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Joly fait pression sur Stelco pour obtenir des engagements en matière d'emploi

Joly fait pression sur Stelco pour obtenir des engagements en matière d'emploi
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le gouvernement fédéral met la pression sur le propriétaire américain de Stelco Holdings Inc. au sujet des licenciements imminents prévus dans l'aciérie située à Hamilton, en Ontario.

La ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, a adressé lundi une lettre au président de Stelco, Paul Simon, dans laquelle elle exprime sa «profonde déception» face au projet de l'entreprise de licencier jusqu'à 500 salariés en réponse aux droits de douane américains et à d'autres pressions du marché.

Le Canada avait donné son feu vert à la société américaine Cleveland-Cliffs pour racheter Stelco en 2024, en vertu de la Loi sur Investissement Canada, qui régit les prises de contrôle étrangères.

L’approbation de l’opération par le Canada était subordonnée à l’engagement du nouveau propriétaire de maintenir le nombre d’emplois syndiqués et la majorité des postes non syndiqués, a précisé Mme Joly.

Ces conditions ne prennent pas fin simplement parce que «la stratégie commerciale ou les conditions du marché ont changé», a-t-elle écrit dans sa lettre.

«Cela est particulièrement pertinent en l’espèce, où Cleveland-Cliffs a invoqué des perturbations commerciales affectant ses activités à Hamilton Works, malgré le soutien public de son directeur général aux mesures tarifaires au titre de l’article 232», a déclaré Mme Joly.

Lourenco Goncalves, le directeur général de Cleveland-Cliffs, a publiquement soutenu les droits de douane américains sur l'acier, affirmant qu'ils constituaient une «mesure nécessaire» pour freiner les importations d'acier faisant l'objet d'un dumping.

Un drapeau de Stelco flotte aux côtés d’un drapeau canadien à l’usine sidérurgique de Hamilton, en Ontario, le lundi 10 février 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Nick Iwanyshyn, archive

Dans sa lettre, Mme Joly a indiqué qu’elle souhaitait prendre connaissance du plan de Cleveland-Cliffs visant à respecter tous les engagements pris lors de l’acquisition initiale. Elle a demandé une réponse dans un délai de cinq jours ouvrés, faute de quoi le gouvernement pourrait envisager une action en justice.

Si le sidérurgiste ne se conforme pas à ces engagements, Ottawa pourrait saisir la Cour supérieure, où un juge pourrait ordonner à l’entreprise de respecter ses obligations, lui infliger des sanctions, voire ordonner la vente de l’activité, a précisé la ministre Joly.

Ron Wells, président de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos, qui représente les salariés de l’usine Stelco de Hamilton, s’est dit satisfait que le gouvernement fédéral ait agi «très rapidement».

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«Ils avaient mis beaucoup de temps à réagir la dernière fois», a-t-il pointé, faisant référence à un précédent conflit concernant cette aciérie alors qu’elle appartenait à un autre propriétaire. «Nous avions en effet dû faire pression pour les amener à réagir.»

U.S. Steel a commencé à licencier des centaines de salariés dans les anciennes installations de Stelco en novembre 2008 et a annoncé des fermetures temporaires touchant environ 1500 emplois supplémentaires en mars de l’année suivante.

Tony Clement, alors ministre de l’Industrie, n’a émis une injonction officielle en vertu de la loi que le 5 mai 2009 — soit environ neuf semaines après l’annonce de cette fermeture de grande ampleur.

Dans cette affaire, Ottawa a rejeté les explications fournies par l’entreprise pour justifier le non-respect de ses engagements en matière d’emploi et de production, et a poursuivi U.S. Steel en justice.

L’affaire a finalement été réglée à l’amiable en 2011 après que l’entreprise eut accepté de prendre une nouvelle série d’engagements.

Cependant, l’aciérie s’est placée sous la protection de la loi sur les faillites en 2014 et a été rachetée par Bedrock Industries en 2017, reprenant le nom de Stelco, avant que Cleveland-Cliffs ne rachète l’entreprise en 2024.

«Cleveland-Cliffs savait exactement à quoi elle s’engageait en rachetant le site», a affirmé M. Wells, faisant référence aux engagements sur cinq ans pris par l’entreprise lors de l’acquisition des activités.

«Nous espérons qu’ils reviendront sur cette décision de licenciement, a-t-il ajouté. Mais je ne me fais pas trop d’illusions.»

«Ils vont traîner cette affaire devant les tribunaux et tenter de justifier que cela échappait à leur contrôle. Mais ils sont tous favorables aux droits de douane, ce qui est contradictoire.»

C’est le «Toronto Star» qui a été le premier à révéler l’existence de la lettre de la ministre Joly.

La Presse Canadienne