Relations Beauce-USA

Tarifs américains: la Beauce vit ça « encore plus fort », selon le député Groleau

Parti conservateur du Canada

Germain Chartier

Alors qu'Ottawa a dévoilé ce mardi, ses contre-mesures tarifaires et son plan de soutien aux entreprises, le député fédéral de Beauce, Jason Groleau, livre une lecture plus critique du dossier depuis les banquettes de l'opposition conservatrice.

Depuis samedi, l'élu dit avoir multiplié les appels avec des dizaines d'entrepreneurs beaucerons pour prendre le pouls des retombées locales de la crise commerciale avec les États-Unis.

« C'est extrêmement majeur, dommageable pour le Canada, pour le Québec et pour la Beauce. C'est sûr, pour la Beauce encore plus », résume d'emblée Jason Groleau.

Le député dit toutefois appuyer la décision du gouvernement Carney de suspendre les négociations plutôt que de signer une entente jugée défavorable. Son inquiétude porte plutôt sur les causes de cet échec. « Mon rôle dans l'opposition, c'est de savoir qu'est-ce qui est arrivé pour que ça échappe, c'est quoi les points qui ont vraiment bloqué. On entend toutes sortes d'histoires, donc on veut savoir c'est quoi la vraie histoire », explique-t-il, précisant appuyer la demande de rappel du Parlement à cette fin.

Pour lui, les mesures de soutien financier annoncées par Ottawa ne remplacent pas l'objectif principal. « Peu importe ce qu'on va donner comme subvention, c'est pas ça la solution. La solution qu'on veut, c'est de signer le deal », soutient-il, disant vouloir presser le gouvernement fédéral de fixer une date de retour à la table de négociation.

Des contre-tarifs à manier avec prudence

Sur la riposte tarifaire annoncée par le premier ministre Mark Carney, Jason Groleau se montre nuancé. Il reconnaît que certains secteurs devront être ciblés, mais met en garde contre une approche trop large. « Les tarifs créent de l'inflation. Ça va toujours créer de l'inflation. Il faut être très précis sur des codes HS pour bloquer certaines choses, mais d'un autre côté, tu ne veux pas tuer ton économie », affirme-t-il, plaidant pour une riposte « bien pensée, bien ciblée » plutôt qu'une application uniforme, qu'il juge risquée pour les petites manufactures et les PME de la région.

« Il faut serrer les coudes »

Sur le terrain, le député rapporte que les entreprises beauceronnes contactées lui font part de leurs enjeux concrets, qu'il dit transmettre directement au gouvernement fédéral. « Ces informations-là, je les envoie, je les transmets. Voici ce qu'il faut faire », indique-t-il, évoquant un mode « Team Canada » plutôt qu'un climat de confrontation politique.

Malgré les difficultés à venir, Jason Groleau se veut rassembleur.  « Ça va être difficile, mais la Beauce va s'en sortir. Il faut serrer les coudes ensemble », lance-t-il en guise de message à la population et aux gens d'affaires de la région.