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Les bélugas de Marineland morts à Chicago souffraient d'une maladie chronique

Les bélugas de Marineland morts à Chicago souffraient d'une maladie chronique
Photo: La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Deux baleines de Marineland, décédées quelques semaines après avoir été transférées à Chicago, souffraient de maladies chroniques préexistantes, a révélé vendredi l'aquarium Shedd.

L'aquarium américain s'est toutefois abstenu d'affirmer que ces maladies étaient la cause du décès de Peekachu, une béluga femelle âgée de 23 ans, et de Rain, une béluga femelle âgée de 20 ans. Il n'y a aucun signe de maladie infectieuse, a ajouté l'aquarium.

Le Shedd, en collaboration avec quatre autres aquariums, a aidé Marineland à transférer l’ensemble de ses 30 bélugas et quatre dauphins hors du parc d’attractions fermé de Niagara Falls, en Ontario, au cours de six semaines cet été. Il s’agissait des derniers cétacés en captivité au Canada.

Marineland avait déclaré être à court d’argent et ne plus pouvoir subvenir aux besoins de ses baleines. Quatre bélugas et un dauphin sont morts depuis leur transfert.

Le Shedd a récemment procédé à des nécropsies sur Peekachu et Rain, ainsi que sur Beethoven, un béluga de 34 ans qui vivait à l’aquarium depuis des décennies et qui est mort de vieillesse le même jour que Rain.

Les nécropsies ont révélé que les cétacés de Marineland souffraient d’une «maladie inflammatoire chronique au niveau de leur système gastro-intestinal», a indiqué le Shedd dans un long communiqué.

«L’inflammation s’est avérée importante chez Peekachu et grave chez Rain», a-t-il précisé.

«L’importance de l’inflammation, les types de cellules immunitaires présentes ainsi que les altérations de la muqueuse, la paroi interne des intestins, et la structure des tissus affectés indiquent tous que la maladie était probablement présente depuis une longue période», peut-on lire dans le communiqué.

«Ces altérations se développent au fil du temps, potentiellement sur plusieurs mois, voire plusieurs années, ce qui indique que la maladie avait déjà commencé avant l’arrivée des baleines au Shedd et qu’elle avait compromis leur santé, les rendant plus vulnérables et sensibles.»

L’aquarium a également indiqué avoir trouvé «des plumes d’oiseaux, des brindilles et de grosses pierres poreuses» dans l’estomac de Peekachu, ainsi que «de petits fragments de matière pouvant être de la peinture» dans celui de Rain.

Le Shedd ne pense pas que ces corps étrangers aient contribué à leur mort.

Marineland a également reconnu que ce n’était pas la cause du décès.

«Les bélugas sont des animaux naturellement curieux qui explorent leur environnement et avalent parfois des objets, en captivité comme à l’état sauvage, tout comme le fait de temps à autre le chien de la famille», a expliqué Marineland dans un communiqué.

Conditions du décès

Des vétérinaires de Marineland, du Shedd, de SeaWorld et de l’Oceanografic de Valence, en Espagne, se sont rendus à Marineland pour de longues périodes afin d’examiner les baleines et les dauphins. Ces vétérinaires avaient donné leur feu vert pour le transfert des animaux, tout comme la ministre des Pêches, Joanne Thompson.

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Marineland a semblé contester certains passages du communiqué publié vendredi par le Shedd.

«Nos équipes vétérinaires et de soins aux animaux ont pris soin de Peekachu pendant 23 ans et de Rain pendant 20 ans, chaque jour de leur vie parmi nous, dans un vaste habitat en plein air aux côtés du groupe social qu’ils avaient toujours connu», a dit Marineland.

Le parc de Niagara Falls disposait de deux bassins pour ses 30 bélugas, chacun contenant près de 40 millions de litres d’eau. Le bassin des bélugas du Shedd, l’Abbott Oceanarium, contient près de 12 millions de litres d’eau.

«Il s’agit d’une situation de prise en charge complexe, a souligné Marineland. Les baleines n’ont été transférées qu’il y a quelques semaines à peine, après plus de 20 ans passés à Marineland.»

Certaines baleines de Marineland ont connu des difficultés au fil des ans. Dix-neuf bélugas et une orque sont morts au parc entre 2019 et 2025. Le parc n’avait pas perdu de baleine depuis plus d’un an avant ce transfert.

Un transfert complexe

Mme Thompson, la ministre des Pêches, a qualifié de «terriblement tristes» les décès survenus au Shedd.

«Les résultats de la nécropsie et des examens cliniques ont montré que les deux bélugas avaient dans l’estomac des corps étrangers, tels que de gros cailloux et probablement de la peinture, qui dataient d’avant leur arrivée au Shedd — cela révèle une négligence inacceptable envers leur santé et leur bien-être avant leur transfert», a affirmé le bureau de Mme Thompson.

«Il s’agissait d’une mission de sauvetage, visant à offrir aux bélugas restants les meilleures chances de mener une vie sûre et saine, sur la base d’évaluations sanitaires individuelles, tout en reconnaissant qu’elle comportait des risques inhérents.»

Marineland a indiqué prendre acte des préoccupations du ministère des Pêches, «et précise qu'il n'exerçait aucun contrôle, ni aucun rôle, aucune responsabilité ni aucune expertise en matière de soins aux animaux à Marineland».

«Nous nous concentrons à soutenir les soins prodigués aux animaux relogés et à améliorer leurs conditions de vie, tandis que l’enquête se poursuit», a-t-il ajouté.

Mme Thompson avait rejeté un accord précédent selon lequel Marineland devait vendre toutes ses baleines et tous ses dauphins à Chimelong Ocean Kingdom, un aquarium situé en Chine.

Elle a expliqué que cela n’était pas dans l’intérêt des baleines, car ce pays ne disposait d’aucune législation reflétant l’esprit d’une loi fédérale de 2019 interdisant la captivité des baleines et des dauphins.

Cette loi prévoyait une clause de droits acquis pour les animaux de Marineland, mais elle interdisait la reproduction et rendait illégaux les spectacles mettant en scène des mammifères marins.

Marineland s’est alors tourné vers des aquariums américains et espagnols pour obtenir de l’aide. Il n’existe aucune restriction concernant la reproduction ou les spectacles dans les nouveaux lieux d’accueil des baleines.

Liam Casey, La Presse Canadienne