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Jeremy Hansen se dit surpris par le soutien des Canadiens à la mission Artemis II

durée 06h00
11 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

HALIFAX — Rien n'aurait pu préparer l'astronaute canadien Jeremy Hansen à l'émerveillement qu’il a ressenti dans l’espace ni au soutien extraordinaire qu’il a reçu de la part des Canadiens.

Celui qui a fait partie de l'équipage de la mission Artemis II, donc l'objectif était de faire le tour de la Lune, a raconté que les paysages de l'espace l'avaient époustouflé.

«Ce que nous avons vu n’a cessé de nous plonger dans un état d’émerveillement, un état de gratitude», a déclaré en entrevue l'astronaute canadien, qui est le premier non-Américain à s'être rendu aussi près de la Lune.

«Cela m’a vraiment fait me sentir minuscule en tant qu’être humain, en tant qu’individu, mais très puissant en tant qu’espèce humaine — le fait que nous puissions réellement accomplir cela et voir la Terre, la Lune, puis la galaxie s’étendre devant nous», a souligné M. Hansen.

Parmi les nombreux enseignements tirés de la mission historique Artemis II, ce qui ressortait le plus était de découvrir combien de Canadiens suivaient et soutenaient le travail des astronautes à distance, a-t-il confié.

Il savait que ses collègues «passionnés d’espace» suivraient la mission de près, mais il ne s’attendait pas à ce que tant d’autres s’y intéressent.

L’équipage de quatre personnes — le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover et les spécialistes de mission Christina Koch et Hansen — a pris conscience de ce large soutien public pour la première fois en parlant avec leurs familles lors du retour de la Lune, a-t-il expliqué.

«Le fait que les gens semblaient vraiment s’identifier à ces quatre êtres humains, qui s’encourageaient mutuellement, travaillaient ensemble, accomplissaient une tâche extrêmement difficile avec une équipe de soutien extraordinaire derrière nous, tout en prenant du plaisir à le faire. C’est vraiment émouvant», a-t-il déclaré.

M. Hansen a souligné que ce soutien lui donnait de l’espoir.

«L’humanité veut vraiment faire des choses positives et peut trouver beaucoup de joie à relever ensemble ces grands défis, en créant plutôt qu’en détruisant», a-t-il estimé.

L’astronaute de l’Agence spatiale canadienne était à Halifax mercredi pour rencontrer des élèves et s’adresser à un public de 300 personnes à la bibliothèque centrale de la ville. Le Halifax Discovery Centre a indiqué que les billets pour sa présentation, au prix de 5 $ ou 10 $, se sont vendus en moins d’une minute.

Un manège à refaire encore et encore

Lors de sa conférence en soirée, M. Hansen a répondu à plusieurs questions posées par des passionnés de sciences de tous âges, notamment sur l’utilisation des couches dans l’espace et sur ce que l’on ressent lors du décollage.

«Comment s’est passé le décollage ? C’était assez génial», a raconté M. Hansen devant un public captivé.

L’astronaute a décrit la sensation de voyager à des vitesses atteignant Mach 39, soit environ 47 000 kilomètres à l’heure, comme si l’on était dans une voiture de sport qui ne cesse d’accélérer.

«Je le referais. En fait (…) si je descendais de ce manège et que j’étais dans un parc d’attractions, je retournerais directement faire la queue pour repartir. J’ai trouvé ça assez incroyable», a-t-il admis.

Un autre participant a demandé à l'astronaute ce qu’il avait ressenti lorsque l’équipage a franchi des étapes majeures dans l’espace, notamment en devenant les premiers à s’éloigner le plus de la Terre. L’équipe a atteint une distance de 406 771 kilomètres de la Terre.

«On est très prudent quand on est dans l’espace et qu’on est très loin de la Terre (…) parce qu’on sait qu’à tout moment, ça peut mal tourner», a-t-il expliqué.

M. Hansen a expliqué que l’équipage essayait de prendre conscience de ces étapes importantes au fur et à mesure qu’elles se produisaient, mais qu’il restait constamment concentré sur le prochain défi à relever, jusqu’à la fin de leur mission de dix jours, lorsque les parachutes se sont ouverts lors de l’amerrissage.

«Dans la vidéo (…) quand on voit Christina et moi nous tenir la main une fois que les trois parachutes principaux se sont ouverts. C’est là qu’on a vraiment eu l’impression pour la première fois qu’on allait y arriver», a-t-il raconté.

M. Hansen a déclaré qu’il espérait que tous les Canadiens puissent être fiers du rôle que le pays a joué dans cette réussite, et il met au défi les futures générations d’astronautes de battre le record d’Artemis II.

«Nous ne voulons pas que les gens aient l’impression qu'on a atteint le sommet. Nous voulons toujours aller plus loin», a-t-il affirmé en entrevue.

Une rampe de lancement canadienne

Plus tôt mercredi, M. Hansen a assisté à une démonstration de lancement suborbital à Canso, en Nouvelle-Écosse, sur la côte est de la partie continentale de la province.

«Je suis extrêmement fier du Canada, je vois le génie qui anime tout le pays. Aujourd’hui était encore l'une de ces journées, à Canso (…) où j’ai pu constater la persévérance et la ténacité de ce groupe», a relevé M. Hansen.

Le gouvernement fédéral a annoncé en mars qu’il allait investir 200 millions $ dans la rampe de lancement d’origine canadienne, connue sous le nom de Spaceport Nova Scotia, qui mettra des satellites en orbite.

Un bail de 10 ans portant sur les infrastructures de Maritime Launch Services permettra au Canada, pour la première fois, de lancer ses propres projets spatiaux. La rampe de lancement devrait être opérationnelle d’ici la fin de 2026, selon l’entreprise. Ottawa vise 2028 pour la mise en place d’une capacité de lancement nationale.

Maritime Launch a déclaré qu'un véhicule suborbital hypersonique à un étage et à propergol solide, baptisé Barracuda, avait été lancé depuis Spaceport Nova Scotia mercredi matin, marquant une étape importante dans le développement de la fusée.

«Cela nous rapproche de notre objectif, qui est de fournir aux instituts de recherche et aux organismes de défense un accès significatif aux environnements proches de l’espace et à des plateformes hautement performantes pour les essais, la formation et le développement technologique», a expliqué Roel Eerkens, cofondateur de T-Minus Engineering, propriétaire de Barracuda, dans un communiqué.

Le Barracuda est capable de transporter des charges utiles pouvant atteindre 40 kilogrammes à des altitudes d’environ 80 kilomètres.

Lyndsay Armstrong, La Presse Canadienne

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