Nous joindre
National

Halifax: l'audience de libération sous caution d'Assakereh est de nouveau reportée

Halifax: l'audience de libération sous caution d'Assakereh est de nouveau reportée
Photo: La Presse Canadienne, 2026

HALIFAX — L'avocat d'un homme accusé d'avoir menacé de faire exploser le consulat américain à Halifax au début du mois affirme que son client n'est pas prêt à demander sa libération sous caution.

Ali Assakereh a été arrêté le 10 août pour avoir prétendument placé une bonbonne de propane et des liquides inflammables dans sa voiture, puis l'avoir garée près du consulat, provoquant l'évacuation d'une grande partie du centre-ville d'Halifax.

Cet homme de 54 ans est poursuivi pour méfait et menaces, ainsi que pour violation d’un article du Code pénal interdisant les menaces à l’encontre de personnes bénéficiant d’une protection internationale, notamment les diplomates. Le ministère public a fait savoir qu’il considérait cette dernière infraction comme un acte terroriste.

Lonny Queripel, l’avocat commis d’office d’Ali Assakereh, a indiqué au tribunal qu’il travaillait avec la famille de l’accusé à l’élaboration d’un plan de libération sous caution, mais que celui-ci ne serait pas prêt avant un certain temps.

Il a précisé que son client avait accepté de rester en détention et que la défense informerait le tribunal si et quand, elle serait prête à demander sa libération sous caution.

Ali Assakereh, un homme dégarni à la barbe grise, a comparu en personne lors de l'audience de vendredi. Il s'est ému et a semblé verser une larme à un moment donné, se prenant le visage dans les mains avant d'accepter un mouchoir tendu par un huissier. Un interprète lui a traduit le déroulement de l'audience en farsi, la langue principalement parlée en Iran.

Il s’agissait du sixième ajournement de l’audience de mise en liberté sous caution d’Ali Assakereh, et le ministère public s’oppose à sa libération. Entre-temps, l'accusé doit comparaître à nouveau devant le tribunal le 10 septembre pour présenter sa réponse à l’accusation et informer le tribunal du mode de procès qu’il a choisi.

La procureure de la Couronne Lee-Ann Conrod a précisé que l’accusation de menaces à l'encontre de personnes bénéficiant d'une protection internationale est généralement passible d’une peine maximale de cinq ans.

Publicité

Elle a précisé qu’elle avait indiqué par erreur aux journalistes, au début du mois, que la peine maximale était de 14 ans.

Mercredi, Me Conrod a informé le tribunal que le ministère public comptait requérir une peine plus lourde, car il considère que la menace présumée à l’encontre de diplomates constitue un acte terroriste, passible d’une peine d’emprisonnement à perpétuité.

Toutefois, la procureure a précisé que le ministère public n’avait pas l’intention de requérir la réclusion à perpétuité.

La police a confirmé avoir été informée de l'alerte à la bombe le 9 août et avoir repéré le véhicule du suspect garé près du consulat le lendemain matin à 8 h 10. Ali Assakereh a été arrêté 25 minutes plus tard dans l'ouest de la ville, non loin de son domicile à Halifax.

À 14 h, un expert en explosifs a déterminé que le propane et les liquides présents dans la voiture ne représentaient aucune menace pour la sécurité publique et tous les ordres d’évacuation ont été levés.

Cette alerte à la bombe présumée est survenue moins d'une semaine après que deux suspects ont été inculpés pour avoir participé à une fusillade au consulat américain de Toronto en juillet — le deuxième incident de ce type survenu dans ce bâtiment cette année. Un homme de 19 ans et un adolescent de 15 ans font l'objet de plus d'une douzaine de chefs d'accusation.

Le consulat de Toronto avait déjà été pris pour cible le 10 mars, lorsque deux suspects auraient tiré plusieurs coups de feu en direction du bâtiment. Un jeune de 18 ans et un autre de 19 ans font l’objet de multiples chefs d’accusation.

Personne n’a été blessé lors de ces deux fusillades.

Devin Stevens, La Presse Canadienne