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Démystifier l’intelligence artificielle auprès des jeunes une capsule à la fois

durée 11h39
22 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

L’IA fait partie intégrante de l’alphabet de la génération Alpha, qui grandit au rythme des progrès technologiques.

Même si les jeunes d’aujourd’hui baignent dans cet univers au quotidien, ils n’en connaissent pas nécessairement toutes les subtilités.

«En termes d'utilisation et des métiers en intelligence artificielle et en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, ce ne sont pas des choses sur lesquelles ils savent à 100 % comment l'appliquer et l’utiliser de façon responsable et sécuritaire», souligne Ravy Por, fondatrice de «Héros de chez nous», un organisme québécois qui s’est donné la mission de démocratiser l’éducation et la littératie en intelligence artificielle auprès des jeunes par des tournées scolaires, des ateliers, des conférences et des productions numériques.

Sa plus récente initiative est la création de la série web «Gen.iA», qui a été lancée cette semaine sur la plateforme web éducative Télé-Québec en classe (enclasse.telequebec.tv).

À travers huit épisodes d’une dizaine de minutes chacun, les animateurs Pascale De Blois et Mounir Kaddouri (connu sous le pseudonyme de «Maire de Laval» sur les réseaux sociaux), démystifient l’IA et font découvrir les professions de l’avenir en sciences, en technologies, en ingénierie et en mathématiques (STIM) qui émergent de cette évolution technologique.

Ces avancées sont abordées dans ces capsules ludiques et instructives par des thématiques s’inspirant des grands besoins humains de la célèbre pyramide de Maslow: se nourrir, se loger, se déplacer, se sentir en sécurité, créer, se dépasser, se soigner et se démarquer.

«La pyramide de Maslow englobe vraiment tout. On veut que les jeunes se reconnaissent. Le but est de leur partager de l’information et de les faire réfléchir face à ces sujets-là», explique Mme Por, l’instigatrice du projet «Gen.iA», en entrevue dans les bureaux de Télé-Québec, à Montréal.

Chaque capsule braque les projecteurs sur des entreprises, des spécialistes et des chercheurs québécois qui apportent un éclairage scientifique sur les innovations qui transforment le quotidien de toutes les tranches d’âge. Le tout dans une formule accessible et divertissante.

«Il y a des personnes extraordinaires qui travaillent en IA au Québec, alors il faut s’en inspirer. Ça fait voir aux jeunes que c’est un métier qui peut être également pour eux. Ils ne développeront pas nécessairement des algorithmes en intelligence artificielle, mais ils peuvent devenir des utilisateurs avertis», indique Mme Por, détentrice d’un baccalauréat en mathématiques à l’Université de Montréal et d’une maîtrise en génie industriel, option gestion de la technologie et de l’innovation, à Polytechnique Montréal.

Lorsqu’elle a fondé «Héros de chez nous» en 2018, l’IA générative était encore méconnue, se souvient-elle. «Les gens ne comprenaient pas ce que ça voulait dire et ce que ça mangeait en hiver, mais maintenant, depuis le phénomène de ChatGPT et de Gemini, tout le monde l'utilise.»

Lorsqu’elle va dans les classes, elle s’assure de montrer aux élèves autant les aspects positifs que négatifs.

«Lorsqu’on va à la rencontre des jeunes, on ne fait pas juste parler, c’est vraiment un dialogue, c’est une conversation. On leur fait aussi voir le revers de la médaille. Je trouve ça extrêmement important d’aborder ça.»

Les jeunes présents dans les vidéos de «Gen.iA» offrent eux aussi leur point de vue. «Un élément intéressant, c'est qu’on amène les jeunes à échanger avec nos animateurs pour voir quelle est leur perception.»

Les femmes sous-représentées

Pour Mme Por, il était également «super important de représenter la diversité sous toutes ces formes» dans les épisodes.

«On s’est assuré que 50 % des personnes qui viennent parler de ces technologies sont des femmes, qu’il y a des personnes issues de la diversité et que les jeunes qu'on amène dans la conversation sont représentatifs aussi du Québec d’aujourd’hui», affirme cette référence en IA née au Québec de parents ayant fui le génocide cambodgien.

Elle serait ravie que son parcours incite d’autres femmes à se lancer dans une carrière scientifique, mais elle ne se considère pas comme un modèle pour autant.

«C’est un grand mot. Moi, je ne me vois pas de cette manière-là, mais si ça peut inspirer d’autres personnes, ça va me faire plaisir», dit Mme Por avec humilité.

Elle rappelle d’ailleurs que les femmes sont sous-représentées dans le domaine des STIM, particulièrement dans son champ d’expertise.

«On a besoin d’autres perspectives. On n’est pas assez, le pourcentage est encore faible. À peu près 20 % des personnes qui travaillent en intelligence artificielle sont des femmes.»

La donne pourrait bien changer dans les années à avenir avec un tel projet et d’autres initiatives similaires.

Les quatre premiers épisodes (se nourrir, se déplacer, se sentir en sécurité, créer) sont déjà en ligne. Les quatre autres (se loger, se dépasser, se soigner et l’autoréalisation) suivront le 2 avril.

Sébastien Auger, La Presse Canadienne

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