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Des sénateurs préoccupés par le nombre croissant de sièges vacants à la chambre haute

durée 08h20
3 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Les sénateurs se disent préoccupés par le nombre croissant de sièges vacants à la chambre haute, alors que la procédure de nomination des nouveaux membres reste floue.

Il y a actuellement neuf sièges vacants au Sénat, et six autres sénateurs devraient prendre leur retraite d'ici la fin de 2026. Le premier ministre Mark Carney n'a nommé aucun sénateur depuis son entrée en fonction au printemps dernier.

Le site web du gouvernement fédéral indique qu'il y a également 24 postes vacants au sein du comité consultatif indépendant pour les nominations au Sénat, l'organe qui formule des recommandations non contraignantes, fondées sur le mérite, à l'intention du premier ministre.

Les nouvelles candidatures et nominations pour les nominations au Sénat via le site web du Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat ne sont actuellement pas acceptées.

La sénatrice indépendante Marilou McPhedran a déclaré à La Presse Canadienne qu'elle était convaincue que ces postes vacants pointaient vers «la fin d'une époque».

«C'est la fin de la nomination des sénateurs par le biais d'un processus de sélection largement axé sur la communauté et indépendant du favoritisme du cabinet du premier ministre», a-t-elle déclaré. «On va revenir au copinage.»

Elle a ajouté que le favoritisme est un moyen beaucoup plus efficace de gouverner, et que M. Carney est «tout sauf inefficace».

Depuis mai dernier, le gouvernement fédéral n’a pas répondu directement aux questions répétées de La Presse Canadienne sur la manière dont les prochaines nominations seront effectuées.

Pierre Cuguen, porte-parole du Bureau du Conseil privé, a déclaré en avril que les informations concernant les nominations au Sénat seraient rendues publiques «en temps voulu».

Mme McPhedran a déclaré que le comité consultatif indépendant chargé des nominations au Sénat, créé en 2016, avait en réalité déjà été «démantelé».

«Il n’est pas opérationnel compte tenu du nombre de postes vacants qui n'ont pas été comblés et l'unique mécanisme permettant aux personnes souhaitant siéger en tant que sénateurs indépendants en déposant leur candidature est lui aussi démantelé», a-t-elle déploré. «Un changement était déjà en cours, et cela ne fera qu’accélérer ce changement en douceur.»

Mme McPhedran, qui doit prendre sa retraite du Sénat cet été, a affirmé que cela la «mettait vraiment en colère» de penser à l’impact de ces changements sur les Canadiens.

«Je crains ce qui va se produire d’ici trois à cinq ans à la suite de ce qui se fait actuellement au Parlement du Canada», a-t-elle indiqué. «Je ne vois pas qu’on accorde une attention sérieuse aux risques pour notre démocratie.»

Bernadette Clement, sénatrice indépendante, est également préoccupée par les sièges vacants.

«Lorsque nous n’avons pas un effectif complet, ou aussi proche que possible de la plénitude, j’ai toujours l’impression que nous disposons de moins de points de vue provenant des différentes régions», a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle s’inquiétait également de la représentation multiculturelle. «Je le ressens en séance plénière, et particulièrement en commission.»

Mme Clement soutient qu’elle-même et d’autres sénateurs n’avaient pas de réponse «directe» quant à la manière dont les nominations sont effectuées sous l’actuel gouvernement.

«Nous attendons de comprendre comment cela va se passer à l’avenir, surtout avec le nombre croissant de postes vacants», a-t-elle déclaré. «Nous sommes tellement concentrés sur les questions économiques et d’accessibilité financière, comme il se doit… Cela signifie parfois que d’autres aspects ne sont pas aussi prioritaires.»

Catherine Morrison, La Presse Canadienne

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