Publicité

21 décembre 2020 - 06:00

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Les acériculteurs dénoncent la Stratégie nationale de production de bois

Par Salle des nouvelles

Toutes les réactions 2

Voici l'intégralité d'un communiqué des Producteurs et productrices acéricoles du Québec en réponse à la Stratégie nationale de production de bois annoncée le 16 décembre dernier par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Pierre Dufour.

« C'est avec stupéfaction que les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont pris connaissance des éléments de la Stratégie nationale de production de bois, présentée le 16 décembre dernier par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), M. Pierre Dufour. Cette stratégie, qui se targue de vouloir relancer l'économie en doublant la récolte forestière d'ici 2080, ne tient pas compte d'une économie propre au Québec, réellement durable, soit celle de l'économie du sirop d'érable.

Veut-on encore de l'acériculture au Québec ?
La question se pose, car comme le souligne l'Ordre des ingénieurs forestiers qui s'est exprimé aussi par voie de communiqué, « il semble que le MFFP désire accentuer le virage valeur en mettant l'emphase sur les analyses de rentabilité des opérations forestières ». Mais qu'en est-il du capital forestier et du développement acéricole québécois? Sommes-nous en train de dilapider davantage nos érablières, richesses naturelles, pour fournir en bois de qualité les usines de sciage qui manquent visiblement d'approvisionnement ?

Aucun mot sur l'acériculture dans la stratégie du MFFP
Le fait est que la stratégie du MFFP ne semble même pas considérer nos forêts feuillues. Avec la nouvelle stratégie, l'érable et son sirop ne sont pas du tout pris en compte, encore moins considérés à leur juste potentiel. Ni le mot « acéricole » ou « jardinage » n'est présent dans la stratégie du MFFP.

Concrètement, l'approche sylvicole actuellement observée sur le terrain semble mettre définitivement de côté les coupes de jardinage acérico-forestier et mise sur des approches de coupes nommées à « diamètre financier » où l'on coupe arbitrairement les plus gros arbres au détriment d'une conservation du capital forestier sur le long terme. L'approche sylvicole n'est pas orientée vers la production d'arbres de haute qualité. Un érable doit croître 40 ans avant qu'on puisse l'entailler pour récolter sa sève et en faire du sirop d'érable !

Le Québec doit refuser cette approche !
Cette approche de coupe ne semble pas du tout compatible avec un objectif de production soutenue pour les érablières. Selon les PPAQ, elle s'apparente davantage à une coupe d'écrémage qu'à un traitement sylvicole.

Il n'y a pas d'efforts pour conserver le potentiel acéricole, ni pour régénérer les arbres à maturité. En outre, l'approche envisagée n'est pas orientée vers la création d'un peuplement résiduel pour assurer un rendement soutenu et produire des arbres de haute qualité.

« Le Québec doit refuser cette approche qui menace notamment un fleuron de l'industrie québécoise qui existe depuis plus de 100 ans : l'acériculture. En ce qui a trait au potentiel futur, la moitié des entailles non actuellement exploitées se retrouve en terres publiques. Il faut protéger cette richesse pour conserver notre leadership mondial de l'érable. Si on ne le fait pas, ce sont nos voisins qui vont développer », martèle M. Serge Beaulieu, président des PPAQ.

Les PPAQ demandent au MFFP de démontrer comment la Stratégie de production de bois pourra assurer le développement acéricole du Québec en cohabitation avec la production de bois de qualité.

Le Québec, premier producteur de sirop d'érable
Le Québec produit 72 % du sirop d'érable mondial et compte bien se développer à vitesse grand V dans les prochaines années. Depuis 20 ans, 11 millions d'entailles ont été ajoutées sur le territoire pour approvisionner les marchés mondiaux de l'érable, ce qui porte à 48 millions le nombre d'entailles total au Québec dont 18 % en terres publiques. Plus de 85 % de la production est exportée, ce qui rapporte énormément à l'économie du Québec. Le sirop d'érable au Québec, c'est 12 000 emplois et trois quarts de milliards sur le produit intérieur brut (PIB) canadien ».

Notons que les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont pour mission d'assurer la promotion des intérêts des acériculteurs et acéricultrices du Québec.

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





EnBeauce.com se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, EnBeauce.com collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.

Toutes vos réactions

2 réactionsCommentaire(s)
  • 😳 Une nouvelle qui mérite éclaircissement.... ❗️❗️❗️

    😡 En tant que consommateur, si je comprends bien, ça augure mal pour nous autres❓

    😡 Pour ce qui concerne les « ceusses » qui nous permettent de nous sustenter tout au long de l’année, « on veut-tu » leur mort❓

    😡 Selon mes lectures, le sirop d’érable est de plus un produit aux nombreuses vertus; alors, c’est quoi le problème❓À croire qu’on jouirait d’être « masochiste » ❗️

    ✳️ De cette nouvelle je comprends que le domaine de l’acériculture est économiquement dynamique, que le Québec en est le leader mondial. Qui plus est, toujours de mes lectures je constate que les acériculteurs sont non seulement de plus en plus performants, de plus en plus soucieux de la dimension environnementale mais qu’ils se dirigent de plus en plus dans la mise en marché d’un sirop d’érable « bio » , ses dérivés inclus.

    😡 Je n’ai rien contre le développement du marché du bois, au contraire. Mais là, j’ai l’impression qu’on s’apprête à sacrifier Pierre pour « engraisser » Paul❗️

    ✳️ « Ça s’rait-tu » possible de faire « que t’chose sul sens du monde »❓

    😡 Parlant de bois, ..... Il y a quelque temps j’ai fustigé sur cette tribune le fait qu’un village dont j’oublie le nom mais sis en Beauce et collé sur les « lignes », avait décidé de détruire sa tour d’observation en BOIS, vu semble-t-il son état pour en construire une « belle toute en métal », le but étant « d’aouaire des tourisssssss ».... « pis que ça toffe plusse » longtemps❗️

    🆘 Questions qui tuent:

    - Est-ce que ce village a obtenu une subvention pour « faire ça »❓
    - Si oui, comment justifier « ça »❓
    - Si « la patente » est encore en gestation, j’en appelle au ministre Dufour pour courir au village en question, les inviter à réfléchir , pour renoncer à «  l’idée du siècle » et lui substituer une réalisation en bois, oui.... en bois❗️

    André - 2020-12-21 09:49
  • Comme vous le dite dans votre exposé, la moitié des érablières non exploitées sont sur forêts publiques, Donc il y a un bon potentiel acéricole qui n'est pas exploité en forêt privé. Je crois qu'on devrait prioriser l'attribution de quotas aux érablières sur forêts privés et lorsque tous les propriétaires privés auront eu l'opportunité de développer leur potentiel acéricole, on pourra demander aux forêts publiques de compléter nos besoins. En forêt publique ou privée la récolte des vieux érables a souvent pour effet d'améliorer le potentiel acéricole du peuplement!

    Sylvain Cloutier - 2020-12-27 14:35