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Finance durable: un nouveau Conseil de la taxonomie est nommé

durée 11h40
8 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Le Conseil de la taxonomie et de la transition, qui doit superviser la création de règles sur les investissements «verts» et «de transition» au Canada, sera dirigé par Marlene Puffer, présidente d’un comité de surveillance d’un fonds de pension basé au Royaume-Uni.

Une taxonomie de finance durable réfère à la façon de classifier les investissements économiques qui doivent être considérés comme étant compatibles avec les objectifs climatiques.

Un tel outil aide notamment les gouvernements, les marchés de capitaux et les investisseurs à évaluer l’empreinte carbone d’éventuels investissements.

Bien appliquée, une taxonomie de l’investissement climatique permettrait d’attirer les capitaux nécessaires pour atteindre la carboneutralité.

Il y a quelques mois, le gouvernement fédéral avait confié à de hauts responsables de grandes institutions financières, réunis sous le nom de «Parcours des entreprises de demain», le soin de nommer les premiers membres du nouveau Conseil de la taxonomie et de la transition.

Une quinzaine de membres

Les premiers membres du conseil – ils sont une quinzaine – ont été dévoilés mercredi.

«Pour demeurer concurrentiel et attirer des investissements, le Canada doit envoyer des signaux clairs aux marchés financiers quant à sa préparation aux changements climatiques», a déclaré Marlene Puffer, fraîchement nommée présidente du nouveau conseil.

«Le Canada a besoin d’outils crédibles et harmonisés à l’échelle internationale – notamment une taxonomie de l’investissement durable et des lignes directrices pour les plans de transition – pour mobiliser des capitaux privés pour nos entreprises, nos collectivités et nos priorités nationales», a ajouté la nouvelle présidente, dans un communiqué.

Un ancien vice-surintendant du Bureau du surintendant des institutions financières, Jamey Hubbs, sera le vice-président du comité.

Bertrand Millot, qui dirige l'équipe d'investissement durable de la Caisse, et Geneviève Morin, présidente-directrice générale chez Fondaction, font également partie du nouveau Conseil de la taxonomie et de la transition.

Des groupes mettent en garde le gouvernement

Selon le communiqué publié mercredi par «Parcours des entreprises de demain», une taxonomie de la finance durable «crée et définit des catégories pour les activités économiques qui remplissent les conditions requises pour une appellation d'investissement vert ou de transition».

Toujours selon «Parcours des entreprises de demain», l'appellation «vert» s'applique habituellement aux activités à faibles émissions de carbone ou sans carbone qui accélèrent la transition des économies vers la carboneutralité, comme des projets éoliens ou solaires.

Quant aux investissements dits «de transition», ils soutiennent «des projets et des activités qui réduisent considérablement les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs à fortes émissions».

L’appellation dite «de transition» est controversée, car cette catégorie pourrait permettre d’investir dans des secteurs fortement émetteurs, comme l’exploitation des sables bitumineux, afin de réduire leurs émissions.

Plusieurs groupes environnementaux ont d’ailleurs récemment publié une liste de «principes» pour l’élaboration d’une taxonomie canadienne crédible.

Selon ces groupes, dont fait partie Environmental Defense, la taxonomie canadienne «doit garantir que le terme transition désigne bien une transition et non pas simplement une atténuation».

Ces environnementalistes font valoir que «les démarches d’atténuation dans les secteurs où il existe des alternatives claires, comme celui des combustibles fossiles, entravent la transition» et contribuent au «verrouillage carbone», qui fait référence à la dépendance de la société au pétrole et au gaz.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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