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Avions de chasse: Joly reste vague lorsque questionnée sur l'impatience américaine

durée 13h07
26 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — La ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, maintient que les retombées industrielles qui viendraient avec l'achat éventuel des F-35 de Lockheed Martin sont insuffisantes aux yeux du gouvernement canadien, mais soutient que des discussions avec l'entreprise américaine gagnent en productivité.

Elle a formulé ces commentaires alors qu'elle était appelée à répondre, mardi, au cours d'une mêlée de presse, à l'impatience que l'administration Trump a exprimée la semaine dernière par la bouche de représentants du Pentagone.

Le Canada révise son engagement d'acheter 88 avions de chasse à Lockheed Martin depuis plus d'un an, processus qualifié de dilatoire par ces représentants qui se sont entretenus avec un groupe de journalistes principalement canadiens sous le couvert de l'anonymat.

«On veut plus de bénéfices industriels. Les conversations qu'on a sont de plus en plus productives, bonne nouvelle», a répondu Mme Joly en se rendant à la réunion du conseil des ministres de mardi, sur la colline parlementaire.

Elle a eu, du même souffle, de bons mots pour la proposition du groupe suédois Saab. La société a proposé la création d’un centre de production au Canada en échange de l'achat d'avions Gripen.

«On pense que le Gripen est un projet qui a beaucoup de retombées industrielles», a dit la ministre au sujet des considérations du gouvernement canadien, lesquelles incluent une flotte qui serait mixte.

Elle a noté que les conversations, tant avec Saab que Lockheed Martin, pourront se poursuivre au cours des prochains jours à l'occasion de la conférence CANSEC en matière de défense.

Les deux entreprises concurrentes étaient les finalistes du concours canadien pour le futur avion de chasse destiné à remplacer les CF-18 vieillissants. Le contrat a été attribué en 2023 à la société aérospatiale américaine.

Sur la promesse d'achat de 88 F-35, Ottawa a déjà investi des milliards dans le premier versement de la commande de 16 appareils.

Or, la révision du contrat lancée en mars 2025 a ouvert la porte à un approvisionnement mixte.

En novembre dernier, la ministre Joly déplorait déjà des retombées industrielles qualifiées d'insuffisantes concernant les F-35.

Lockheed Martin avait rétorqué qu’il générait des retombées économiques et industrielles au Canada et averti que ces dernières diminueraient si le Canada réduisait la taille de sa commande.

Dans un communiqué de presse, l’entreprise avait déclaré qu’elle s’attendait à ce que le projet du Canada d’acquérir 88 avions F-35 génère une valeur industrielle de plus de 15,5 milliards $ sur une période de cinq décennies, de 2007 à 2058.

Ces chiffres «pourraient augmenter à mesure que le Canada précisera ses besoins en matière de soutien souverain», avait soutenu Chauncey McIntosh, vice-président et directeur général du programme F-35 chez Lockheed Martin.

Selon l’entreprise, environ 30 fournisseurs canadiens actifs participent au programme F-35.

- Avec des informations de Kelly Geraldine Malone, à Washington, et de Kyle Duggan, à Ottawa

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne

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