Voitures électriques et stationnements incitatifs
Des mesures pour réduire les gaz à effet de serre émis par le secteur des transports
Martin Vaillancourt du CRECA et Neil Mathieu de l'AVEQ.
Des 136 municipalités du territoire de Chaudière-Appalaches, en excluant le Ville de Lévis, 70 d'entre elles comptent une borne publique de recharge pour les véhicules électriques. C'est donc la moitié des localités qui ne bénéficient pas de cette commodité, dont certaines assez populeuses.
La situation va changer au cours des prochains mois, a fait savoir Martin Vaillancourt, directeur général du Conseil régional de l’environnement de Chaudière-Appalaches (CRECA), dont l'organisme vient d'obtenir un octroi de 266 622$ pour l'installation de 51 bornes. Cet appui financier provient du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR).
En Beauce, il n'y a pas de borne publique à des endroits comme Saint-Benoît-Labre, Saint-Martin, Saint-Gédéon, Saint-Éphrem, Saint-Honoré-de-Shenley, Saint-Simon-les-Mines, Saint-Théophile, Lac-Poulin, Saint-René, Saint-Philibert, Saint-Jules ou encore Saint-Hilaire Dorset.
Pour les trois MRC beauceronnes, six installations sont prévues en Nouvelle-Beauce, cinq dans Beauce-Sartigan et quatre pour Robert-Cliche.
« Outre le critère de la population, on peut aussi tenir compte d'un élément comme l'aspect touristique ou de villégiature d'une localité pour justifier la mise en place de ce service », de signaler le directeur général du CRECA.
Le projet vise à assurer la sécurité des électromobilistes, développer une nouvelle offre touristique et réduire les gaz à effet de serre émis par le secteur du transport en incitant les citoyens de la Chaudière-Appalaches à prendre le virage vers les véhicules électriques.
D'ailleurs, le directeur régional Chaudière-Appalaches pour l’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ), Neil Mathieu, agit comme expert technique dans le déploiement de ces équipements. « Avec ces nouvelles bornes de recharge, les MRC de la région vont devenir plus attrayantes, autant pour les touristes que les travailleurs qui souhaitent s’installer chez nous », a-t-il dit.
Rupture de stock
Le nombre de voitures électriques (VÉ) sur les routes du Québec a bondi de 71% en un an, notamment en raison des subventions, mais aussi parce que l’autonomie de plusieurs modèles populaires se compare désormais à celle d’une voiture à essence.
Ainsi, le nombre de véhicules électriques immatriculés au Québec au 31 octobre 2019 était de 62 900, contre 36 700 à pareille date en 2018, selon une compilation de Circuit électrique.
La région n'échappe pas au phénomène, fait savoir Neil Mathieu, mais le principal obstacle à une plus grande croissance sont les délais de livraison de plusieurs mois chez la grande majorité des concessionnaires qui sont en rupture de stock. « Ça prend en moyenne trois mois et cela décourage certains acheteurs qui ne veulent pas attendre aussi longtemps », de dire le porte-parole de l'AVEQ.
Par contre, le maintien des subventions gouvernementales assure le soutien de la conversion de la voiture à essence pour un modèle électrique, de dire M. Mathieu. Il est aussi encouragé par le fait que les fabricants, dont Ford, vont annoncer dans les prochains mois la mise en marché de camionnettes « pick-up » entièrement électriques. « Ça va révolutionner le marché », a-t-il fait remarquer.
Parmi les autres actions en mobilité de transport, le CRECA est aussi à compléter la création sur le territoire de 25 stationnements incitatifs dans le cadre du programme Embarque. En Beauce, Saint-Victor, Saint-Benoit-Labre, Saint-Prosper et Saint-Lambert ont signé des ententes en ce sens.
Dans les faits, il s'agit de régulariser la situation de ces parkings « non-officiels », qui se sont développés au fil des ans, par des accords avec les propriétaires des lieux, en délimitant l'espace disponible et en installant un affichage d'utilisation. Le directeur Vaillancourt invite d'ailleurs les localités qui voudraient se joindre au programme de communiquer avec lui.
L'adhésion comprend aussi une plateforme Web (EmbarqueChaudièreAppalaches) qui est un agrégateur des services de transport collectif, de co-voiturage et des stationnements incitatifs du territoire, de signaler le représentant du CRECA.
Interlocuteur régional privilégié du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) pour la région de la Chaudière-Appalaches, le CRECA travaille depuis 1991 à l’implantation d’une vision régionale du développement durable et de l’environnement, en proposant des solutions concertées et des conseils avisés auprès de la population et des décideurs.
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