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Des Canadiens reprennent contact avec des proches en Iran

durée 22h03
13 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Avant le début des dernières manifestations antigouvernementales en Iran, Shadi Dashmiz était en contact quotidien avec son père, échangeant appels, textos et photos.

Mais elle a soudainement perdu le contact avec cet homme de 70 ans, qui vit actuellement seul dans le pays, après que le gouvernement iranien a coupé Internet et bloqué les appels internationaux depuis les lignes fixes.

Pendant près d'une semaine, Mme Dashmiz est restée sans nouvelles de son père.

Mais la situation a changé mardi matin, lorsque certaines personnes en Iran ont réussi à passer des appels internationaux et que le père de Mme Dashmiz a saisi l'occasion de parler à sa famille à Toronto.

«J'ai ressenti à la fois de la joie et de la tristesse», a-t-elle raconté après leur conversation.

«De la joie, car j'ai enfin entendu leurs voix après si longtemps, et de la tristesse, car je ne pensais pas que lui ou moi méritions d'attendre aussi longtemps pour un simple coup de fil au XXIe siècle», a-t-elle ajouté.

Mme Dashmiz a précisé que sa mère, résidente permanente canadienne qui vit avec elle, prévoyait de se rendre en Iran.

«C’est une autre chose terrifiante à laquelle je pense chaque jour. (…) Dois-je la laisser y retourner ? se demande-t-elle. Et que va-t-il se passer si elle y est ? Vais-je perdre à nouveau tout contact avec elle, comme avec mon père ?»

Les manifestations contre la hausse rapide du coût de la vie ont commencé il y a plus de deux semaines et se sont rapidement étendues et intensifiées à travers le pays malgré la répression violente du gouvernement.

Le Canada a condamné l’Iran pour avoir arrêté et tué des citoyens qui manifestaient contre le gouvernement et a salué le courage des manifestants.

Malgré l’assouplissement de certaines restrictions de communication par l’Iran mardi, tout le monde n’a pas eu la chance de renouer avec ses proches.

Aitak Sorahi, qui n’a pas pu parler à sa famille depuis une semaine, a mentionné qu’elle attendait toujours le moment d’entendre la voix de son père au téléphone.

Elle a ajouté que sa belle-sœur avait reçu un appel d’Iran. «Elle a parlé à sa famille et ils ont dit que ma famille allait bien aussi», a expliqué Mme Sorahi.

Malgré ces assurances, elle reste inquiète pour la sécurité de sa famille et de ses beaux-parents en Iran.

Mme Sorahi, qui vit dans la région de York, au nord de Toronto, a expliqué qu'elle essaie de surmonter cette épreuve grâce à «des médicaments, en parlant avec des amis, en partageant sa douleur et en écoutant tout ce qu'on a entendu» de leur pays d'origine.

Foad Farhani, un autre Canadien d'origine iranienne vivant à Toronto, a souligné qu'il n'avait toujours pas de nouvelles de ses parents âgés en Iran.

Il pense que le gouvernement iranien ouvre périodiquement certaines lignes internationales, simplement pour contrôler les communications à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

«Selon ce qu'ils constatent, ils rouvrent les lignes au reste de la population, ou bien ils les referment», a-t-il témoigné.

M. Farhani a raconté qu'une de ses collègues avait reçu un appel de sa sœur en Iran et qu'il lui avait transmis les coordonnées de ses parents pour qu'elle puisse les contacter et s'assurer qu'ils vont bien.

Le gouvernement iranien a déclaré avoir coupé l'accès à Internet après avoir découvert que les manifestants recevaient des ordres de l'étranger.

Mais M. Farhani conteste cette version.

«Je pense que la principale raison de cette coupure d'Internet est d'empêcher les gens de s'organiser et de comprendre ce qui se passe réellement», a-t-il affirmé.

«Ils restent donc chez eux, sans accès aux médias sociaux, et ne reçoivent que les informations télévisées du gouvernement. Ils pensent donc que tout va bien», a-t-il ajouté.

Sharif Hassan, La Presse Canadienne

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