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Christine Black qualifie la destruction d'un campement de sans-abri de «malentendu»

durée 17h36
28 novembre 2025
La Presse Canadienne, 2025
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2025

MONTRÉAL — La mairesse de l'arrondissement de Montréal-Nord a annoncé avoir ordonné une enquête après la destruction d'un campement de sans-abri par des employés municipaux en début de semaine.

Christine Black explique que des employés avaient été envoyés sur place, dans Montréal-Nord, pour déblayer les déchets accumulés, mais qu'à la suite d'un malentendu, ils ont détruit accidentellement les biens des personnes qui y vivaient. Dans une récente déclaration, elle a qualifié la situation de «très triste».

«J'ai demandé à l'arrondissement d'enquêter, a-t-elle dit. Nous avons besoin de plus de détails pour bien comprendre ce qui s'est passé.»

René Obregon-Ida, directeur général d'un organisme communautaire montréalais venant en aide aux personnes vulnérables, a affirmé que l'incident avait été traumatisant pour les quatre personnes qui vivaient sur le site et qui ont pratiquement tout perdu.

«C'est comme lorsqu'une maison brûle: le traumatisme est le même, a-t-il constaté. Et c'est d'autant plus vrai que, lorsqu'il s'agit d'un incendie, c'est un accident. Les accidents arrivent. Mais quand des gens viennent et détruisent votre maison, le traumatisme est encore plus grave.»

M. Obregon-Ida a expliqué que le campement de sans-abri, situé sur un terrain vague utilisé par la municipalité pour entreposer du matériel lourd, était là depuis des années. La ville avait toléré cela parce que les gens qui y habitaient n’avaient pas d’autre option.

Dans sa déclaration, Mme Black a relaté que des discussions avaient récemment eu lieu avec les occupants et des associations locales concernant le nettoyage des déchets accumulés sur le site, «car la situation devenait dangereuse pour les sans-abri et les employés».

M. Obregon-Ida a assuré être au courant des discussions concernant une opération de nettoyage, mais qu'aucun accord n'avait été conclu et qu'aucune date n'avait été établie. Puis, lundi après-midi, a-t-il raconté, une équipe d'employés municipaux est arrivée sur les lieux avec de la machinerie lourde, alors que les occupants étaient ailleurs.

Les employés ont commencé à tout ramasser. Ils se sont arrêtés lorsqu'un des occupants est revenu et les a interpellés, a précisé M. Obregon-Ida, «mais le mal était déjà fait». Les travailleurs ont fini par partir, laissant tous les biens des occupants dans la boue.

Les quatre personnes ont perdu leurs tentes, des meubles, des vêtements chauds et de la nourriture, a déclaré M. Obregon-Ida. «Ils n'avaient presque rien, et maintenant, ils n'ont plus rien, a-t-il déploré. Je suis en colère. Je n'arrive pas à comprendre.»

Dans sa déclaration, Mme Black a souligné sa volonté de collaborer avec l’organisation de M. Obregon-Ida pour s’assurer que les biens perdus des occupants sont remplacés. Ce dernier a précisé qu'une rencontre est prévue mardi.

Entre-temps, a-t-il ajouté, les occupants du campement détruit sont hébergés dans un motel de Montréal-Nord, et son groupe veille à ce qu'ils soient nourris. «Une fois qu'ils se seront calmés, nous commencerons à élaborer un plan», a-t-il déclaré, ajoutant que l'arrondissement et le syndicat des employés des travaux publics de Montréal se sont engagés à payer leur séjour au motel.

Jeudi, le syndicat a expliqué que les employés municipaux n'ont «aucun pouvoir décisionnel dans ce type d'intervention et… agissent toujours selon les instructions de leurs supérieurs». Le syndicat a exigé l’établissement d’une politique globale pour encadrer l’aide apportée aux sans-abri de la ville. «Ce qui s'est passé à Montréal-Nord ne reflète pas les valeurs» des employés municipaux, a attesté le syndicat.

La nouvelle mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a promis de mettre fin aux campements de sans-abri d'ici quatre ans, mais a précisé qu'elle autoriserait les personnes à rester dans ces campements le temps de les reloger.

Mme Black, membre du parti de Martinez Ferrada, a signalé que l'administration municipale travaille à l'élaboration d'un protocole pour superviser les interventions dans les campements de sans-abri.

Depuis la première publication de l'article de La Presse jeudi, M. Obregon-Ida a relevé que de nombreuses personnes l'ont contacté pour savoir comment elles pouvaient aider. «Il y a une solidarité avec ces personnes, a-t-il observé. Et c'est très important.»

Maura Forrest, La Presse Canadienne

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