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13 juillet 2018 - 04:00 | Mis à jour : 9 octobre 2018 - 11:53

« Au coeur de notre rivière Chaudière », un projet collectif emballant

Alexandre Poulin

Par Alexandre Poulin, Journaliste

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Le projet « Au coeur de notre rivière Chaudière » est un projet collectif et citoyen, qui mêle l'histoire à l'environnement, le passé au présent. Il vise à présenter la rivière Chaudière sous un aspect positif et à insuffler aux Beaucerons un sentiment de fierté et de responsabilité à l'égard de celle que Honorius Provost nommait « Le grand chemin de la Beauce ».

Le projet « Au coeur de notre rivière Chaudière » comporte trois volets. Deux livrets historiques ont été produits, soit La rivière Chaudière, un chemin d'eau et Des Beaucerons racontent leur rivière Chaudière !. Le premier a été co-écrit par Roger Gagné (avec la collaboration de Linda Champagne et de Lise Larochelle), enseignant retraité d'histoire et de géographie, et répond à la question suivante : « En quoi la géographie de la rivière Chaudière a-t-elle tracé le cours de certains événements historiques de la Beauce, et même de la Nouvelle-France ? » M. Gagné remonte jusqu'au début du Régime français et raconte l'histoire de la rivière jusqu'au début des années 1900.

Sans amoindrir l'importance de ces deux volets, c'est indéniablement le documentaire Au fil de la rivière Chaudière qui est la pièce maîtresse du projet. Linda Champagne est l'instigatrice de cette aventure collective.

« Mon but, c'était de donner des informations accessibles à monsieur et à madame Tout-le-monde. Je ne suis pas historienne. On ne voulait pas en faire un document historique, on voulait faire connaître l'histoire et la géographie de la rivière Chaudière de manière accessible. On voulait en faire un document accessible de notre histoire beauceronne », affirme Linda Champagne, une infirmière clinicienne et une citoyenne engagée.

Elle voulait piquer la curiosité des gens et aussi qu'ils sachent qui a passé sur leur rivière avant les années 1900.

« En tant qu'infirmière, c'était ma façon de faire une approche positive de la rivière pour la santé environnementale. Si notre rivière, on la trouve belle, on va lui faire plus attention », a poursuivi Mme Champagne.

Le projet du documentaire Au fil de la rivière Chaudière représente deux ans de travail et a été finalisé en 2016. 25 personnes ont participé au projet, dont des citoyens extraordinaires des 12 municipalités riveraines de Saint-Lambert-de-Lauzon à Saint-Gédéon-de-Beauce ; six semaines de montage ont été nécessaires ; 56 heures de tournages ont été faites pour réaliser les différentes entrevues.

Le documentaire a été produit par NousTV (dont la valeur s'élève à plus de 40 000 $) et a été co-réalisé par Linda Champagne (SHS), MM. Simon Paquet et Jean Maheu (NousTV). Plusieurs personnes ont donné de leur temps. Par exemple, les heures que Mme Champagne a consacrées au projet se sont échelonnées sur deux ans, soit de septembre 2014 à septembre 2016.

Une rivière historique et importante sur le plan environnemental

Histoire

La rivière Chaudière a environ 13 000 ans. Elle a été témoin de l'importance historique et environnementale des Premiers Peuples bien avant l'installation des pionniers beaucerons au XVIIIe siècle. Elle a été formée lors du passage du glacier Inlandsis laurentidien lors de la dernière glaciation du Wisconsin.

À l'origine, le nom amérindien de la rivière Chaudière était Msakkikhan. Francisée en Méchatigan, elle s'est ensuite transformée en Sartigan. Sa signification équivaut à « rivière ombreuse et bruyante ». Dès le début, elle a été un moyen de transport pour les Autochtones qui étaient nomades, qui s'en servaient aussi pour la pêche.

Quelques dates importantes

Dès 1608, elle a été le chemin d'eau à emprunter pour traverser la chaîne de montagnes des Appalaches.

Vers 1640, les autorités françaises de Québec voulaient explorer la rivière. Ils ont créé des liens avec les autorités anglaises et les colons américains, ont établi des liens avec les Abénaquis qui empruntaient la rivière. Ceux-ci ont demandé aux autorités françaises qu'un père les accompagne au Maine. Ce sera le jésuite Gabriel Druillettes.

Lors de ses trois voyages, en 1646, 1650 et 1651, le père Druillettes, accompagné de guides abénaquis, a remonté la rivière jusqu'à sa source au lac Mégantic.

La rivière Chaudière a aussi été le témoin de plusieurs passages importants, dont deux en particulier. En 1775, la deuxième armée de Benedict Arnold et ses 1100 soldats sont partis du Massachussetts, ont remonté la rivière Kennebec, sont passés au lac Mégantic et ont emprunté la rivière pour aller à Québec afin de se débarrasser des Anglais. En 1911, le premier ministre canadien d'alors, Wilfrid Laurier, a prononcé un discours électoral sur les berges de la rivière, à Vallée-Jonction.

En 1990, Mme Hélène Taillon, archéologue, a fouillé les rives de la rivière, dont celles de Saint-Lambert-de-Lauzon. Des outils ont été trouvés, des pointes de flèches, des outils en lien avec la pêche et la chasse.

Environnement

Du nord au sud, la rivière Chaudière s'étend sur une distance de 185 km. En tout et pour tout, 403 cours d'eau s'y jettent. Sa source provient du lac Mégantic et son embouchure se situe dans la Marina de la Chaudière, à Lévis.

En 1994, des professionnels se sont consultés et ont formé un bassin à la rivière et ont fondé le Comité de Bassin de la rivière Chaudière (COBARIC). Son rôle en est un de concertation des usagers de la rivière. Il sert aussi à rendre responsables et redevables ceux qui utilisent la rivière.

Selon Russell Gilbert, dès sa fondation, le COBARIC avait quatre objectifs. 1) Assurer en quantité et en qualité suffisantes l'eau aux usagers; 2) assurer la protection des écosystèmes de la rivière; 3) assurer la sécurité des biens et des personnes sur le bord de la rivière, surtout ceux en zone inondable; 4) faire de la promotion du récréotourisme. Depuis 20 ans, les trois premiers objectifs ont été atteints, mais pas le quatrième. Alors, le projet « Au coeur de la rivière Chaudière », selon Russell Gilbert, tombe à point nommé pour atteindre le quatrième objectif.

Pour en savoir plus

Pour se procurer le documentaire ou les deux cahiers historiques, on peut passer dans les locaux de la Société historique Sartigan, lesquels sont situés au niveau 4 du Centre culturel Marie-Fitzbach à Saint-Georges, ou encore téléphoner à un responsable au 418 227-6176.

 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Article très bien fait . Pour avoir suivi ce projet depuis le tout début , vous en faites un excellent résumé , M. Poulin .
    Lily , Lévisienne d’origine Beauceronne .

    Lily Giguère - 2018-07-13 12:27