Fraude: les Canadiens et Québécois sont devenus extrêmement méfiants

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — L’écrasante majorité des Canadiens (83 %) et une proportion un peu moindre de Québécois (76 %) craignent assez la fraude pour ne plus faire confiance à aucun courriel, texto ou appel inattendu. Selon les répondants à un sondage dévoilé lundi, il est en effet plus sûr de considérer tout appel, texto ou courriel inattendu comme une tentative de fraude potentielle.
Le sondage Angus Reid, réalisé pour RBC, fait état d’une crainte et d’une irritation généralisée des Québécois et Canadiens face à la multiplication des fraudes et à la difficulté de les détecter.
Pour ce qui est des données québécoises, plus des trois quarts des répondants sont irrités par l’omniprésence de la fraude (78 %) et ont l’impression qu’une nouvelle escroquerie survient presque chaque semaine (76 %).
Le doute est encore plus fort en matière de publicité alors que 84 % des répondants du Québec trouvent de plus en plus difficile de déterminer si une publicité est authentique ou frauduleuse et 73 % ont du mal à savoir si un site web est légitime lorsqu’ils magasinent en ligne.
Le tiers mord quand même
Ces données montrent que les Québécois sont quand même assez sensibilisés et méfiants, mais jamais assez et ils restent quand même nombreux à mordre à l'hameçon. Ainsi, on constate qu’environ le tiers des Québécois ont cliqué sur un lien ou ouvert un courriel ou une pièce jointe ou ont parlé à quelqu’un au téléphone avant de réaliser qu’il s’agissait d’une fraude.
Près de la moitié (43 %) des Québécois ne se sentent pas confiants de pouvoir repérer une fraude alimentée par l’intelligence artificielle et près des deux tiers (64 %) croient que cela va s’aggraver et que l’intelligence artificielle rendra bientôt les escroqueries impossibles à détecter.
De nombreux Québécois (28 %) croient par ailleurs qu’il est facile d’être victime d’une fraude par usurpation d’identité et plus du tiers (34 %) estiment qu’il serait facile pour des fraudeurs de se faire passer pour eux auprès de leur famille ou de leurs amis. Les Québécois sont cependant ceux, parmi les Canadiens, qui sont les plus nombreux (35 %) à avoir établi avec leurs proches un mot de passe pour prévenir les arnaques par usurpation d’identité.
Le reste du Canada plus craintif
À l’opposé, cependant, même s’ils sont fortement majoritaires à être craintifs, ils le sont généralement moins que le reste du Canada, une donnée qui s’explique possiblement par le fait que de nombreuses tentatives de fraude par courriel, texto ou appel, sinon la plupart, se font en anglais.
En publiant ces résultats, la RBC rappelle de se méfier de toute demande qui se veut urgente et qui vous presse d’agir rapidement, habituellement en vous faisant peur. Au moment même d’écrire ces lignes, l’auteur a reçu un appel enregistré – en anglais – faisant état d’une transaction inhabituelle pour couvrir l’achat d’un téléphone intelligent très coûteux et l’invitant à effectuer des démarches pour parler à un «représentant», une tentative de fraude tout de même assez évidente et relativement facile à déjouer par une simple vérification de sa carte de crédit et du marchand présumément impliqué.
Le sondage RBC a été effectué en ligne du 5 au 9 janvier dernier auprès de 1540 adultes membres du Forum Angus Reid. De plus 303 Canadiens âgés de plus de 60 ans ont été ajoutés afin de garantir un minimum de 100 répondants par région. Aucune donnée n’a cependant été rendue publique sur la taille de l’échantillon québécois. Le sondage a été mené en français et en anglais. À titre comparatif, la marge d’erreur pour un échantillon de cette taille à l’échelle canadienne est de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne