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Des conscrits iraniens réclament une exemption d'immigration

Des conscrits iraniens réclament une exemption d'immigration
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Des défenseurs des droits de la personne et des membres de la communauté iranienne au Canada exhortent le gouvernement à cesser de refuser systématiquement l'entrée sur le territoire aux immigrants qui ont été contraints de servir au sein des Gardiens de la révolution islamique.

D'anciens conscrits du Corps des Gardiens de la révolution islamique, présents mardi lors d'une conférence de presse sur la colline du Parlement, ont avancé qu'ils étaient punis pour avoir été contraints de servir au sein d'une entité que le gouvernement canadien considère comme terroriste.

Ardeshir Zarezadeh, président du Centre international pour les droits de l’homme, a discuté ces derniers mois avec plus de 200 conscrits du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) qui ont reçu des courriers leur indiquant qu’ils étaient inadmissibles au Canada en raison de leur service obligatoire.

«Ces conscrits n’ont jamais eu l’intention de servir au sein du CGRI. Ils n’ont aucune affiliation idéologique avec les politiques du régime islamique et n’ont jamais eu l’intention de servir dans le CGRI. Cela fait partie de la vie d’un homme en Iran. C’est une procédure de routine», a-t-il expliqué.

Lorne Waldman, un avocat spécialisé en droit de l’immigration qui assistait à la conférence de presse, a entendu dire que plus de 500 de ces lettres avaient été envoyées à d’anciens conscrits du CGRI.

«Nous en avons traité 40 dans notre cabinet et nous n’avons pas pu prendre en charge toutes les demandes que nous avons reçues. Il s’agit donc d’un nombre important, certainement des centaines», a souligné M. Waldman.

M. Zarezadeh a expliqué qu’en Iran, lorsqu’un homme atteint l’âge adulte, il doit effectuer un service obligatoire soit au sein du CGRI, soit dans l’armée, soit dans la police.

Il a précisé que les conscrits sont affectés à l’une de ces organisations.

Farzin Jafari, ingénieur en informatique établi à Ottawa, fait partie de ces anciens conscrits du CGRI qui affirment risquer d’être jugés inadmissibles. Il a expliqué être venu au Canada pour poursuivre ses études, se construire une carrière et «se bâtir un avenir différent».

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«Aujourd’hui, ma fille grandit en tant que Canadienne. Quand je la regarde, je vois l’une des raisons les plus importantes pour lesquelles j’ai choisi de construire ma vie ici. Je veux qu’elle grandisse libre de faire ses propres choix: ce en quoi elle croit, comment elle vit, ce qu’elle porte et qui elle veut devenir», a-t-il mentionné.

«Je pense que nous pouvons nous montrer fermes à l’égard du Corps des Gardiens de la révolution islamique tout en respectant un principe fondamental d’équité. Les personnes devraient être évaluées en fonction de leurs propres choix, de leur conduite et de leur situation personnelle, et non simplement en fonction d’une mission qui leur a été imposée», a-t-il ajouté.

M. Jafari et d’autres Iraniens présents à la conférence de presse ont déclaré soutenir la désignation du CGRI comme organisation terroriste.

Le député conservateur de l’Alberta, Garnett Genuis, a précisé lors de la conférence de presse que le gouvernement devrait adopter le projet de loi qu’il avait déposé en 2023 et qui aurait instauré une exemption en matière d’immigration pour les conscrits du CGRI.

Ce projet de loi, qui n’a pas dépassé le stade de la première lecture, proposait de considérer qu’un conscrit du CGRI sollicitant la résidence permanente ne serait pas considéré comme membre s’il était prouvé qu’il n’était pas resté au-delà de sa période de service obligatoire et qu’il ne s’était pas livré à des actes de terrorisme ou à des violations des droits de la personne.

M. Zarezadeh a indiqué avoir soulevé la question auprès des secrétaires parlementaires chargés de la sécurité publique et de l’immigration, qui ont répondu qu’ils se pencheraient sur la question.

Des Irano-Canadiens se sont rassemblés mardi sur la colline du Parlement pour attirer l’attention sur cette question et réclamer une solution.

La Presse Canadienne a contacté le ministère de l’Immigration pour obtenir des commentaires, mais n’a pas reçu de réponse.

David Baxter, La Presse Canadienne