Élections du 3 octobre 2022
François Legault ne croit pas que la publicité préélectorale puisse être réglementée
Le premier ministre François Legault ne voit pas comment le Directeur général des élections pourrait freiner les dépenses publicitaires en période préélectorale.
Dans une entrevue avec La Presse Canadienne la semaine dernière, le directeur, Pierre Reid, se disait d’avis qu’il faut resserrer la loi électorale pour mettre fin à ce qu’il a qualifié de «bar ouvert».
Difficile en effet d’échapper au barrage publicitaire qui a cours depuis quelques semaines déjà, sinon des mois dans certains cas. Ces dépenses publicitaires partisanes ne sont pas comptabilisées comme la loi l’impose une fois que les élections sont déclenchées.
Alors que M. Reid disait vouloir ainsi «donner une chance égale à tous», François Legault estime au contraire que c’est déjà le cas.
«C'était écrit dans le ciel à partir du moment où on met des élections à date fixe, tout le monde sait depuis longtemps qu'il y a une élection le 3 octobre. Ça fait que tous les partis politiques sont sur un pied d'égalité», a-t-il lancé jeudi, alors qu’il se trouvait à Sainte-Adèle dans les Laurentides pour présenter France-Élaine Duranceau, qui sera candidate caquiste dans la circonscription de Bertrand.
«Ça va bien notre affaire»
Pourtant, il a lui-même reconnu du même souffle que cette égalité n’est que théorique.
«Il y a beaucoup de monde qui ont souvent dit que les libéraux ont un trésor de guerre et ont toujours beaucoup plus d'argent que les autres. Bon, là c'est rendu que la CAQ, ça va bien notre affaire», a-t-il déclaré, précisant toutefois que son parti respectait «de façon religieuse» les règles voulant que les publicités partisanes soient payées à 100 % par le parti et non par des fonds publics.
Mais pour le premier ministre, il semble clair que de vouloir réglementer les dépenses publicitaires partisanes avant le déclenchement des élections est illusoire.
«Si, demain matin, on change la loi – d’habitude une campagne électorale dure cinq semaines – et qu’on dit qu'il ne faut pas qu'il y ait de publicité ou que les coûts soient (comptabilisés parmi les dépenses électorales) dans les dix semaines avant, je vous prédis qu'il y a du monde qui vont faire de la publicité 11 semaines avant.»
«Où trace-t-on la ligne?»
«C'est qu'à un moment donné, où trace-t-on la ligne?» s’est-il interrogé.
«Le Parti libéral a sorti son programme au printemps. On ne peut pas empêcher un parti politique de faire connaître ses idées et d'en faire la promotion», a conclu le premier ministre, visiblement à l’aise avec les façons de faire actuelles.
La décision de tenir des élections à date fixe visait surtout à empêcher le parti au pouvoir d’utiliser le pouvoir de déclencher des élections au moment de son choix comme une arme électorale. Certains gouvernements pouvaient ainsi étirer leurs mandats jusqu’à cinq ans ou déclencher prématurément pour prendre leurs adversaires de court.
Cette incertitude rendait difficile le lancement de campagnes publicitaires préélectorales. Un des effets de l’imposition d’une date fixe pour les élections est de permettre à tous les partis de décider de faire de la publicité bien avant le déclenchement, sachant quand le scrutin aura lieu, ce qui favorise évidemment les partis mieux nantis financièrement. Or, c’est justement pour éliminer cet avantage que les règles entourant les dépenses électorales ont été mises sur pied, mais elles ne s’appliquent qu’à partir du moment où l’élection est déclenchée.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Équilibre budgétaire: Québec devra fournir des efforts de 2 G$ l’an prochain
Le prochain gouvernement du Québec devra fournir des efforts budgétaires de 2 milliards $ dès l’an prochain pour maintenir le cap vers l’équilibre budgétaire. C’est l’une des conclusions de l’analyse du Vérificateur général du Québec portant sur le rapport préélectoral 2026, dévoilée lundi. Le gouvernement devra se serrer la ...
LIRE LA SUITE
Trump doit signer un décret imposant de nouveaux droits de douane de 50 % au Canada
Le président Donald Trump a signé lundi des décrets visant à imposer des droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens, ce qui aggrave les tensions commerciales avec le voisin du nord des États-Unis. «Le président Trump a pris des mesures décisives pour tenir le Canada responsable de ses mesures de rétorsion et de discrimination, ...
LIRE LA SUITE
Le déficit comptable du Québec s'est établi à 5,5 milliards $ au 31 mars
Le déficit comptable du gouvernement du Québec s'est établi à 5,5 milliards $ pour l'année financière qui s'est terminée le 31 mars, selon les états financiers consolidés rendus publics vendredi. Ce résultat est «nettement meilleur» que le déficit de 11,4 milliards $ prévu au budget 2025-2026, «dans un contexte marqué par les ...
LIRE LA SUITE