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18 juillet 2018 - 04:00 | Mis à jour : 20 août 2018 - 15:36

Le myriophylle à épis présent dans le bassin versant de la Chaudière

Par Nady Larchet, Journaliste

Véritable problématique pour les cours d’eau depuis plusieurs années, le myriophylle à épis gagne du terrain au Québec, et est maintenant présent dans plusieurs lacs de la région, dont un des bassins versants de la rivière Chaudière. Quoique sa présence est beaucoup moins importante que dans d’autres régions du Québec, sa croissance inquiète toutefois les autorités en matière de protection de l’eau. Afin de minimiser sa propagation, le COBARIC souhaite mettre en garde la population sur les bonnes pratiques en matière d’utilisation des cours d’eau, car cette plante est presque impossible à éradiquer.

Une plante qui se propage rapidement

Le myriophylle à épis est une plante envahissante qui peut se propager à une vitesse fulgurante. Elle forme des herbiers très denses à des profondeurs variant de 1 à 10 m et peut atteindre la surface lorsque la profondeur est de 5 m ou moins, ce qui peut déranger les activités nautiques ou de baignade. Sa croissance débute très tôt au printemps et il tolère une grande variété de conditions, pouvant pousser dans des eaux de qualité variée, ce qui le rend très difficile à contrôler.

Il a d’ailleurs besoin de peu de phosphore pour survivre et proliférer, l’azote étant plutôt l’élément important pour sa croissance.

La propagation de la plante se fait principalement par la segmentation des tiges. Un seul fragment de la plante qui se déplace à l’intérieur d’un cours d’eau peut démarrer une nouvelle colonie. Aussi, lorsque les fragments restent accrochés sur des objets ou des embarcations, il est dangereux de démarrer de nouvelles colonies dans d’autres cours d’eau si on utilise ces mêmes équipement dans les jours suivants. Il est donc important de rester vigilant et de suivre les conseils ci-bas afin d’éviter une prolifération massive de la plante dans la région.

« Nous avons la chance de ne pas avoir encore beaucoup de lacs où il y en a, alors il faut faire en sorte que ça ne s’étende pas comme nous avons vu ailleurs », nous mentionne Marie-Ève Théroux, chargée de projets et géomatique pour le COBARIC.

 

Prévention et lutte

Pour prévenir la présence du myriophylle à épis dans un plan d’eau, le meilleur moyen est d’inspecter et de nettoyer les embarcations et l’équipement nautique, incluant la remorque. L’inspection doit se faire avant toutes mises à l’eau, mais aussi lors du retrait des embarcations d’un plan d’eau. Les débris trouvés doivent être jetés à la poubelle ou dans un endroit loin d’un plan d’eau. Il est important aussi de vider l’eau se trouvant dans l’embarcation (viviers, moteur, cale, glacière). Finalement, il est recommandé de tout nettoyer à l’aide d’une laveuse à pression, afin de bien déloger les organismes, et ce à une distance de 30 m de tout plan d’eau ou cours d’eau, incluant les fossés et les bouches d’égout (pour éviter un retour des fragments vers le plan d’eau). Il est possible aussi de simplement laisser sécher l’embarcation et l’équipement pendant au moins 5 jours avant une nouvelle mise à l’eau.

À certains endroits, des stations de lavage sont mises en place afin les citoyens à respecter ces conseils. Aussi, le fait de bien nettoyer son équipement diminue également les chances de propager d’autres types d’infestations.

Impacts

Le myriophylle à épis compétitionne avec les plantes aquatiques indigènes pour la lumière et les nutriments, entrainant une perte de la biodiversité dans les lacs où il est présent. Les herbiers denses, en bloquant la pénétration de la lumière en profondeur, nuisent à la croissance des plantes submergées. De plus, ils peuvent altérer la chaine alimentaire, obstruer les sites de frai et favoriser la prolifération de moustiques et de parasites responsables de dermatites. Par leur décomposition, ils peuvent finalement réduire la concentration d’oxygène dissous dans l’eau.

Les grands herbiers de myriophylles nuisent aussi aux activités humaines sur l’eau, telles que la navigation de plaisance, la pêche et la baignade. Il arrive également que les propriétés autour d’un lac infesté voient leur valeur déprécier.

La lutte contre le myriophylle à épis est très difficile et dispendieuse. Certaines méthodes ont été testées dans des lacs au Québec, avec des résultats parfois mitigés. Il n’existe pas de solution miracle et il n’est pas possible de faire complètement disparaître cette plante. Un travail constant de suivi et de traitement est donc nécessaire pendant plusieurs années. Finalement, avant d’envisager d’utiliser une méthode de contrôle, il faut vérifier auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) si une autorisation est nécessaire et quelles sont les contraintes d’application.

Il est primordial de ne surtout pas essayer d’arracher la plante de ses mains nous avise Mme Théroux, « Ce n’est vraiment pas recommandé de l’arracher soi-même, car ça va créer des fragments qui vont aller démarrer d’autres colonies, et aussi les racines ne partiront pas, donc la plante va revenir l’année d’après. Aussi, le fait de l’arracher peut mettre en suspension des sédiments, qui eux peuvent contenir du phosphore qui peut causer d’autres problèmes comme les algues bleues. »

Le meilleur moyen demeure donc la prévention et un suivi de l’état des lacs. Le COBARIC invite les citoyens à contacter le bureau régional du MDDELCC lorsqu’ils aperçoivent du myriophylle à épis.

 

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