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Nouvelles mesures imposées aux établissements

Registre de la clientèle: les tenanciers de bar n'en veulent pas

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9 juillet 2020
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Sylvio Morin
Par Sylvio Morin, Chef des nouvelles

Si les tenanciers de bar de la région sont prêts à mettre en application presque toutes les nouvelles mesures additionnelles annoncées par le ministre de la Santé pour que les consignes sanitaires soient respectées dans les bars, il y en a une qui ne passe pas du tout la rampe: celle de tenir un registre des coordonnées des clients.

« C'est hors de question », a dit catégoriquement Tim Poulin-Paquet du Jack Saloon de Saint-Georges lorsque joint par EnBeauce.com pour avoir ses commentaires sur l'annonce gouvernementale.

Il invoque entre autres la Charte des droits et libertés et la protection des renseignements personnels pour justifier son refus de se plier à cette mesure alors qu'il était sous l'impression que cette dernière était simplement « fortement recommandée » comme l'ont rapporté certains médias.

Or, dans le communiqué de presse officiel émis par le cabinet du ministre Dubé, il est écrit « qu'un registre permettant de consigner les coordonnées des clients, ou d'une personne désignée par un groupe de clients, devra aussi être instauré par les tenanciers de bars. Cette initiative vise à faciliter les enquêtes épidémiologiques en cas d'éclosion, le tout dans le respect des règles de protection de la vie privée. »

EnBeauce.com a logé en fin d'après-midi un appel auprès du cabinet du ministre Christian Dubé pour vérifier l'obligation de tenir le registre. La conseillère en communications, Mylène Dalaire, a admis que c'est « devrait » et non pas « devra » qui aurait dû apparaître dans le communiqué et qu'un correctif allait être apporté. « Il en demeure pas moins que nous recommandons fortement de tenir un tel registre », de souligner Mme Dalaire au journaliste d'EnBeauce.com.

Sur la question de ce fameux registre, même son de cloche de Kevin Grondin, du Shaker — un autre établissement de Saint-Georges, qui ne veut pas « jouer à la police » avec des renseignements personnels. « C'est beaucoup demander », a-t-il signifié.

Quant à Markis Fortin, du Bar L'Entracte à Beauceville, lui non plus ne veut pas commencer à s'immiscer dans la vie privée de sa clientèle. « C'est déjà assez difficile de respecter toutes les mesures. En plus, si on demande aux gens de s'identifier, on va perdre du monde », de faire remarquer M. Fortin.

Par contre, il va bien sûr respecter l'arrêt de la vente des boissons alcooliques à minuit au lieu de 3 heures du matin, avec une fermeture des établissements à 1 h, comme vient de l'imposer Québec. Ses collègues du milieu, Poulin-Paquet et Grondin feront de même. « J'espère que cela va amener les clients à sortir plus de bonne heure. Comme ça, mes employés vont pouvoir se coucher plus tôt », de dire Tim Poulin-Paquet sur un ton un peu blagueur.

Quant à la restriction de la capacité d'accueil à 50 % de celle inscrite sur le permis d'alcool, l'accueil des trois hommes demeure mitigé.

Markis Fortin de L'Entracte envisage d'arrêter de promouvoir son bar avec des groupes de musique. « Ça donne quoi de vouloir attirer du monde à venir chez-nous pour leur dire à la porte qu'ils ne peuvent finalement pas entrer? » se questionne-t-il.

Kevin Grondin du Shaker avait déjà établi sa capacité d'accueil en tenant compte de ce critère « bien que je préfèrerais que l'on puisse en accueillir davantage ».

« Payer 100% des frais d'opération avec 50% de capacité d'accueil, ça peut toujours se faire si le gouvernement continue à nous aider financièrement. Autrement, c'est limite », de conclure Tim Poulin-Paquet du Jack Saloon.

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