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Jour 31: affrontements sur l'ingérence, constitution québécoise et immigration

Jour 31: affrontements sur l'ingérence, constitution québécoise et immigration
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Les allégations d'une ingérence américaine pour favoriser le Parti québécois (PQ) ont continué d'alimenter les propos des chefs, samedi, Paul St-Pierre Plamondon y voyant une tentative désespérée de Christine Fréchette, qui a rétorqué qu'un référendum sur l'indépendance correspond aux intérêts américains qui veulent diviser le Canada.

Les médias de Québecor ont rapporté vendredi qu'Ottawa aurait prévenu Québec concernant une possible ingérence des États-Unis dans la campagne électorale.

La première ministre sortante disait vendredi être «très préoccupée» par «des informations sérieuses sur des possibles risques d'ingérence étrangère» américaine en vue de favoriser le PQ, puis elle avait ensuite admis qu'il n'y a «pas de nature à craindre pour l'intégrité du processus électoral québécois».

M. St-Pierre Plamondon a dit voir dans ces allégations une manière pour la CAQ de brandir des épouvantails pour détourner les électeurs du PQ.

Samedi, à Gatineau, Mme Fréchette a renchéri en disant qu'un référendum pourrait «jouer le jeu» d'une administration américaine sous Donald Trump qui veut «fragiliser le Canada».

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, est allé dans le même sens que son adversaire péquiste, tout en minimisant lui aussi la vraisemblance d'une ingérence américaine.

«Je pense que si la campagne de la CAQ va mal aujourd'hui, c' est parce que depuis le début, ils (les caquistes) essaient de faire peur au monde», a soutenu M. Duhaime.

Vendredi, le chef libéral Charles Milliard avait soulevé des questions concernant des rencontres qu'aurait pu avoir M. St-Pierre Plamondon avec des officiels américains.

Or, le chef péquiste en a eu avec des représentants d'autres pays, mais pas avec des Américains. Il a demandé à son adversaire de se rétracter, ce qu'il a refusé de faire, disant avoir le droit de poser des questions.

Services de garde pour les demandeurs d'asile

Mme Fréchette est revenue sur une mesure du gouvernement caquiste ayant visé à empêcher les demandeurs d’asile d’avoir accès aux garderies subventionnées.

Elle a dit vouloir prioriser les résidents permanents et les citoyens dans l’octroi de places en garderie subventionnées, et ainsi «permettre à des femmes québécoises d'avoir davantage accès» aux services de garde. Elle a dit croire que cela respecterait l'esprit d'un jugement de la Cour suprême.

Un jugement du plus haut tribunal du pays rendu en mars dernier indiquait pourtant que cette mesure aurait un effet disproportionné sur les femmes.

«On ne rend pas inaccessibles ces services-là. On donne une priorisation tout simplement aux Québécois qui ont un statut permanent, qui sont citoyens. Donc ça respecte l'esprit du jugement», a-t-elle dit samedi matin à Gatineau.

Mme Fréchette a également promis de rendre obligatoire la participation à une session du programme Objectif Intégration pour les immigrants qui veulent obtenir la résidence permanente afin de s’assurer qu’ils «comprennent les valeurs et le fonctionnement de la société québécoise tout en disposant des outils nécessaires pour s’intégrer».

La cheffe caquiste a aussi ramené sur la table le controversé projet de constitution québécoise.

Lors de la dernière session législative, le ministre Simon Jolin-Barrette a tenté de faire adopter une constitution québécoise. Le projet de loi est toutefois mort au feuilleton en raison de l’obstruction des partis d’opposition. Les groupes autochtones étaient aussi farouchement contre.

La cheffe caquiste compte, si sa formation est réélue, redéposer une nouvelle version de la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire.

Exigences pour les services en milieu familial

Pour sa part, le chef conservateur, Éric Duhaime, a porté samedi sa volonté de réduire la réglementation et l'intervention de l'État dans le dossier des services de garde.

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Le PCQ souhaite retirer l'exigence pour les services de garde en milieu familial, en vigueur depuis le 1er septembre, d'obtenir une reconnaissance par le bureau coordonnateur de la garde éducative en milieu familial.

«On pense qu'il y avait déjà un modèle qui convenait bien et qui était déjà suffisant», a fait valoir M. Duhaime, en conférence de presse à Québec samedi matin.

Le PCQ dit aussi vouloir s'attaquer aux délais causés par le Portail d’inscription aux services de garde, ayant fait l'objet de critiques de la part de la Fédération des intervenantes en petite enfance.

Le parti d'Éric Duhaime veut permettre aux centres de la petite enfance (CPE) et aux garderies privées subventionnées de consulter la liste d’attente, de contacter eux-mêmes les familles et de retirer les dossiers qui ne sont plus à jour.

Gratuité dans les parcs de la Sépaq

Faisant campagne samedi matin au Parc national de Plaisance, en Outaouais, le chef libéral, Charles Milliard, a affirmé qu'un gouvernement libéral rendrait l'accessibilité aux 23 parcs nationaux administrés par la Sépaq gratuite au public.

Le PLQ dit vouloir «démocratiser le plein air», miser davantage sur la prévention en santé et rapprocher les Québécois de la nature et de leur territoire.



La gratuité serait également offerte aux résidents des autres provinces et territoires canadiens.

Aussi, un gouvernement libéral redonnerait aux établissements d’hébergement la liberté d’offrir directement à leur clientèle un meilleur tarif que ceux offerts sur les plateformes.


Fraude envers les aînés

Le Parti québécois (PQ) s'est engagé samedi à combattre la fraude envers les aînés, notamment en augmentant les ressources policières consacrées à la lutte contre ces crimes.

Le PQ souhaite mobiliser le Directeur des poursuites criminelles et pénales pour qu'il négocie ou plaide des peines plus sévères en cas de fraude envers les aînés. Il s'agirait aussi d'augmenter la prévention pour aider les personnes âgées à détecter et dénoncer les fraudes.

M. St-Pierre Plamondon a aussi promis que son parti maintiendrait le crédit d'impôt pour le soutien aux aînés de 2000 $.

Moratoire sur les évictions

Québec solidaire s'est engagé à renouveler le moratoire sur les évictions, en vigueur depuis le 6 juin 2024 et d'une durée de trois ans.

La candidate solidaire de la circonscription de Sherbrooke, Stéphanie Vachon, en a fait l'annonce aux côtés de la députée sortante Christine Labrie et de la co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal.

QS faisait campagne samedi dans la circonscription où le candidat du Parti québécois (PQ), Gabriel Pallotta, avait soutenu que son parti devait «assainir» son discours sur l'immigration. M. Pallotta s'était rétracté par la suite.

La porte-parole Ruba Ghazal en a profité pour lancer des pointes au chef péquiste, se demandant si M. St-Pierre Plamondon acceptait la critique à l'interne et disant espérer un discours plus positif à l'égard de l'immigration.

«On a besoin de parler d'immigration de façon positive, parce que des histoires positives en immigration, il y en a partout au Québec et ce discours négatif de l'immigration fait mal au Québec», a-t-elle fait valoir.

- Avec des informations de Patrice Bergeron, Thomas Laberge, Caroline Plante et Coralie Laplante, de La Presse Canadienne

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