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L'enquête «Projet South» lie le narcotrafiquant Ryan Wedding à un complot de meurtre

durée 21h59
3 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Des documents judiciaires récemment rendus publics en révèlent davantage sur le lien présumé entre une vaste enquête sur la corruption policière en Ontario et l'affaire de l'ancien athlète olympique canadien Ryan Wedding, accusé d'être à la tête d'un réseau international de trafic de drogue.

Gurpreet Singh, accusé par les autorités américaines d’avoir aidé à coordonner des livraisons de cocaïne pour le compte de M. Wedding, a fait l’objet d’une enquête pour son implication potentielle dans un complot présumé visant à assassiner un agent pénitentiaire de Toronto, comme le révèlent des documents rendus publics vendredi.

L’enquête policière qui a suivi a donné lieu à «Projet South», une vaste opération de la police régionale de York qui a révélé diverses infractions, notamment des allégations de corruption, de complot pour meurtre et de trafic de drogues.

Sept agents de police de Toronto et un agent à la retraite figuraient parmi les vingt‑sept suspects inculpés dans le cadre de cette enquête. Les faits qui leur sont reprochés incluent d'avoir accédé à des informations personnelles et de les avoir divulguées à des membres d’un groupe du crime organisé qui ont ensuite commis des crimes, notamment des fusillades, des extorsions et des vols.

M. Singh, qui attend son extradition vers les États-Unis, n’a pas fait l'objet d'accusations au criminel dans le cadre du «Projet South». Toutefois, des documents judiciaires récemment rendus publics font état d’une enquête sur son rôle potentiel dans le complot présumé visant à assassiner un agent pénitentiaire de haut rang au centre de détention du Sud de Toronto, où M. Singh était incarcéré.

En réponse à une demande de commentaires de La Presse Canadienne, l’avocat de M. Singh, Brian Greenspan, a écrit: «Le fait que M. Singh n’ait été inculpé d’aucune infraction au Canada plus de quatre mois après l’exécution des mandats constitue la réponse la plus claire aux allégations contenues dans les ITO.»

Ce que révèlent les documents judiciaires

La manière exacte dont les enquêteurs prétendent que M. Singh pourrait être lié à certaines des personnes inculpées dans le cadre de l’opération «Projet South» reste soumise à un interdit de publication.

Des centaines de pages de documents d'«information to obtain» (ITO) déposés par la police dans le cadre de l’enquête «Projet South» restent caviardées. Ces documents détaillent ce que la police estimait être vrai au moment de leur dépôt, mais les allégations qu’ils contiennent concernant des suspects nommés ou des personnes visées par l’enquête n’ont pas été vérifiées devant un tribunal.

La Presse Canadienne et d’autres médias contestent devant les tribunaux l’interdit de publication et les caviardages importants des documents ITO. Vendredi, un juge de la Cour supérieure de l’Ontario a levé l’interdiction concernant certaines informations.

Les parties non caviardées des documents montrent que les communications personnelles de M. Singh ont été interceptées et surveillées dans le cadre de l’enquête «Projet South».

Ce même lot de documents révèle également que la police enquêtait sur Nishwant Dosanjh, un agent pénitentiaire du centre de détention du Sud de Toronto, qui aurait entretenu une relation amoureuse avec M. Singh par le passé et aurait passé des «périodes exceptionnellement longues» avec le détenu.

Les enquêteurs ont indiqué qu’ils pensaient que Mme Dosanjh avait manifesté de l’animosité envers l’agent pénitentiaire qui était la cible du complot d’assassinat, et qu’elle avait pris la première photo de son véhicule, qui a ensuite été utilisée par les criminels présumés pour identifier et localiser son domicile.

Mme Dosanjh n’a pas été accusée au criminel dans l’affaire «Project South» et aucune des allégations portées contre elle dans les documents de l’ITO n’a été examinée par un tribunal.

Son avocat n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires de La Presse Canadienne.

Mais dans une déclaration envoyée à d’autres médias faisant partie du consortium contestant l’interdiction de publication, l'avocate Kim Schofield a indiqué que sa cliente niait toute allégation de faute pénale ou professionnelle.

«Mme Dosanjh n’a pas fait l’objet de poursuites pénales, et rien n’indique que des accusations pénales seront un jour portées contre elle», a écrit Mme Schofield, ajoutant que sa cliente «maintient catégoriquement son innocence totale».

Ryan Wedding, le présumé baron de la drogue qui a autrefois représenté le Canada aux Jeux olympiques en tant que snowboardeur, a été arrêté au Mexique en janvier, mettant fin à une chasse à l’homme qui durait depuis des années.

Le FBI a affirmé que M. Singh, parmi d’autres coaccusés, avait conspiré avec M. Wedding pour acheminer des cargaisons de cocaïne pesant plusieurs centaines de kilogrammes de Californie vers le Canada. Ces allégations n’ont pas été prouvées devant les tribunaux américains.

La Presse Canadienne

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