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Depuis 30 ans, Julie Potvin trouve son équilibre dans la peinture

Entrevue vidéo

Léa Arnaud

Depuis près de 30 ans, l’artiste visuelle Julie Potvin peint parce que ça fait partie d’elle. Enseignante de profession, ce travail manuel l’aide à garder son équilibre intérieur.

La Beauceronne a commencé à peindre durant ses études en arts visuels au Cégep Beauce-Appalaches. Lorsqu’elle a bifurqué vers le domaine de l'enseignement, elle a dû mettre la peinture sur pause. Cependant, elle a rapidement senti le besoin de renouer avec ses pinceaux et avec la matière. Alors en 2012 elle s’y est remise, avant de s’y plonger profondément trois ans plus tard.

EnBeauce.com l'a rencontré alors qu'elle travaillait sur sa dernière série personnelle.

Créer du contraste

Dans les œuvres d'abstraction géométrique qu’elle produit depuis de nombreuses années, Julie s’inspire de paysages ou d’images qui l’interpellent, et ce, pour en faire des paysages déconstruits. « J'aime particulièrement les couchers de soleil, au moment où le soleil est encore un peu levé, où l'éclairage devient parfois magique », a-t-elle précisé. 

Dans son procédé, l’artiste commence par du collage pour donner de la texture sur le fond de la toile. Ensuite, elle ajoute de la peinture acrylique diluée avec beaucoup d'eau avant de donner une dimension particulière aux couleurs grâce à du pastel sec. Puis, elle colle des petits boutons. « Je trouve que ça vient chercher le côté enfant. Peindre ça reconnecte avec cette partie-là de nous où, dans l'enfance, on s'amusait avec presque rien. » Pour terminer, elle dessine des formes géométriques au feutre et projette de la peinture de manière plus spontanée pour briser la structure linéaire de sa toile.

« J'ajoute parfois d'autres médiums, du crayon de plomb, du fusain. Je vais travailler vraiment avec des techniques mixtes, toutes mélangées, même si à première vue, ça semble être juste de l'acrylique, il y a vraiment plein de médiums qui sont utilisés », a conclu l’artiste.

Julie aime créer des contrastes dans ses tableaux, que ce soit par les matières ou dans l’utilisation des couleurs. 

Une série inédite

L’hiver dernier, Julie a perdu une personne très proche d’elle et cette épreuve lui a inspiré une nouvelle série axée sur le deuil. Elle a réalisé quatre tableaux à ce jour, qui n’ont jamais été présentés au public et qui retrace certaines des étapes qu’elle a pu traverser. On y retrouve: Le cœur éclaté, au moment où on apprend la nouvelle, ça nous déchire; La flamme qui vacille un peu, comme quelque chose en dedans de nous qui finalement ne sait plus trop vers quel côté aller; La feuille, pour le printemps, le renouveau, l’espoir ; La boussole, comme un chemin de croix qui se dresse devant nous.

« J'ai senti le besoin de revenir à la base. Parce que quand on étudie dans le domaine des arts visuels, la première chose qu'on apprend bien sûr, c'est à dessiner. Ça faisait des années que je n'avais pas réalisé d'œuvres plus figuratives, bien que le fond soit traité de manière plus abstraite. »

Julie tenait tout de même à garder un univers très coloré pour inspirer l’espoir. « J'avais envie que ce soit très coloré pour illustrer aussi que malgré la peine, malgré toutes les émotions parfois désagréables qu'on peut traverser, l'espoir vient toujours à renaître. »

Finalement, ce travail est pour elle comme une forme d’art-thérapie. La série se poursuit et pourrait un jour être affichée en Beauce.

Visionnez l'entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.

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