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Cinquante pays s'engagent à Toronto à sauver les enfants ukrainiens en captivité

Cinquante pays s'engagent à Toronto à sauver les enfants ukrainiens en captivité
Photo: La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Plus de 50 pays ont signé un engagement à intensifier leurs efforts pour le retour des Ukrainiens détenus en Russie, dont environ 20 000 enfants.

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a annoncé mardi ce qu'elle a appelé l'«Engagement de Toronto», à l'occasion de la clôture d'une conférence sur le retour des civils enlevés et des prisonniers de guerre en provenance de Russie et des territoires ukrainiens occupés.

Elle a déclaré que cet engagement appelle à une meilleure coordination entre les gouvernements, la société civile et les organisations internationales pour réunir les familles ukrainiennes.

Elle a précisé que plus de 80 pays et d'importantes organisations internationales ont participé à cette conférence de deux jours, au cours de laquelle des Ukrainiens ayant subi des actes de torture et des programmes visant à les déposséder de leur identité ont témoigné.

Mme Anand a indiqué que la collaboration avec un large éventail de pays a permis de tripler le nombre d'enfants retournés en Ukraine ces deux dernières années, portant le total à 2600.

Elle a ajouté que l'Inde a dialogué avec la Russie, que le Qatar a usé de son influence pour permettre le retour de 80 personnes et que la Lituanie a facilité le transport de personnes fuyant la captivité.

En 2024, le Canada et l’Ukraine ont lancé conjointement une coalition internationale de pays engagés à retrouver et à rapatrier les enfants ukrainiens enlevés par la Russie depuis le début de son invasion à grande échelle en 2022.

Ce travail a été élargi pour inclure des efforts visant à rapatrier les civils adultes et les prisonniers de guerre capturés par les autorités russes depuis l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

L’Union européenne a annoncé une nouvelle série de sanctions à l’encontre de responsables accusés d’avoir contribué à l’enlèvement d’enfants ukrainiens — un acte que la Cour pénale internationale qualifie de crime de guerre.

Les sanctions européennes visent un camp situé en Corée du Nord où, selon Bruxelles, la Russie aurait envoyé des enfants ukrainiens enlevés. Le camp de Songdowon ne figure pas parmi les entités sanctionnées par le Canada.

La Norvège, qui co-organise la conférence de cette semaine à Toronto, s’est engagée à verser l’équivalent de 35 millions $ pour soutenir le travail de l’UNICEF et du Comité international de la Croix-Rouge visant à ramener les enfants ukrainiens chez eux et à les aider à se réinsérer.

Les autorités ukrainiennes indiquent que 2600 des 20 000 enfants déportés vers la Russie sont depuis rentrés chez eux.

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«Bring Kids Back», une coalition lancée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a déclaré que bon nombre de ces enfants ont rapporté avoir été victimes de violences physiques et sexuelles.

«Les enfants subissent un lavage de cerveau. Ils sont préparés à servir dans les forces armées russes, a déclaré mardi le chef de la coalition, Maksym Maksymov, lors d’une entrevue. La langue, la culture et l’histoire ukrainiennes sont bannies des écoles. Tout ce qui se passe là-bas vise à couper tout lien juridique et affectif entre ces jeunes et l’Ukraine.»

M. Maksymov a déclaré qu'un rapport publié en juillet par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) apportait une confirmation indépendante de ce que l'Ukraine affirme depuis longtemps.

Des actes de torture et des violences sexuelles

L’OSCE — dont la Russie et le Canada sont tous deux membres — a rapporté que des responsables russes avaient contraint des enfants à changer d’identité, torturé physiquement au moins dix d’entre eux et placé un grand nombre d’entre eux dans des familles d’accueil où des violences sexuelles ont été commises.

«Les pratiques d’endoctrinement et de militarisation systémiques peuvent également constituer un crime contre l’humanité sous la forme de persécutions, dirigées contre des enfants ukrainiens pour des motifs discriminatoires, dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique», indique le rapport.

Le sommet de Toronto de cette semaine s’inscrit dans la continuité d’un sommet similaire organisé en mai à Bruxelles. M. Maksymov a indiqué que 300 enfants avaient été rapatriés en Ukraine au cours des quatre mois qui se sont écoulés depuis.

«Le Canada a apporté un soutien concret très important en matière de recherche, de retour et de réintégration, sur tous les fronts», a-t-il dit.

Lundi, Mme Anand a expliqué aux journalistes que le Canada utilisait l’intelligence artificielle pour aider à identifier les enfants ukrainiens emmenés en Russie. Elle a précisé que les autorités russes avaient changé les noms de certains enfants, ce qui rendait leur localisation plus difficile.

Alexandra Chyczij, présidente du Congrès des Ukrainiens Canadiens, a déclaré mardi que, d’après ce qu’elle avait compris, le Canada utilisait les données des téléphones portables appartenant à de jeunes Ukrainiens pour déterminer leur localisation initiale, et recourait à l’imagerie satellite pour identifier les centres de détention.

Mme Chyczij a expliqué que cette technologie permet aux autorités de comprendre ce qu’il advient des enfants déportés vers la Russie et de ceux qui vivent dans les territoires ukrainiens occupés.

«Les enfants qui vivent toujours sous l’occupation sont tout aussi vulnérables, a-t-elle déclaré aux journalistes. Il est vraiment important de continuer à sensibiliser l’opinion publique.»

Dylan Robertson, La Presse Canadienne