Monique Jérôme-Forget de passage en Beauce
La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget (à droite) et la députée de Beauce-Sud, Diane Leblanc
Rigueur et discipline. Deux mots clés souvent répétés par la présidente du Conseil du trésor et ministre de l’Administration gouvernementale, Monique Jérôme-Forget, quant à la façon dont le gouvernement doit travailler. En conférence au Georgesville le jeudi 19 octobre, dans le cadre d’un déjeuner spécial de la Chambre de commerce de Saint-Georges, Mme Jérôme-Forget a exposé le bilan de son gouvernement et sa vision du Québec. La conférence «Bâtir le Québec de demain, avec rigueur et leadership» a été l’occasion pour la présidente du Conseil du trésor d’aborder plusieurs questions, dont la modernisation de l’État, les partenariats publics privés (PPP) et l’équité salariale, tous des dossiers sous sa responsabilité.
Gestion des finances publiques
De par ses fonctions de «gardienne des coffres», elle affirme devoir posséder une «main de fer avec un cœur d’or». Mme Jérôme-Forget a expliqué qu’elle est souvent perçue comme une femme dure, mais que cela vient avec l’exercice de ses fonctions de gestionnaire des finances publiques. La députée de Beauce-Sud Diane Leblanc a mentionné sur ce point que les pressions sont souvent fortes et que les choix à faire sont difficiles. Elle avait alors peut-être en tête l’un des nombreux bras de fer que Mme Jérôme-Forget a eus avec les syndicats de la fonction publique.
Réingénierie de l’État
La présidente du Conseil du trésor a parlé de changement de culture au gouvernement. Elle a parlé de la réingénierie comme d’un passage obligé pour réduire la taille de l’État. Elle a apporté quelques chiffres pour appuyer ses propos. Le gouvernement est passé de 37 à 25 ministres et près de 3 700 fonctionnaires ont quitté leur poste, renflouant les coffres de 500 millions $ par année. Mme Jérôme-Forget affirme que le bilan est très positif pour le Québec, qui a amorcé différentes réformes afin de se dynamiser. «Il est important d’alléger le fardeau fiscal des Québécois», mentionne-t-elle. Il s’agit d’une priorité entre autres parce que les gens trop taxés ont moins d’énergie, produisent moins et que cela nuit finalement au développement économique, selon elle.
PPP
Monique Jérôme-Forget s’est dit déterminée à ce que cessent «les travaux qui commencent à un certain coût et qui finissent à un autre. Parfois à 25, 50, 100% de plus». Elle défend les partenariats publics privés (PPP) comme une solution à ce problème de dépassements de coûts et d’échéanciers. Une meilleure planification des travaux et la responsabilité des travaux qui repose sur les épaules de l’entreprise privée sont, selon elle, une façon d’éliminer le problème. Elle précise cependant que cela doit se faire uniquement dans certains secteurs, avec des projets au coût supérieur à 40 millions$. La démonstration d’une diminution des coûts doit être faite avant l’approbation d’un projet PPP. Mme Jérôme-Forget n’a toutefois pas convaincu tout le monde avec ses PPP. Les syndicats de la fonction publique et divers groupes sociaux se sont montrés contre la privatisation et les PPP lors de diverses manifestations au cours des dernières années.
Équité salariale
La présidente du Conseil du trésor a mentionné qu’elle était fière du dossier de l’équité salariale dans les secteurs public et parapublic. Elle n’est pas gênée de souligner l’entente historique qui a été signée entre son gouvernement et les centrales syndicales. Cette nouvelle mesure pour l’équité salariale touche environ 360 000 femmes dans la province et cela leur donnera une augmentation sur huit ans. Fière de cette approche, elle ajoute également qu’elle voudrait voir davantage de femmes en politique. Actuellement, 40% des députés à l’Assemblée nationale sont des femmes, selon la députée de Beauce-Sud, Diane Leblanc. C’est la première fois qu’autant de femmes siègent au pouvoir au Québec.
Avenir du Québec
Le développement économique est au cœur de sa vision pour le Québec, qu’elle voit comme une société ouverte, capable de relever les défis actuels et pouvant se comparer à ses voisins. La notion de legs d’un État prospère et d’un environnement en santé pour l’avenir fait également partie de son souhait pour le Québec de demain. Optimiste quant au futur, elle a toutefois avoué que les Québécois sont encore beaucoup trop dépendants de l’État.
La femme derrière la politicienne
Femme de carrière qui cumule les postes cadres dans son curriculum vitae, son expérience en politique et dans le milieu économique et social est de longue date. Femme forte qui sait faire «le travail habituellement fait par les hommes», Monique Jérôme-Forget vit très bien avec le fait que plusieurs la considèrent comme une femme dure. La mère de deux adolescents assume entièrement tous les aspects de ses fonctions et rappelle que c’est pour servir la population qu’elle est en politique.
Même si elle reconnaît avoir visité plusieurs cuisines pour se rendre à des conférences de presse, parce que les entrées des hôtels étaient parfois trop bondées de manifestants, elle a affirmé que le bilan de ses réalisations est positif ainsi que celui de son gouvernement.
Julie Beaudoin
EnBeauce.com
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Guerre commerciale : Ottawa dévoile ses contre-mesures tarifaires
Au lendemain de la visite de Mark Carney et Christine Fréchette à Lévis, où les deux dirigeants avaient affiché leur unité face à la crise commerciale avec Washington, le gouvernement fédéral a détaillé ce mardi 25 août l'ampleur de sa riposte. Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, accompagné des ministres Mélanie ...
LIRE LA SUITE
« Un Canada fort, un Québec fort » : Carney et Fréchette unis à Lévis
Face à l'escalade de la guerre commerciale avec les États-Unis, le premier ministre du Canada, Mark Carney, et la première ministre du Québec, Christine Fréchette, ont affiché un front commun ce lundi 24 août au Chantier Davie de Lévis. Une posture de solidarité qui a fini par teinter l'ensemble de leur passage dans la région, y compris ...
LIRE LA SUITE
Réactions à l'échec des négociations commerciales avec les États-Unis
Après que le premier ministre du Canada, Mark Carney, ait décidé de suspendre les négociations avec les États, aucun nouvel accord commercial n’a été conclu ce vendredi et de nouveaux droits de douane ont été imposés par le président américain, Donald Trump. « J’ai décidé ce soir de suspendre les négociations commerciales avec ...
LIRE LA SUITE