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Le lâcher-prise

durée 17h00
24 octobre 2021
duréeTemps de lecture 4 minutes
Par
Catherine Cliche

Le lâcher-prise

Le lâcher-prise…ces mots qui font à la fois grincer les dents pour certains et tellement de bien pour d’autres. Il faut d’abord savoir que nous ne pouvons pas lâcher prise sur tout. Comme on dit, il faut savoir choisir ses batailles.

Il y a différentes façons de décrire le lâcher-prise.  C’est principalement de renoncer à contrôler ce qui ne peut pas l’être. C’est parfois de mettre de côté nos attentes et nos désirs afin d’accepter les évènements qui se produisent. C’est de croire que le meilleur pourra arriver même si nous n’avons pas le contrôle sur tout. C’est de changer notre façon de voir les choses et vivre dans le moment présent. C’est aussi de respecter notre rôle de guide ou d’accompagnateur auprès des gens qui nous entourent en leur permettant de voir l’impact de leurs décisions et de leurs actions. Mais il faut surtout savoir que le lâcher-prise est un processus d’adaptation qui demande du temps et de l’indulgence envers soi-même.

Si vous êtes un membre de l’entourage d’une personne ayant un problème de santé mentale :
Vous arrive-t-il d’aller au-devant de lui (ou elle) pour tenter de l’aider, mais que cela ait l’effet contraire ou qu’il n’y ait aucune reconnaissance? Vous arrive-t-il d’être constamment en mode solution et qu’au final, elles ne servent pas ou ne sont pas prises en compte?   Si vous répondez oui à l’une ou l’autre des questions, ou même aux deux, il se peut que vous soyez épuisé et que la pratique du lâcher-prise soit une option pour vous.   

Mais qu’est-ce qui peut empêcher le lâcher-prise ?

Les peurs
Que ce soit la peur que votre proche se suicide, la peur qu’il souffre, la peur qu’il vive des malaises ou des préjudices judiciaires, la peur des impacts (à court ou à long terme) que ça aura sur sa vie, la peur qu’il s’endette, la peur qu’il doive dormir dans la rue… et tant d’autres. Vos peurs vous appartiennent et il peut être difficile pour vous de voir vos proches vivre des situations que VOUS redoutez. Le défi est de prendre conscience que ce sont vos peurs et non les siennes, que vos attentes et vos désirs peuvent être différents de ceux de votre proche.  Toutes les peurs sont des émotions, qui bien que normales, elles sont liées à l’insécurité.   Plus l’insécurité est grande, moins il est facile de lâcher prise.

Les conflits de valeurs
Ce sont vos valeurs et vos croyances qui vous guident, qui vous définissent et qui vous aident à prendre des décisions. Elles sont différentes pour chaque personne et nous devons tenter de nous respecter un et l’autre malgré nos divergences.  Sinon, c’est comme essayer de convaincre l’autre que les voitures noires sont plus belles que les voitures rouges. Vous n’êtes pas obligé d’être en accord, mais comme l’expression le dit, il y a plus d’un chemin qui mène à Rome, donc plus d’une façon de voir les choses.

Nos valeurs permettent de définir ce qui est bon de ce qui est mauvais. Certaines valeurs peuvent être d’ordre personnel, familial, social, et sont généralement classées, bien qu’inconsciemment, de manière hiérarchique et parfois celles-ci entrent en conflit. Les conflits peuvent se situer au niveau des valeurs reliées aux différents rôles de vie, mais il y a aussi des conflits de valeurs avec celles de votre entourage. L’objectif est de tenter de trouver un juste milieu, un équilibre qui respecte les deux façons de voir.

Exemples de conflits de valeurs :

  • Mon fils m’a fortement bousculé, encore une fois.  La violence est inacceptable pour moi. Mais d’un autre côté une ‘’bonne mère’’ ne peut pas porter plainte contre son enfant.
  • Il est important pour moi que ma maison soit propre et bien ranger.  Ma fille vit dans un désordre épouvantable.  Je ne l’ai pas élevé comme ça pourtant.  Et à chaque fois que je lui en parle, on se chicane puisqu’elle me dit qu’elle est très heureuse dans son bordel.

Le manque de ressources et d’informations

Lorsque vous avez un proche qui est atteint d’un problème de santé mentale, vous pouvez avoir de nombreux questionnements sur les causes, les symptômes et les traitements. Le manque de ressources et d’information, ou la difficulté à trouver une information juste, peut conduire à l’isolement et augmenter la vulnérabilité et le sentiment d’impuissance. Ainsi, la tentative de reprendre du contrôle sur la situation peut être épuisante lorsque cela n’a pas les résultats escomptés.

Bref, tous ces freins engendrent des conséquences qui peuvent parfois nous mener vers la résignation. Nous pourrions discuter longtemps sur ce sujet qu’est le lâcher-prise. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce n’est pas une tâche facile et elle demande beaucoup de temps et d’énergie. Vous devez y aller un pas à la fois, même si les pas sont très petits, ils sont tout aussi importants.


L’équipe de Le Sillon
 

1-Inspiré de Murphy W.D. (1990)

 

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REGROUPEMENT DES PARENTS ET AMIS DE LA PERSONNE
ATTEINTE D'UNE MALADIE MENTALE. TERRITOIRE BEAUCE ETCHEMINS.

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