la tranchée détruite.

« On souhaite qu’il y ait un ponceau qui soit construit, car si un camion d’incendie devait se rendre plus loin, il devrait faire un méchant détour sur des petits chemins étroits », a indiqué le directeur général de Saint-Côme-Linière, Yvan Bélanger.

En raison de l’accumulation de la terre qui se trouve entre les deux lacs, les pompiers devraient faire un détour d’environ 500 mètres pour atteindre certains chalets.

« Les pompiers peuvent s’y rendre, mais ils vont perdre cinq minutes », a-t-il ajouté.

La Municipalité a fait savoir qu’elle avait reçu une demande dans la semaine du 20 novembre afin d’obtenir un certificat d’autorisation pour la reconstruction du ponceau démoli.

« Je suis bien content d’avoir reçu une [demande de certificat d’autorisation], car ça m’inquiétait », a laissé entendre le directeur général.

À qui la faute?

Le responsable aux communications du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), Frédéric Fournier, a fait savoir dans son courriel du 26 octobre qu’il a envoyé à l’auteur de ces lignes qu’une « inspection avait été réalisée par la Direction de la sécurité des barrages [du MDDELECC] » à la suite du déversement.

« Des avis de manquements ont été émis et le dossier a été transmis à la Direction des enquêtes [du MDDELEC]  , ainsi, aucun commentaire supplémentaire ne sera fait pour ne pas nuire à l’enquête en cours ».

Dans le courriel reçu, il était également mentionné que « des travaux relatifs au barrage devaient être autorisés par le ministère en vertu de la Loi sur la sécurité des barrages [du MDDELEC] ».

Bien que les deux lacs appartiennent à Stéphane Paquet – qui ne nous a pas rappelés pour nous donner plus d’informations sur ce dossier – c’est l’Association du Lac Paquet qui s’occupait des travaux.

Un membre de l’Association du Lac Paquet  a mentionné que pour ce genre de travaux, il n’était pas nécessaire d’obtenir un certificat d’autorisation. Or, la Municipalité a assuré qu’il fallait un certificat d’autorisation. « On n’a pas eu de demande pour un certificat d’autorisation », a confirmé l’inspecteur municipal, Nicolas Veilleux, qui n’a pu émettre davantage de commentaires en raison de l’enquête en cours mentionnée plus haut.

Selon le directeur général de Saint-Côme-Linière, il aurait fallu une demande par écrit de l’association du lac, endossée par le propriétaire du lac, pour faire une telle demande.

Un autre membre de l'association contacté pour notre article ne nous a pas rappelés et un troisième n’a pas voulu émettre de commentaire.

Lorsque la Municipalité de Saint-Côme-Linière a été contactée par EnBeauce.com pour avoir des commentaires à ce sujet, elle a d’abord pensé qu’il s’agissait d’un dossier qui relevait de la MRC Beauce-Sartigan.

« Si on avait eu [une demande de certificat d’autorisation], on se serait informé afin de savoir si on avait le droit de leur en donner une. Ce n’est pas la première fois qu’un petit lac est vidé, mais c’est la première fois qu’on apprend qu’on aurait dû leur demander un certificat d’autorisation », a avoué le maire, Yvon Paquet. Ce dernier n’a cherché à blâmer personne dans cette histoire et a fait savoir qu’il allait aider afin que les lacs soient remplis à nouveau.

Quatre riverains rencontrés sur les lieux ont fait savoir qu’ils avaient hâte de voir les lacs à nouveau pleins.

Pensons à l’environnement

Un des riverains rencontrés s’est questionné sur les ravages d’un tel déversement en si peu de temps sur l’environnement.

Une firme de conseillers du Québec en hydrogéologie et en environnement ainsi que la Fondation de la faune du Québec ont mentionné qu’il était impossible, sans une étude approfondie, de constater les ravages d’un tel déversement d’eau dans la nature en seulement quelques heures.

Toutefois, le MDDELCC a fait savoir qu’il n’y avait pas de réglementation applicable quant à la disposition relative au temps pour la vidange d’un lac.

 

 

 

 

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