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Carney énumère les raisons pour lesquelles le Canada a mis fin aux négos commerciales

Carney énumère les raisons pour lesquelles le Canada a mis fin aux négos commerciales
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le Canada s'apprête à imposer aux États-Unis des droits de douane équivalents à ceux imposés par ces derniers, en réponse aux nouveaux droits de douane de 50 % sur 28 milliards $ de produits canadiens, qui sont entrés en vigueur samedi matin.

Le premier ministre Mark Carney s’était montré discret en public durant les derniers jours des négociations, mais il a désormais expliqué les raisons qui l’ont poussé à demander à l’équipe de négociation canadienne, dirigée par le ministre responsable du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef, Janice Charette, de quitter la table des négociations.

Autres accords commerciaux

Mark Carney a notamment reproché aux États-Unis d'avoir tenté, à la dernière minute, de restreindre les capacités canadiennes à conclure d'autres accords commerciaux. «Nous sommes, à bien des égards, le partenaire de choix pour de nombreux pays à travers le monde, et les Américains voulaient limiter cela. Ils avaient prévu des dispositions visant à restreindre cela, ce qui est inacceptable», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse sur la Colline du Parlement.

M. Carney a précisé que des négociations avaient porté sur l’harmonisation des règles commerciales et des droits de douane concernant notamment l’acier et l’aluminium, ce qui, selon lui, fait partie intégrante des négociations dans le cadre d’une chaîne d’approvisionnement intégrée.

Cependant, il a précisé qu'en présentant des dispositions visant à empêcher le Canada de conclure d’autres accords commerciaux, les États-Unis ont rendu la situation inacceptable.

«C’est un jeu de pouvoir et cela devient une question de souveraineté», a-t-il lancé.

Camions

Les États-Unis appliquent un droit de douane de 25% sur les véhicules fabriqués au Canada et sur les pièces automobiles non conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEM).

M. Carney a expliqué que les États-Unis avaient proposé une réduction des droits de douane sectoriels en échange d’autres concessions, mais que certains véhicules auraient été exclus de ces réductions.

«Au chapitre des droits de douane et du traitement réservé au contenu canadien – c’est-à-dire les pièces canadiennes, l’acier canadien et le contenu canadien dans les véhicules – ainsi que du champ d’application des droits de douane, les Américains voulaient le limiter aux voitures particulières uniquement, sans inclure les véhicules utilitaires moyens et lourds, ni les camionnettes pour être plus précis, ni les poids lourds, ce qui représente un changement majeur», a déclaré M. Carney.

Il a donné l'exemple de la nouvelle usine de Ford, par exemple, à Oakville, qui produit les F-350, 450 et 550. Ces véhicules auraient été exclus de l'entente. Il en aurait été de même pour GM et le Silverado, qui auraient également été exclus. «Aucune justification n’était avancée, il s’agissait simplement d’une exclusion. On se serait donc concrètement orienté vers une série de conditions qui auraient rendu la production de moins en moins rentable au fil du temps», a mentionné le premier ministre.

Les camions Ford de la série F ont été les véhicules les plus vendus aux États-Unis l’année dernière, suivis par le Chevrolet Silverado.

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Langue et culture françaises

M. Carney a donné plus de détails sur les questions soulevées par la partie américaine concernant les secteurs culturels, qui sont soudainement devenues un point d’achoppement et constituent un troisième exemple expliquant pourquoi les négociations ont échoué à la dernière minute.

«Les subventions, le soutien à notre culture et à la langue française. Et même les informations figurant sur les produits canadiens. Il existe de nombreux exemples qui ne sont en aucun cas acceptables. Les Américains essaient, essaient et essaient encore, et nous disons non. C’est simple. Ce n’est jamais une option pour le Canada ni pour mon gouvernement», a déclaré M. Carney.

M. Carney a souligné que cette concession était perçue comme une atteinte à la souveraineté canadienne et qu’elle expliquait en partie pourquoi le Canada n’avait pas accepté un accord imparfait.

Minéraux stratégiques

Des informations laissaient entendre que les États-Unis cherchaient à obtenir un droit de préemption sur les exportations de minéraux critiques du Canada dans le cadre des négociations.

M. Carney a déclaré que le Canada «n'accorderait jamais un accès exclusif» aux minéraux stratégiques, mais il a ajouté que le pays était ouvert à la collaboration avec des partenaires commerciaux partageant les mêmes valeurs, soulignant que le pays avait signé des accords d'une valeur de 50 milliards $ au cours des 12 derniers mois.

«Or, alors que les États-Unis imposent des droits de douane de 50% sur une grande partie de nos activités, tentent d’influencer notre soutien à la culture et nos mesures de protection linguistique, et refusent d’accepter des conditions économiques raisonnables pour notre industrie automobile, qui est au cœur de notre économie, nous constatons une forte demande en minéraux critiques», a déclaré M. Carney.

Selon lui, les possibilités de coopération avec les États-Unis étaient réduites. «C'est une occasion manquée, conséquence de ce qui s'est passé, mais nous n'en sommes pas à l'origine.»

Imputable aux États-Unis.

Ces derniers jours, les équipes de négociation canadiennes et américaines se sont succédé à Washington, et les deux parties ont laissé entendre qu’un accord était proche, mais qu’il restait encore du travail à accomplir.

M. Carney a déclaré qu’il ne pensait pas que le Canada ait pris de mesures de dernière minute, autres que le fait de se retirer des négociations, qui auraient pu provoquer la rupture des pourparlers.

«Non. La réponse est simple. De notre point de vue, nous avons clarifié notre proposition et avons été constamment déçus par les réponses», a déclaré M. Carney.

David Baxter, La Presse Canadienne