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Accusé de réécrire l'histoire de la Conquête, Carney défendu par des libéraux

durée 17h09
24 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Des libéraux défendent – mais pas sur le fond – les propos du premier ministre Mark Carney à qui le gouvernement du Québec reproche de réécrire l'histoire et d'être malhonnête dans sa façon d'avoir présenté la Conquête anglaise dans un discours prononcé cette semaine sur les Plaines d'Abraham.

M. Carney fait l'objet de reproches pour avoir déclaré jeudi que les Plaines d'Abraham symbolisaient «le lieu où le Canada a commencé à faire le choix historique de privilégier (...) le partenariat plutôt que la domination».

Or, l'endroit n'a rien à voir avec un dialogue interculturel. Il est plutôt le théâtre de la défaite française face aux troupes anglaises, celui d'un changement de régime par la force, et du début d'une tentative d'assimilation linguistique.

Questionné à savoir si le chef libéral devrait présenter des excuses aux Québécois comme le réclame désormais le Bloc, le lieutenant de M. Carney pour le Québec, Joël Lightbound, a rétorqué à des journalistes parlementaires que «différentes perspectives» de l'histoire s'affrontaient.

«Ce sur quoi il a mis l'emphase et ce que je retiens du discours de M. Carney, c'est que l'union fait la force particulièrement quand on voit l'instabilité à l'international, de s'unir au pays», a-t-il poursuivi dans les couloirs du Parlement.

Son collègue ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a renchéri que le premier ministre avait toujours été «de bonne foi» dans ses propos.

«Le message en était fondamentalement un d'unité nationale. Je pense qu'il faut s'en tenir à ça, a-t-il dit. Je pense qu'on manque un peu le bateau si on continue avec ce "chamaillement".»

Le député de Québec-Centre, Jean-Yves Duclos, qui était aux côtés de M. Carney lors du discours, a écrit sur les réseaux sociaux que le premier ministre a parlé de l'histoire du Québec avec «sincérité» et «respect».

Le député et ancien ministre Steven Guilbeault a quant à lui refusé de dire s'il partage le point de vue du gouvernement du Québec, se contentant d'insister que les États-Unis constituaient actuellement la menace la plus importante.

Ça vous rend mal à l'aise ? s'est-il fait demander. Réponse: «je n'ai vraiment pas de commentaire à faire là-dessus».

À Saint-Hyacinthe, où se déroule le congrès du Parti québécois, le chef bloquiste Yves-François Blanchet continuait samedi d'être outré par les propos du premier ministre, disant constater que celui-ci «ignore tout du Québec et de son histoire». Selon lui, M. Carney doit des «excuses sincères» à tous les «francophones du Québec et du Canada».

Le ministre québécois de la langue française, Jean-François Roberge, n'y était pas allé de main morte dans ses accusations de réécriture historique.

«Il y a deux jours, Mark Carney (...) nous invitait à cesser de "vivre dans le mensonge" et rappelait que "la puissance des moins puissants commence par l'honnêteté". Je lui suggère de retourner lire son discours de la veille.»

Michel Saba, La Presse Canadienne

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