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Des convois d'agriculteurs manifestent contre le TGV et C-5

durée 11h48
24 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MIRABEL — Des producteurs agricoles ont manifesté mardi matin à Mirabel contre le projet de loi C-15 et contre le projet de train à grande vitesse (TGV) qui relierait Québec et Toronto.

Deux convois de plusieurs dizaines de tracteurs ont envahi les rues de Mirabel pour converger vers le centre culturel de la municipalité des Laurentides, mardi matin.

«Nous, les agriculteurs, on s’oppose complètement au projet, ça va couper nos terres en deux, ça va augmenter notre temps de travail, ça va vraiment déranger notre logistique au niveau des récoltes des semis», a expliqué Félix Desrosiers à La Presse Canadienne.

«Nous autres, on produit de la viande, on produit du bœuf» et si on perd des terres, «on va manquer de grains, donc de nourriture pour les animaux, alors c’est grave, c’est majeur», a ajouté l'agriculteur.

Les dizaines d'agriculteurs et de citoyens qui ont manifesté mardi craignent que le futur TGV représente une menace directe à l’intégrité du territoire agricole, à la sécurité alimentaire et à l’avenir des fermes.

On ignore pour l'instant l'itinéraire exact du futur TGV, mais on sait que le réseau proposé accueillerait 72 trains par jour circulant sur une voie de 1000 kilomètres à une vitesse pouvant atteindre 300 km/h.

Selon Félix Desrosiers, la société d'État Alto étudie un corridor de 10 km de large pour le tracé du TGV dans la région de Mirabel.

«Dans ces dix kilomètres-là, il y a des villages complets, il y a des fermes complètes», s'inquiète l'agriculteur.

Le TGV permettrait de relier Montréal et Toronto en trois heures ainsi que Montréal et Ottawa en moins d'une heure.

Le budget, les prévisions de fréquentation et les projections tarifaires n'ont toujours pas été présentés au public.

Contre C-15

Les agriculteurs s'opposent également au projet de loi C-15, un projet omnibus de plus de 600 pages, que le gouvernement minoritaire espère faire adopter à la Chambre des communes et qui vise notamment à «accélérer la construction du train à grande vitesse».

L'Union des producteurs agricoles (UPA) craint que ce projet de loi facilite l'expropriation de ses membres.

« Aujourd’hui, nous avons fait entendre notre voix. Nos terres ne sont pas à vendre. Si nos terres sont fragmentées, nous serons forcés de dépendre de produits importés. C’est exactement le contraire de ce que le premier ministre Mark Carney dit vouloir pour notre autonomie alimentaire», a indiqué Stéphane Alary, producteur et président de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides.

Jusqu'à 24 millions de passagers

Le projet de TGV entre Québec et Toronto vise à transporter jusqu'à 24 millions de passagers par an d'ici 2055 afin de stimuler la croissance économique, de favoriser le tourisme et d'élargir l'accès à l'emploi en réduisant considérablement les temps de trajet grâce à des voies électriques dédiées.

La construction de la première phase entre Ottawa et Montréal devrait débuter en 2029 ou en 2030. Conçu comme un partenariat public-privé, le projet sera supervisé par la société d'État Alto, tandis qu'un consortium baptisé Cadence s'occupera de la conception, de la construction et de l'exploitation de la ligne.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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