« L’Universalité du système de santé menacée par les libéraux »- Vanessa Roy
Vanessa Roy, candidate d’Option nationale (ON) dans Beauce-Sud
Vanessa Roy, candidate d’Option nationale (ON) dans Beauce-Sud, considère que le système à deux vitesses proposé par les libéraux affectera la santé et la productivité des Québécois.
À cet égard, Mme Roy amène deux solutions, soit de réformer le mode de rémunération des médecins et, suivant la logique de sa formation politique, de faire du Québec un pays.
Rappelons qu’en juin dernier, Gaétan Barrette a annoncé vouloir baliser les frais accessoires en santé, c’est-à-dire rendre légaux des frais illégaux selon la Loi canadienne sur la santé. Cette solution vise à encadrer une pratique médicale dans laquelle un montant normalement couvert par l’assurance-maladie en milieu hospitalier est chargé au patient. Selon ON, cette décision risque fortement d’aboutir à un Québec plus malade et moins productif tout en touchant les plus défavorisés.
De nombreuses associations et regroupements, incluant le Protecteur du citoyen, ont proposé de multiples alternatives afin d’éviter un système à deux vitesses. Or, le 7 octobre dernier, l’amendement au projet de loi 20 donnant le feu vert à cette pratique a été adopté.
Réformer le mode de rémunération des médecins
Vanessa Roy rappelle que le problème des frais accessoires découle directement du mode inadapté de rémunération des médecins. « Le salaire du médecin dépend de la quantité d’interventions qu’il réalise. Cela provoque une multiplication d’actes qui n’ont pas de “Plus- Value” en matière de prolongement de la vie ou d’amélioration de la qualité de vie des patients. Si ces interventions médicales qui font l’objet des frais accessoires ne sont pas jugées suffisamment importantes pour être financées publiquement, pourquoi alors refiler la facture aux patients », se questionne-t-elle.
Étudiante à la maîtrise en droit et politiques de la santé, Mme Roy rappelle qu’Option nationale souhaite réaffirmer le caractère public du système de santé en finançant publiquement ces frais accessoires à même la rémunération déjà offerte aux médecins. « Une réforme du mode de rémunération des médecins est incontournable », insiste-t-elle. « Cette réforme doit favoriser une approche interdisciplinaire et préventive en santé, contrer la surproduction de soins découlant du mode actuel de rémunération à l’acte et toucher la question de la pertinence de certains soins », précise-t-elle.
Ainsi, ON croit, comme l’ensemble de la communauté scientifique, qu’il faut renforcer la première ligne et agir en amont pour éviter que les patients aboutissent systématiquement à l’hôpital.
L’indépendance nationale
Option nationale soutien que le statut de province n’aide en rien le Québec à financer à long terme son système de santé.
« Selon une étude de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke, l'augmentation des transferts en santé par habitant vers le Québec a été de 70 % », explique Vanessa Roy. « C’est la moitié moins qu’en Alberta, où l’augmentation était de 136 % de 1994 à 2015. En réalité, c’est le Québec qui a reçu les plus faibles augmentations sur 20 ans, alors que sa population est parmi les plus vieillissantes au Canada », mentionne la candidate qui œuvre à titre de physiothérapeute dans le réseau de la santé.
Selon ON, cette situation est principalement attribuable à l'abandon d'un financement lié aux besoins pour aller vers un financement uniquement par habitant. « Alors que la population du Québec envoie toujours 40 M$ par année en impôts et taxes au Canada, ces manques à gagner continuent d’ajouter une pression sur les finances publiques et conduisent à des situations illogiques voir illégales, comme celles des frais accessoires », souligne Mme Roy. « En santé comme dans plusieurs autres sphères publiques, l’indépendance du Québec nous permettrait de mieux gérer une bonne partie du problème », conclut la candidate d’Option nationale dans Beauce-Sud.
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