Chroniques

Le 11 septembre 2001 a changé le monde

Pier Dutil

Pier Dutil

Dans notre vie, il y a de rares évènements qui s’enracinent profondément dans notre mémoire au point de se souvenir ce que nous faisions, où nous étions à un moment précis, plusieurs années auparavant.

Personnellement, j’ai en mémoire deux de ces évènements : l’assassinat du Président John Kennedy le 22 novembre 1963, il y a presque 63 ans, et les attaques terroristes d’Al Qaïda aux États-Unis le 11 septembre 2001, il y a 25 ans.

J’ai appris la mort de Kennedy par la radio dans un autobus scolaire au retour de l’école et nous nous sommes tous mis à crier. Quant aux évènements du 11 septembre 2001, j’étais à la maison ce mardi matin, bénéficiant d’une journée de congé lorsque ma mère m’a appelé pour me dire : «Pier, ouvre ta télévision.»

Une idée à la fois folle et géniale

Le cerveau qui a conçu cet acte terroriste relevait à la fois de la folie et du génie et, parfois, la ligne entre les deux est fort mince.

Quand je dis que ce fut une idée folle, c’est qu’aucune personne sensée n’aurait pu imaginer un tel projet. Penser que l’on pourrait convaincre 19 personnes de se déplacer aux États-Unis, d’y suivre des cours de pilotage sans se préoccuper d’apprendre comment atterrir et d’accepter de mourir en détournant des avions de passagers dans des édifices marquants, c’était de la folie pure. 

Quand je dis que ce fut une idée de génie, ça ne signifie pas que je l’approuve, loin de là. Mais, des années plus tard, on ne peut qu’admettre que si quelqu’un veut foutre le bordel au sein d’une nation, une attaque comme celle du 11 septembre 2001 est une idée de génie. Un génie malfaisant, je le reconnais, mais un génie quand même.

Il aura suffi de 51 minutes

Si la préparation de cet acte terroriste a nécessité beaucoup de temps, il aura suffi de seulement 51 minutes pour ébranler la planète entière, et cela pour des années.

De 8 h 46 à 9 h 37 en ce matin du 11 septembre 2001, trois avions remplis de passagers et détournés par des terroristes kamikazes s’enfoncent dans des édifices choisis et un autre s’écrase dans un champ en Pennsylvanie suite au comportement héroïque de passagers qui se sont révoltés, sachant qu’ils se dirigeaient vers la mort, mais évitant un autre drame plus important.

En quelques minutes, 2 981 personnes innocentes ont perdu la vie dans des circonstances tragiques. J’ai encore à la mémoire ces avions qui entrent à grande vitesse dans les tours jumelles du World Trade Center à New York, ces deux tours qui s’effondrent l’une après l’autre, ces corps qui se jettent désespérément en chute libre dans l’espoir d’éviter le pire, mais qui se dirigent inexorablement vers une mort atroce.

Je vois encore ces images d’un immense nuage noir qui envahit les rues de New York et des citoyens qui, hagards, courent vers on ne sait où dans l’espoir d’éviter le pire.

Dans le cadre des cérémonies de la semaine dernière soulignant les 25 ans de cet acte terroriste, nous avons appris qu’en plus des 2 981 victimes du 11 septembre 2001, 9 400 personnes seraient décédées des suites de maladies liées à l’inhalation de l’air et des poussières toxiques dégagées du site des tours jumelles.

Non seulement, les services de renseignement états-Uniens n’ont pas été en mesure de voir venir l’attaque terroriste, mais on n’a pas su protéger les pompiers, policiers et autres travailleurs qui ont peiné à nettoyer le site des tours jumelles.

Une solidarité universelle

Dans les heures et les jours qui ont suivi, presque toute la planète était devenue solidaire des États-Unis, comme si toutes et tous se sentaient personnellement attaqués.

Au Canada, la petite ville de quelque 10 000 habitants de Gander à Terre-Neuve a accueilli un peu plus de 30 avions commerciaux états-uniens et 7 000 passagers. Ces gens ont été reçus, logés et nourris dans les résidences des habitants de Gander dans un élan de générosité et de solidarité oublié par l’ignorant qui occupe aujourd’hui la Maison Blanche.

De 2001 à 2014, plus de 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont servi en Afghanistan répondant à la demande à l’aide des États-Unis, comme plusieurs autres pays d’ailleurs.

De ces 40 000 militaires canadiens, 158 ont perdu la vie en Afghanistan, dont le caporal Étienne Gonthier, âgé de 21 ans et originaire de Saint-Georges.

Ça aussi, l’imbécile qui occupe la Maison Blanche ne veut pas s’en souvenir, étalant ainsi son ignorance.

ben Laden a gagné

Ça me fait mal d’écrire ce sous-titre, mais je ne peux m’empêcher de constater que c’est bel et bien le cas.

Même si un commando spécial est parvenu à assassiner ben Laden le 2 mai 2011, dix ans plus tard que les tragiques attaques, les États-Unis ont essuyé revers après revers dans leurs tentatives de vengeance.

Lorsqu’ils ont attaqué l’Irak en 2003 sous le prétexte d’aller y installer la démocratie, à part l’arrestation et la pendaison de Saddam Hussein, ce fut un échec.

La même chose s’est produite en Afghanistan, alors que George W. Bush affirmait vouloir éviter que ce pays utilise de nombreuses armes de destruction massive, un mensonge éhonté. On voulait aussi y chasser les talibans. Après vingt ans, le bilan est triste : plus de 2 500 soldats américains ont perdu la vie et les talibans dirigent aujourd’hui le pays. Un autre échec cuisant.

Après l’échec des forces armées américaines au Vietnam dans les années 60 et 70, les nouveaux échecs en Irak et en Afghanistan s’ajoutent au bilan désastreux des États-Unis.

Et ce qui se passe présentement en Iran, où les États-Unis ne parviennent pas à vaincre les forces armées de ce petit pays, tout porte à croire que nous assisterons bientôt à un nouvel échec.

Il ne fait nul doute dans mon esprit que les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ont changé le monde et pas pour le mieux.

Courage

Il ne reste que 859 jours au mandat de Donald Trump.
 

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Pensée de la semaine

Je dédie la pensée de la semaine aux dirigeants états-uniens :