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43% des Canadiens sont pour l'exploitation des aéroports par le privé, dit un sondage

43% des Canadiens sont pour l'exploitation des aéroports par le privé, dit un sondage
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Un nouveau sondage révèle qu'un grand nombre de Canadiens soutiennent l'idée du gouvernement de confier la gestion des plus grands aéroports du pays à des opérateurs privés — mais plus d'un quart d'entre eux restent indécis.

Le sondage Léger révèle que 43 % des Canadiens sont favorables à la gestion des aéroports de Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver par des exploitants privés, tandis que 31 % s'y opposent.

Vingt-sept pour cent des personnes interrogées ont déclaré ne pas savoir ou ne pas être sûres de ce qu’elles pensaient de cette proposition.

Andrew Enns, vice-président directeur de Léger pour le Centre du Canada, a estimé qu’il y aurait toujours une partie de la population opposée à toute forme de privatisation au Canada, mais il a relevé le niveau de soutien relativement faible.

«Ce que j’ai trouvé assez intéressant, c’est qu’il faut vraiment chercher bien loin pour trouver une mesure introduite par ce premier ministre qui n’ait pas recueilli un soutien de plus de 50 %, voire de plus de 60 %. Je veux dire, il surfe sur une vague plutôt favorable en ce moment», a commenté M. Enns.

À titre de comparaison, Léger a interrogé les personnes sondées dans le cadre de ce même sondage sur leur intérêt à devenir «membre associé» de l’Union européenne, et 70 % d’entre elles se sont déclarées favorables à cette idée.

M. Enns a analysé que le fait que 43 % des personnes interrogées soutiennent cette idée et qu’une majorité y soit opposée ou indécise signifie que le gouvernement va devoir redoubler d’efforts pour expliquer pourquoi il souhaite faire appel à des opérateurs privés pour les quatre plus grands aéroports.

Le premier ministre Mark Carney a déclaré lors du sommet sur l’investissement qui s’est tenu la semaine dernière, à Toronto, qu’il cherchait à convaincre des investisseurs privés de reprendre l’exploitation des quatre plus grands aéroports du pays. Lui-même et le ministre des Transports, Steven MacKinnon, ont tous deux précisé que le gouvernement resterait propriétaire des terrains et que les aéroports resteraient soumis à l’ensemble de la réglementation fédérale en matière de sécurité.

M. Carney a expliqué que cela permettrait de dégager des fonds fédéraux pour les petits aéroports régionaux.

Le sondage indique que ce sont les Québécois qui sont les plus enclins à soutenir cette idée, avec 47 % des personnes interrogées favorables. Les personnes interrogées en Saskatchewan et au Manitoba sont les plus susceptibles de s’y opposer, seules 32 % d’entre elles se déclarant favorables.

M. Enns a précisé que l’échantillon des provinces des Prairies était plus restreint, mais a ajouté que ce résultat pouvait refléter une certaine frustration liée au fait de devoir souvent passer par Toronto ou Calgary, en particulier chez les répondants de la Saskatchewan.

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«Je pense que les répondants pourraient demander qu'au lieu de privatiser ces aéroports, le gouvernement investisse davantage dans les liaisons au départ de leurs aéroports, car ceux-ci sont assez mal desservis. Ce n’est pas facile d’accéder à ces marchés», a estimé le représentant de Léger.

Mark Carney a suggéré, lors du sommet sur l’investissement, que les recettes issues des contrats avec des opérateurs privés pourraient servir à injecter davantage de fonds dans les petits aéroports régionaux.

Les personnes interrogées en Alberta n’étaient pas très éloignées de leurs voisins des Prairies, avec 33 % de soutien et 35 % d’opposition.

Environ un tiers des personnes interrogées dans les trois provinces des Prairies ont déclaré ne pas savoir quoi penser de ce projet, ce qui représente la proportion la plus élevée parmi tous les échantillons provinciaux.

Dans le reste du Canada, le taux de soutien se situait autour de 45 %, tandis que l’opposition avoisinait les 30 %.

Les Canadiens âgés de 55 ans et plus étaient plus enclins à soutenir le projet du gouvernement que leurs cadets: 45 % contre 39 % chez les 18-34 ans, mais le taux d’opposition avoisinait les 30 % pour toutes les tranches d’âge.

Selon Andrew Enns, les Canadiens plus âgés avaient tendance à être très favorables aux propositions du premier ministre, mais que, dans ce cas précis, ils semblaient globalement plus hésitants.

«Ils ne sont certainement pas plus opposés à l’idée, mais ils partagent le même sentiment que les jeunes Canadiens en se demandant: “Mais qu’est-ce qui se passe ?” Et je soupçonne que, pour une part, ils sont eux aussi de grands voyageurs», a avancé M. Enns.

Léger a mené ce sondage auprès de 1 533 Canadiens entre le 19 et le 21 septembre.

Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien, un organisme sectoriel qui promeut les normes en matière de sondages, précise qu’il n’est pas possible d’attribuer une marge d’erreur aux sondages en ligne, car ils ne reposent pas sur un échantillonnage aléatoire de la population.

David Baxter, La Presse Canadienne