Don Garber est optimiste pour l'avenir du CF Montréal, mais à certaines conditions

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Le commissaire de la MLS, Don Garber, s'est dit optimiste quant à l'avenir du CF Montréal au sein du circuit, mais certaines conditions devront être respectées pour y arriver.
La grande séduction a fonctionné, et c’était la première étape d’un très long dossier.
Alors que la MLS s’apprête à passer au calendrier hivernal, à partir de 2027, Garber a fait un arrêt à Montréal pour visiter les rénovations sur le toit du Stade olympique, qui pourrait devenir le domicile fixe du Bleu-blanc-noir pour les prochaines saisons. C’est du moins ce que souhaite le commissaire.
Le Parc olympique ne serait pas contre l’idée non plus. L’organe dirigeant du stade aurait approché le CF Montréal pour qu’il soit le locataire principal de l’endroit lorsque les rénovations seront terminées.
Garber était donc d’un optimisme débordant, jeudi, lors d’une conférence de presse au stade Saputo. Il a qualifié de «remarquables» les rénovations en cours, mais il a toutefois mis en garde que l’enceinte devrait également faire peau neuve pour assurer la pérennité de la formation montréalaise dans la MLS.
«C’était l’une des visites les plus ‘cool’ à laquelle j’ai pris part, a-t-il mentionné. Lorsque j’ai parlé au club, il voulait en faire partie. Tout ce que nous disons aux parties impliquées, c’est de compléter le projet. Ce pourrait être l’un des meilleurs stades du monde. Complétez le projet et tout ira très bien.»
On sait que le toit sera au goût du jour dans un avenir rapproché, mais les opinions sont plus divisées quant à la suite des choses. Garber a parlé d’un projet de «500 millions de dollars» pour rénover l’enceinte du stade, mais personne ne s’est encore commis à débourser ce montant.
Les plus optimistes pensent qu’une annonce pourrait avoir lieu à la suite des élections provinciales, qui se tiendront le 5 octobre prochain, alors que les plus pessimistes estiment que le gouvernement ne voudra pas lier les mains des contribuables en injectant d’autres centaines de millions dans ce projet.
En bon avocat, Garber a cherché à se positionner dans le milieu.
«Ça ne fait pas de sens pour moi de construire une maison par le toit alors que les fondations sont à changer, a-t-il exprimé. Je comprends qu’il y avait des enjeux de sécurité, mais quelle est l’importance d’avoir un nouveau toit sur un stade qui ne peut pas saisir l’occasion? Je ne dis pas ça uniquement pour le CF Montréal, je le dis pour la ville au complet. Ce stade a le potentiel d’élever la ville et d’accueillir des événements internationaux. Montréal le mérite, parce que j’ai vu l’engouement pendant la finale de la Ligue des Champions de la Concacaf.»
Une chose est sûre, le stade Saputo ne semble plus être une option. Peut-être même par les beaux soirs d’été.
Lorsque le CF Montréal a fait son entrée dans la MLS, en 2012, le stade Saputo paraissait à la fine pointe de la technologie, mais au fil des années, avec l’expansion et l’évolution de la ligue, l’endroit est tranquillement devenu plus désuet et doit être modernisé.
«Tu dois avoir un stade qui peut générer des revenus, rehausser l’expérience des partisans et saisir l’environnement d’une ligue qui veut se positionner comme l’une des meilleures au monde. C’est ce que nous avons actuellement avec nos nouveaux stades. Ici, nous parlons d’un projet d’un demi-milliard. Le stade Saputo, c’était un stade de MLS 1.0. Ça doit devenir un stade de MLS 3.0. Je ne pense pas que ça puisse se produire avec celui-ci. Ce que nous avons vu du Stade olympique pourrait correspondre à la vision que (le propriétaire) Joey Saputo a pour l’équipe.»
En attendant, le Bleu-blanc-noir devra composer avec ce qu’il a: un stade qui n’est pas hivernisé et qui pourra être utilisé lors d’une période très précise de l’année pendant le calendrier hivernal de la MLS. De plus, si l’équipe devait se qualifier pour les séries cette saison, on ne sait pas où se dérouleraient les matchs disputés en novembre et décembre.
Garber a affirmé que la ligue était prête à accommoder le CF Montréal pendant un certain temps, mais qu’il ne s’agissait pas d’une solution viable à long terme.
«Nous devons gérer cette situation avec plus de matchs à l’étranger (en hiver), mais ça vient aussi avec des dépenses, ce qui n’est pas nécessairement productif, a déclaré le commissaire. Nous ne pouvons pas nous inquiéter pour quelque chose qui sera, je crois, temporaire. Nous parlons seulement de quelques parties. Il y aura des façons de gérer le calendrier, mais ce n’est pas une solution à long terme. Ce sera peut-être un peu plus difficile, mais nous y arriverons.»
Garber est déjà impliqué dans une situation tumultueuse avec les Whitecaps de Vancouver, qui sont locataires du BC Place. Le club a formellement reçu, en avril 2026, une offre pour déménager à Las Vegas, malgré des succès sur le terrain, dont une participation à la plus récente finale de la Coupe MLS, et une moyenne de 24 000 partisans par match.
Le commissaire a indiqué que les deux dossiers n’étaient pas similaires et que les rénovations faites au BC Place en vue de la Coupe du monde de la FIFA étaient bien loin de celles qui pourraient être effectuées au Stade olympique.
«Ce n’est pas comparable. À Montréal, ce pourrait être l’un des plus beaux stades au monde. Ce n’est pas ce que nous avons à Vancouver. Le défi du CF Montréal, c’est qu’il n’a pas été en mesure d’avoir des opportunités générationnelles de revenus à l’intérieur et à l’extérieur des installations que Joey a soutenues avec du financement privé. C’est ce qu’il doit accomplir et c’est ce que chaque équipe en Amérique du Nord accomplit. La famille veut générer des revenus et en réinvestir dans le club. Ç’aurait été un problème complètement différent si elle m’avait dit qu’elle ne le voulait pas.»
Les partisans du Bleu-blanc-noir peuvent donc se tenir loin du fameux mot en «D» pour le moment, mais pour combien de temps encore?
Simon Servant, La Presse Canadienne