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Jour 34: les indécis et les jeunes courtisés à l'approche du vote

Jour 34: les indécis et les jeunes courtisés à l'approche du vote
Photo: La Presse Canadienne, 2026

À six jours des élections québécoises, des chefs de parti ont commencé à cibler certaines tranches de l'électorat afin de les inviter à se ranger derrière eux.

La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, mise sur les indécis dans l'espoir que sa formation évite la disparition le soir du 5 octobre.

«C’est surtout les indécis qu’on peut encore rallier, et il y en a encore beaucoup», a affirmé Mme Fréchette, mardi.

Selon un sondage Synopsis-La Presse publié dimanche, 15 % des électeurs n'ont pas arrêté leur choix. Ce même coup de sonde place la CAQ à 17 % des intentions de vote. Deux autres coups de sonde publiés lundi confirment la baisse de la CAQ.

Le Parti québécois (PQ) demeure en tête. La cheffe caquiste a admis que le PQ «attire beaucoup l’attention des électeurs». Elle a invité les Québécois à se questionner sur le type de changement qu'ils souhaitent voir.

«L’organisation d’un référendum déplaît à plus de 70 % des Québécois», a-t-elle illustré.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a pour sa part courtisé les jeunes, en présentant son parti comme celui qui défendra la social-démocratie contre l’austérité.

De passage dans la circonscription de Rosemont, à Montréal, près d'un cégep, Mme Ghazal a lancé un appel envers ce groupe d'électeurs, réputé pour se rendre en moins grand nombre aux urnes.

Aux élections de 2022, 66 % de la population de 18 ans et plus a voté. La proportion était de 54 % chez les jeunes de 18 à 24 ans et ceux de 25 à 34 ans, comparativement à 78 % chez les personnes de 65 à 74 ans, selon les données d’Élections Québec.

Mme Ghazal espère garder dans son giron Rosemont, où la lutte s'annonce serrée entre sa candidate, Gisèle Pouhe Njall, et le péquiste Pierre-Luc Brillant. Le comté était représenté depuis 2018 par l'ex-solidaire Vincent Marissal.

«Les jeunes» dans cette circonscription «peuvent faire la différence», mais «on mise sur tous les gens qui veulent un État fort», a soutenu Mme Ghazal.

Santé Québec et la qualité des aliments

Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, s'est retrouvé à expliquer sa position sur l'avenir de Santé Québec.

En entrevue éditoriale avec «La Presse», il a évoqué la possibilité de remplacer l'agence... par une autre agence, ou encore, une sorte de groupe d'intervention («task force») à l'intérieur même du ministère, qui devrait donc rendre des comptes à l'État.

Mardi en point de presse, M. St-Pierre Plamondon a été appelé à préciser sa pensée sur l'organisme qui pourrait remplacer Santé Québec, instauré par le gouvernement caquiste.

Il faut d'abord un projet de loi pour abolir Santé Québec et une commission parlementaire pour entendre tout le monde, a plaidé M. St-Pierre Plamondon.

«Mes adversaires ont voulu parler de brassage de structures pour faire peur. Le vrai brassage de structures, c'était la création de Santé Québec, mais nous, on fait juste enlever une couche, puis rendre ça plus cohérent, mais ce n'est pas un objectif très complexe», a-t-il déclaré.

Ses rivaux de la CAQ et du Parti libéral du Québec (PLQ) lui ont reproché de vouloir faire un autre brassage de structures inutile.

Par ailleurs, le PQ a pris l'engagement d'améliorer la qualité des aliments consommés par les Québécois, notamment avec une nouvelle certification «Qualité Québec».

Cette certification serait apposée sur «des produits d’ici et dont les standards de qualité répondent à des normes supérieures».

Un gouvernement péquiste mettrait aussi sur pied une chaire de recherche universitaire en politique bioalimentaire pour conseiller le gouvernement sur la qualité des aliments.

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Laïcité et immigration temporaire

Le chef du PLQ, Charles Milliard, s'est avancé sur la question de la laïcité de l'État.

Il s'est engagé à maintenir la loi 94 interdisant le port de signes religieux chez le personnel dans les écoles, s'il est porté au pouvoir. Il a dit vouloir attendre la décision de la Cour suprême sur la loi 21, qui interdit depuis 2019 le port de signes religieux à plusieurs employés de l'État au Québec.

«Nous, on a décidé que, pour l'instant, on ne souhaite pas faire de changements», a-t-il déclaré.

«Comme l'ensemble des mesures qui ont été mises en place par la Coalition avenir Québec, j'ai mentionné que je n'avais pas l'intention de faire de changements dans ces lois.»

M. Milliard a tout de même reconnu que la loi 94 – qui touche également les parents bénévoles, mais pas les élèves – peut créer des situations d'exclusion et des «problèmes».

Par exemple, il n'est plus possible pour une mère voilée de venir donner un coup de pouce à l'épluchette de blé d'Inde annuelle organisée à l'école de son enfant.

De son côté, la cheffe caquiste a abordé le dossier de l'immigration temporaire. Mme Fréchette a dit vouloir réduire leur nombre au Québec entre 81 000 et 156 000.

Il y a actuellement 531 000 immigrants temporaires au Québec. La CAQ souhaite donc ramener ce chiffre dans une fourchette située entre 375 000 et 450 000.

Un nouveau gouvernement caquiste s'attaquerait d'abord au nombre de demandeurs d’asile pour le faire passer de 190 000 à 117 000. Le reste de la baisse proviendrait du bassin des travailleurs étrangers temporaires du Programme de mobilité internationale (PMI).

Dans les deux cas, la CAQ devrait s'entendre avec Ottawa de qui relève ces programmes.

Armes à feu

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a présenté des propositions en matière de «justice et sécurité publique».

Le PCQ veut notamment abolir les programmes qu’il juge inefficaces en matière de possession d'armes à feu, comme le Service en ligne d’immatriculation des armes à feu (SIAF).

Le parti refuserait aussi de participer au programme fédéral de rachat des armes à feu.

Les conservateurs s’engagent aussi à mettre en place un «registre public des prédateurs sexuels graves ou récidivistes et rendre public leur lieu de résidence».

La population, peut-on lire dans la plateforme, «est en droit de savoir si un prédateur se trouve dans son quartier».

Le PCQ a également l’intention d’adopter une loi qui imposerait le port du bracelet électronique aux accusés de violence conjugale en attente de procès et à ceux qui «sont libérés d'un pénitencier fédéral et qui représentent un niveau inacceptable de dangerosité pour leur victime».

Le vote par anticipation a pris fin lundi soir. Le taux de participation s'est élevé à près de 24 % au cours de cette période. Cela inclut le vote sur les campus, dans les résidences privées pour aînés et les CHSLD.

— Avec des informations de, Thomas Laberge, Stéphane Blais, Patrice Bergeron et Caroline Plante de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne