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Carney devrait annoncer sa décision concernant la désignation d'un pipeline

Carney devrait annoncer sa décision concernant la désignation d'un pipeline
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney devrait annoncer jeudi qu'un pipeline vers la côte ouest sera désigné comme projet d'intérêt national en vertu de la «Loi visant à bâtir le Canada».

M. Carney doit se rendre à Fort McMurray, en Alberta, en compagnie de la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, pour annoncer la nouvelle.

Il s'agirait du premier projet à bénéficier de cette désignation depuis l’adoption par Ottawa du projet de loi C-5 il y a plus d’un an. Cette loi confère à Ottawa le pouvoir d’imposer des conditions spéciales pour des projets relevant d’une dizaine de lois fédérales afin de faciliter leur mise en œuvre.

En novembre 2025, Ottawa et l’Alberta ont signé un pacte énergétique qui engageait le gouvernement fédéral à déclarer un oléoduc reliant l’Alberta à la côte ouest comme projet d’intérêt national.

En mai, M. Carney et Mme Smith ont signé un accord de mise en œuvre de ce pacte énergétique, qui fixait au 1er octobre la date limite pour une décision concernant la désignation du pipeline. Cet accord précisait également que la construction du pipeline et celle du projet de capture du carbone «Pathways» seraient «mutuellement dépendantes».

En août, Ottawa a publié dans la Gazette du Canada son intention d’aller de l’avant avec la désignation d’intérêt national.

L’avis indiquait que la consultation des peuples autochtones était déjà en cours. Le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, a déclaré au Globe and Mail en début de semaine qu’il s’attendait à ce que le Bureau des grands projets achève ses travaux dans les délais, permettant ainsi au projet d’obtenir cette désignation.

M. Carney avait déclaré que les contribuables n’auraient pas à payer la facture de l’oléoduc lorsqu’il avait annoncé le projet pour la première fois en 2025, mais aucun promoteur du secteur privé ne s’est proposé pour le financer intégralement.

La seule entreprise du secteur privé est l’entreprise Pembina Pipeline. Celle-ci a conclu plus tôt cette année un accord non contraignant prévoyant une participation de 10 % pendant la construction de l’oléoduc proposé, avec une option permettant d’acquérir jusqu’à 10 % supplémentaires une fois que le projet sera en exploitation commerciale.

Ottawa et l’Alberta se partageront le reste des coûts par l’intermédiaire de Trans Mountain et de l’Alberta Petroleum Marketing Commission.

«L’œuf ou la poule»

Lance Mortlock, associé gérant chez EY Canada, a déclaré qu’il existait un dilemme de type «l’œuf ou la poule» entre la construction d’un nouvel oléoduc de grande envergure et l’augmentation de la production des sables bitumineux nécessaire pour alimenter cet oléoduc à long terme.

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Ces dernières années, les producteurs se sont montrés réticents à réaliser des investissements de grande envergure, en partie en raison d’un manque d’infrastructures pipelinières permettant d’acheminer leur pétrole vers les marchés.

«J’ai l’impression qu’ils attendaient de voir si certaines conditions commençaient à évoluer», a dit M. Mortlock.

Le secteur a salué les mesures prises par Ottawa pour simplifier le processus réglementaire, revenir sur les politiques environnementales de l’ère Trudeau et renforcer les incitations fiscales en faveur des nouveaux investissements. Des projets d’extension de pipelines à plus petite échelle et à plus court terme vers les États-Unis et la côte ouest sont désormais en cours d’élaboration.

«Nous allons commencer à voir les entreprises se lancer à nouveau dans de grands projets d’investissement. Est-ce que je pense que nous allons voir réapparaître les mégamines que nous connaissions il y a dix ans ? Probablement pas. Mais est-ce que je pense que nous allons atteindre une production de 150 000, voire 200 000 barils par jour grâce à l’expansion de l’exploitation in situ ? Oui, sans aucun doute», a expliqué M. Mortlock, faisant référence aux opérations à vapeur ayant une empreinte écologique plus réduite.

«Et aujourd’hui, certaines de ces entreprises d’exploitation des sables bitumineux commencent à se poser les questions suivantes: “À quoi cela ressemblerait-il ? Quel type d’actifs développerions-nous ? Quelle serait l’ampleur de leur développement ? Quel serait l’ordre de mise en œuvre de ces actifs ?”»

L’annonce de jeudi est la deuxième annonce majeure de la semaine dans le domaine de l’énergie.

Mardi, les partenaires du projet LNG Canada, une installation d’exportation de gaz naturel située à Kitimat, en Colombie-Britannique, ont donné leur feu vert à une extension qui permettrait de doubler la capacité.

M. Mortlock a souligné que c’était une période passionnante pour le Canada.

«Il y a bien longtemps, nous avons discuté du projet de chemin de fer traversant le Canada, puis nous l’avons construit. Et nous voici à nouveau face à une opportunité d’investissement unique en une génération, qui tracera véritablement la voie pour ce pays au cours des 100 prochaines années», a-t-il dit.

«Ainsi, si nous jouons bien nos cartes, si nous faisons les bons compromis et si nous accordons la priorité aux bonnes choses, nous créerons un pays fort, indépendant et prospère pour les générations futures.»

— Avec la contribution de Lauren Krugel à Calgary et de Daniel Johnson à Toronto.

Nick Murray, La Presse Canadienne