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Charles Milliard ne ferme pas la porte à une réforme du mode de scrutin

Charles Milliard ne ferme pas la porte à une réforme du mode de scrutin
Photo: La Presse Canadienne, 2026

SAINT-LAMBERT, QUÉBEC — Le nouveau chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, Charles Milliard, a réuni ses troupes, députés élus et candidats défaits, jeudi, sur la Rive-Sud de Montréal pour les remercier et les féliciter.

D’entrée de jeu, il n’a pas fermé la porte à d’éventuelles discussions sur une réforme du mode de scrutin, reconnaissant que le système uninominal à un tour a causé cette fois des distorsions qui peuvent semer le doute chez les électeurs. «Les événements de cette semaine montrent qu'on peut former un gouvernement avec 28 % du vote. Ça ne s'est pratiquement jamais vu. Alors, par chance, c'est minoritaire, je vous dirais, mais évidemment, ça pose des questions.»

Même s’il précise qu’une réforme du mode de scrutin n’est pas dans le programme de son parti, il note que la cheffe caquiste, Christine Fréchette, qui n’a fait élire aucun candidat, vit à son tour ce que le chef conservateur Éric Duhaime a vécu il y a quatre ans. «Ça, il faut le reconnaître. (…) Je sais que c'était un sujet important et que les Québécois s'attendent à une représentation quand ils expriment un droit de vote. Donc, on verra ce que le gouvernement va proposer.»

Il n’est cependant pas prêt à enterrer la Coalition avenir Québec à court terme pour autant. «La politique, c'est quand même, parfois enivrant, souvent cruel. Évidemment, passer à zéro siège, c'est quelque chose pour la Coalition avenir Québec, mais c'est un parti légitime. Alors j'imagine qu'ils vont se doter d'un chef intérimaire et ensuite d'un chef, je pense que c'est tout à fait normal.»

Charles Milliard se dit prêt à collaborer avec le gouvernement, mais entend exercer pleinement le rôle de chef de l’opposition. «Sur des enjeux où nos valeurs vont se conformer à celles du gouvernement, on va être présents. Sinon, le gouvernement ira aller chercher l'appui des autres partis. Nous, on est quand même l'opposition officielle, alors nous, notre confiance se mérite.»

Il entend tout de même s’assurer que le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, qui a promis de faire une place aux idées de l’ensemble des partis dans la préparation de son budget, tienne parole.

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Monarchie: «pas un chat a parlé de ça»

Il écarte toutefois l’idée d’aller jouer dans le film de l’abolition de la monarchie et du refus de prêter serment à la lieutenante-gouverneure que propose le Parti québécois. Cette question, dit-il, «croupit dans le fond des priorités des Québécois. Il n'y a pas un chat qui a parlé de ça durant la campagne. Là, on active encore une fois un dossier identitaire pour faire diversion. (…) On vit dans un régime, dans une constitution bien précise, alors M. Plamondon, même s'il est devenu premier ministre, n'a pas le pouvoir non plus de changer le système parlementaire complètement».

Il a par ailleurs évité de se mêler du désaccord qui n’a pas mis de temps à s’exprimer entre le chef conservateur, Éric Duhaime, et le maire de Québec, Bruno Marchand, sur le projet de tramway dans la Vieille Capitale. «Ça me semble tôt pour se chicaner – les Québécois se sont exprimés lundi – mais je vais laisser M. Duhaime et M. Marchand gérer leur désaccord. Ce que je peux vous dire, c'est que nous, contrairement au Parti québécois, on a une députée dans la région de Québec, qui s'appelle Julie White. Et Julie, moi-même et tout le caucus, d'ailleurs, on l'a toujours dit qu'on est en faveur du tramway de Québec. Pour nous, c'est un réseau de transport structurant pour la Capitale-Nationale.»

Dans l’immédiat, sa préoccupation tourne autour de la formation de son cabinet fantôme et de désigner des porte-parole pour les différents dossiers, ce qui doit être fait dans les prochains jours. «J'ai très hâte de mettre les pieds au Salon bleu. Je l'ai tellement fréquenté dans les estrades et dans ma tête. Donc, j'ai très hâte de mettre les pieds au Salon bleu, assis directement en face du premier ministre, donc ce sera tout un privilège.»

Bien qu’il n’ait encore jamais siégé lui-même, il rappelle que son caucus comptera 17 députés expérimentés qui pourront soutenir les 23 autres nouveaux venus, dont lui-même.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne