Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Des centaines de personnes manifestent à Montréal en soutien au peuple iranien

durée 15h36
10 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Des centaines de personnes ont manifesté samedi après-midi dans les rues de Montréal et à travers le pays en soutien au peuple iranien, alors que la République islamique est confrontée à une importante révolte de la part de la population depuis près de deux semaines, faisant craindre une répression sanglante par le régime des mollahs.

La foule défilant sur la rue Sainte-Catherine était venue réclamer la chute du régime islamique et son remplacement par le fils de l’ancien shah d’Iran, en exil aux États-Unis depuis 47 ans, Reza Pahlavi.

«On est ici pour être la voix du peuple iranien, qui est pour le moment dans la rue en Iran et qui se fait torturer et tuer par le régime iranien alors qu'ils demandent le changement de régime pour avoir le roi d'Iran Reza Pahlavi», explique Katayoon Haghzadeh.

Le régime du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a coupé depuis plusieurs jours Internet à l'intérieur du pays, privant la population de toute communication avec le monde extérieur et les membres de la diaspora de tout contact avec leurs proches.

«Il n'y a aucune façon de contacter les Iraniens (...) je suis vraiment inquiète pour ma famille, qui sont tous en Iran, je suis seule ici, explique Nesha, qui préfère garder l'anonymat pour protéger sa famille en Iran. On a beaucoup de stress et de chagrin, mais ils continuent de lutter contre ce régime très cruel.»

L'importance du soutien américain

Le «Rassemblement mondial en soutien à la Révolution nationale de l'Iran» a débuté au métro Atwater, puis les manifestants se sont ensuite rendus jusqu'au consulat des États-Unis.

Depuis le début des manifestations en Iran, le président américain, Donald Trump, a exprimé son soutien au peuple iranien et s'est dit à multiples reprises prêt à l'aider face aux mollahs. Il a par ailleurs assuré qu'une intervention des États-Unis serait envisagée si le régime tue des manifestants.

«L'Iran aspire à la liberté comme jamais auparavant. Les États-Unis sont prêts à l'aider !!!», a écrit samedi après-midi Donald Trump sur son réseau social Truth Social.

La foule qui défilait sur la rue Sainte-Catherine a exprimé à plusieurs reprises sa reconnaissance à l'égard du gouvernement américain et de son soutien. Un manifestant tenait par ailleurs un drapeau sur lequel était inscrit «Trump - Make Iran great again».

«C'est très important le soutien de Donald Trump, mais aussi le soutien du ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, car c'est grâce à ce soutien que le régime n'a pas réussi à faire un massacre», assure Kiasa Nazeran, qui souligne l'importance pour le peuple iranien d'avoir également le soutien du Canada.

«Nous voulons dire à tous les citoyens canadiens et à leurs politiciens que le régime est en train de tuer les Iraniens et Iraniennes dans notre pays, mais ils ne vont pas arrêter le combat, la révolution continue et on a besoin de votre soutien, d'un soutien ferme», ajoute-t-il.

Face à la situation, les ministres des Affaires étrangères d’Australie, du Canada et de l’Union européenne ont émis vendredi une déclaration commune qui condamne notamment les violences à l'égard du peuple iranien.

«Nous saluons le courage du peuple iranien, qui défend sa dignité et son droit fondamental de manifester pacifiquement, peut-on lire dans la déclaration. L’Iran doit mettre fin immédiatement à l’usage excessif et létal de la force par ses forces de sécurité, y compris le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les milices Bassidj, contre les manifestants.»

Le premier ministre, Mark Carney, a également réagi face aux atrocités du régime iranien.

«Les signalements de violence, d'arrestations arbitraires et d'intimidation de la part du régime iranien visant sa population sont très préoccupants, a-t-il écrit vendredi sur X. Nous condamnons le meurtre de manifestants et exhortons l'Iran à garantir la liberté d'expression et de réunion pacifique sans crainte de représailles.»

Deux semaines de manifestations

Les manifestations qui secouent l'Iran depuis près de deux semaines ont atteint samedi leur deuxième semaine, le gouvernement iranien reconnaissant la poursuite des manifestations malgré une répression de plus en plus intense et alors que la République islamique reste coupée du reste du monde.

Avec l'interruption de l'accès à Internet et des lignes téléphoniques en Iran, il est devenu plus difficile d'évaluer l'ampleur des manifestations depuis l'étranger. Mais, selon l'agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency, le bilan des manifestations s'élève désormais à au moins 65 morts et plus de 2300 personnes arrêtées.

La télévision d'État iranienne rend compte des pertes subies par les forces de sécurité tout en présentant une image de contrôle total sur le pays.

Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a annoncé une répression imminente, malgré les avertissements des États-Unis. Téhéran a intensifié ses menaces samedi, le procureur général iranien, Mohammad Movahedi Azad, avertissant que toute personne participant aux manifestations serait considérée comme un «ennemi de Dieu», un crime passible de la peine de mort.

La déclaration diffusée par la télévision d'État iranienne précise que même ceux qui «ont aidé les émeutiers» seront poursuivis.

— Avec des informations de Jon Gambrell de l'Associated Press.

Quentin Dufranne, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge