Carburant: les malheurs des automobilistes seraient de courte durée, prévoit Québec

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Québec fait le pari que la flambée des prix du carburant sera de courte durée, selon les prévisions économiques de son budget 2026-2027.
Le ministère des Finances table sur l’hypothèse que le conflit en Iran, qui a entraîné une hausse rapide du prix du pétrole, durera «environ six semaines».
«Ainsi, l’effet à la hausse sur les prix du pétrole devrait être concentré en grande partie en mars et en avril», peut-on lire dans le document dévoilé mercredi.
Le ministère prévoit que l’impact moyen sur le prix du baril de pétrole sera équivalent à 4 $ US, ou une hausse de 7 %, pour l’ensemble de l’année 2026.
Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran sont survenues seulement quelques jours avant la fin de l’exercice budgétaire. Le ministre des Finances, Eric Girard, reconnaît que cette prévision est entourée d’incertitude.
«Aucun analyste ne peut dire l’étendue et la durée de ce conflit, répond le ministre en conférence de presse. (…) Nous, on doit faire des hypothèses économiques.»
Si la flambée des prix du pétrole devait se poursuivre d’une manière prolongée, l’économie mondiale tomberait vraisemblablement en récession, précise le ministre. Dans ce cas, le scénario pessimiste prévu au budget pourrait se concrétiser.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, estime qu’il y a «fort à parier» que le conflit s’étirera plus longtemps, ce qui met en doute le scénario ministériel.
Le porte-parole du Parti québécois (PQ) pour les dossiers du Conseil du Trésor, Pascal Paradis, estime que la prévision «apparaît un peu optimiste».
Pour sa part, l’économiste en chef du Mouvement Desjardins, Jimmy Jean, se montre plus indulgent, soulignant que les fonctionnaires doivent faire une prévision avec «peu de visibilité».
Pour sa part, le Mouvement Desjardins prévoit que l’effet du conflit sur les prix à la pompe sera probablement plus long, environ un trimestre.
L’écart pourrait toutefois ne pas être si significatif pour les prévisions du gouvernement, selon M. Jean. L’économie québécoise dépend moins du prix du carburant que lors des précédents chocs pétroliers dans les années 1970 et les ménages ont plus de marge de manœuvre qu’à l’époque, explique-t-il.
Le ministère des Finances prévoit que l’économie québécoise enregistrera une croissance de 1,1 % en 2026.
Cette hypothèse se situe dans la fourchette des prévisions raisonnables, croit M. Jean. Les économistes du secteur privé anticipent, en moyenne, une croissance de 1 % du produit intérieur brut (PIB) réel.
La renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) demeure «extrêmement important» pour l’économie du Québec, souligne le ministre des Finances en conférence de presse.
Le scénario de base du budget prévoit que la situation entourant les droits de douane «restera relativement stable au cours des prochaines années».
La situation pourrait aussi s’améliorer, si les négociations avec le Canada et les États-Unis connaissent une issue favorable, croit M. Girard. «Il est possible que les conditions soient meilleures, soutient-il. S’il y a une surprise, on pourrait avoir une surprise positive.»
Stéphane Rolland, La Presse Canadienne