Pour aider les entrepreneurs
Tarifs douaniers : contrats, exportations et finances, des clés dévoilées à la conférence du CEB
De gauche à droite : Emmanuelle Lemaire, directrice développement services internationaux chez Desjardins, Marc-Alexandre Poirier, avocat associé chez Cain Lamarre et Nathalie Stoltz, conseillère en commerce international chez Développement PME Chaudière-Appalaches.
Face aux tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, qui fragilisent les entreprises exportatrice, une conférence organisée par le Conseil Économique de Beauce (CEB), ce jeudi 20 mars à l’hôtel Le Georgesville de Saint-Georges, a permis d’apporter des pistes de solutions aux entrepreneurs de la région.
Trois experts étaient invités pour outiller les entreprises face aux défis engendrés par les nouveaux tarifs douaniers : Nathalie Stoltz, conseillère en commerce international chez Développement PME Chaudière-Appalaches, Marc-Alexandre Poirier, avocat associé chez Cain Lamarre à Montréal, et Emmanuelle Lemaire, directrice développement services internationaux chez Desjardins.
Nathalie Stoltz a ouvert la conférence en insistant sur l’importance de bien comprendre les Incoterms, ces règles internationales qui régissent les transactions commerciales. « Il faut savoir à qui vous envoyez, comment vous lui envoyez et surtout si vous avez défini les bons termes contractuels avec votre client », a-t-elle expliqué.
Selon elle, les entreprises doivent se mettre à jour sur ces aspects pour éviter des erreurs coûteuses lors du passage des marchandises aux douanes américaines. Elle recommande également de travailler en étroite collaboration avec les courtiers en douane pour s’assurer que les documents d’exportation sont bien remplis et conformes aux nouvelles exigences.
Des contrats solides pour éviter les mauvaises surprises
Marc-Alexandre Poirier, quant à lui, a mis l’accent sur l’importance des contrats commerciaux bien rédigés pour protéger les entreprises québécoises. Il a présenté un cas hypothétique où une entreprise aurait signé un contrat d’exportation à prix fixe, sans inclure de clause permettant d’ajuster les prix en fonction des variations des tarifs douaniers. « Si votre contrat ne prévoit pas explicitement qui assume les coûts additionnels liés aux tarifs, vous pourriez être contraints de les absorber vous-même », a-t-il averti.
Par ailleurs, il recommande d’inclure une clause de force majeure permettant de suspendre un contrat en cas de changements imprévisibles, même si la reconnaissance de tels événements dans un contexte de guerre commerciale reste incertaine. « Les tarifs de 25 % compliquent la situation, mais ils n’empêchent pas totalement l’exécution d’un contrat. Ce n’est donc pas une raison suffisante pour y mettre fin », a précisé l’avocat.
Gérer le risque financier et explorer de nouveaux marchés
De son côté, Emmanuelle Lemaire a mis en lumière trois enjeux bancaires majeurs auxquels les exportateurs font face dans ce contexte instable : l’ouverture de comptes bancaires aux États-Unis, la gestion du risque de change et la diversification des marchés.
« De nombreux entrepreneurs doivent désormais assumer eux-mêmes les droits de douane et les payer via un compte bancaire américain », a-t-elle lancé. Elle précise que Desjardins offre un service d’ouverture de comptes aux États-Unis pour faciliter ces transactions, ce qui permet également aux entreprises québécoises d’être perçues comme mieux implantées sur le marché américain.
Concernant le risque de change, elle souligne qu’il existe plusieurs outils financiers pour protéger les entreprises contre la fluctuation des taux de change, notamment les contrats à terme. « Certains entrepreneurs ont encore l’impression qu’ils doivent subir les variations du taux de change, alors qu’il est possible d’adopter une stratégie proactive pour préserver sa marge de profit ».
Enfin, elle invite les entreprises à explorer d’autres marchés que les États-Unis pour réduire leur dépendance économique. Grâce aux bureaux de représentation de Desjardins à travers le monde, il est possible d’identifier des partenaires d’affaires en Europe ou en Asie pour diversifier ses marchés.
L’incertitude entourant la guerre commerciale Canada/États-Unis impose aux entreprises d’adopter une approche proactive et réfléchie.
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