Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Bernard Drainville, pas féministe mais partisan de l'égalité homme-femme

durée 08h08
7 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Bien qu’il ne souhaite pas être identifié comme «féministe», l’aspirant chef caquiste Bernard Drainville assure être un «chaud partisan de l'égalité entre les hommes et les femmes». Il fait le pari que ses propositions sur l’accès à la propriété et la fécondation in vitro pourront amener des femmes dans le giron de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Bernard Drainville s’engage d’ailleurs à atteindre la zone paritaire en termes de candidatures lors des prochaines élections d’octobre 2026 s’il est élu chef de son parti.

«Mais pas juste la zone paritaire. J'ai pris un engagement qu'on allait avoir aussi des jeunes de moins de 30 ans comme candidats. Alors ça pourrait être des jeunes hommes, mais ça pourrait être des jeunes femmes également», a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne.

On sait que les femmes peuvent être plus réticentes à se lancer en politique. Comment l’aspirant chef veut-il les convaincre de se lancer avec la CAQ? Il croit que des propositions qu’il a mises de l’avant durant la course vont y contribuer.

Bernard Drainville cite en exemples sa volonté d’aider les premiers acheteurs d’une propriété neuve et de financer jusqu’à trois cycles de fécondation in vitro.

«C'est le genre de propositions qui pourraient attirer des jeunes femmes parce que ça va permettre aux couples, aux premiers acheteurs de se doter d’une propriété (...) et ça pourrait permettre à des jeunes couples de vivre leur rêve de devenir parent», a-t-il expliqué.

Malmenée dans les intentions de vote, la CAQ aura fort à faire pour reconquérir l’électorat québécois. Le dernier sondage Léger publié cette semaine indique que le parti ne récoltait que 11 % des appuis chez les femmes.

Il y a eu sept féminicides sur le territoire du Québec depuis le début de l’année 2026. Tout comme son adversaire dans la course, Christine Fréchette, Bernard Drainville se dit favorable à la «loi de Clare» qui va permettre aux femmes de connaître le passé de violence conjugale de leur partenaire.

Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, s’est engagé à mettre en place cette mesure.

«Le gouvernement de la CAQ en a fait un bout, notamment avec l'implantation des bracelets anti-rapprochement. Donc il faut aussi mettre de l'avant ce type de mesures qui vont protéger les femmes contre les violences sexuelles et conjugales et donc ça pourrait aussi être un argument à faire valoir à une éventuelle candidate», a soutenu Bernard Drainville.

Face à la montée du discours masculiniste chez les jeunes, Bernard Drainville rappelle qu'avec le projet de loi 94, il a fait inscrire dans le code de vie des élèves «l’obligation d'avoir des comportements qui respectent l'égalité entre les hommes et les femmes».

«Ça me préoccupe énormément», ajoute-t-il.

Mais pas question pour l’aspirant chef caquiste de se dire féministe. «J'ai pas le goût de devenir prisonnier de quelque définition que ce soit», argue-t-il.

«J'ai été exposé à la bataille pour l'égalité sous de multiples facettes et donc je suis un fervent partisan de cette lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes», ajoute Bernard Drainville.

Il affirme également s’être battu pour cette égalité «notamment dans le dossier de la laïcité».

Est-ce que l’Assemblée nationale est un milieu sexiste comme des observateurs l’ont affirmé? Bernard Drainville répond à cette question par la négative, mais affirme qu’il a pu y avoir des «manquements» dans le passé.

«Je n'ai pas été témoin de comportements sexistes ou misogynes de la part de mes collègues, peu importe le parti. Et je pense que s'il y en avait eu, ils auraient été dénoncés rapidement. Je pense que l'homme qui se serait montré irrespectueux envers une femme députée, se serait fait remettre à sa place très rapidement par les autres hommes, sinon par les autres femmes», a-t-il soutenu.

***

La Presse Canadienne a parlé avec les deux aspirants successeurs de François Legault dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, afin de savoir comment ils se positionnent sur les questions de conditions féminines. L’entrevue avec Christine Fréchette fait l’objet d’un autre texte.

Thomas Laberge, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge