Le CMQ demande à Santé Québec de retirer les gaz anesthésiques polluants

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Le dossier stagne depuis un certain temps, et pour faire bouger les choses, le Collège des médecins du Québec (CMQ) demande à Santé Québec de faire cesser l’utilisation des gaz anesthésiques polluants qui sont encore utilisés en chirurgie dans le réseau de la santé.
Dans un communiqué diffusé mercredi matin, le CMQ exhorte Santé Québec à faire cesser le recours au desflurane et à fermer les canalisations de protoxyde d’azote dans les établissements de santé.
Ces deux gaz anesthésiques ont une empreinte environnementale élevée. En comparaison avec le sévoflurane, l'empreinte carbone du desflurane est 40 fois plus élevée. Quant au protoxyde d’azote, il a une durée de vie de 109 ans dans l'atmosphère.
Le Collège des médecins souligne que les gaz anesthésiques inhalés contribuent de manière significative aux émissions de GES qui proviennent du système de santé. Il argue que d'éliminer les agents les plus polluants pourrait se faire rapidement et qu'il est scientifiquement prouvé que cela permettrait de réduire l’empreinte environnementale du réseau de la santé.
À la demande de l’Association des anesthésiologistes du Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux avait confié à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) le mandat de formuler des recommandations sur les meilleures pratiques cliniques à mettre en place pour diminuer l’empreinte carbone de l’anesthésie générale par inhalation.
À l'été 2024, l'INESSS avait publié un avis dans lequel il recommandait la fermeture des systèmes centralisés de distribution de protoxyde d’azote en cessant l’alimentation des canalisations. Il recommandait aussi que le desflurane soit retiré de la liste provinciale des médicaments, ce qui n'a toujours pas été fait.
Le CMQ se dit favorable aux recommandations cliniques de l’INESSS. Dans son communiqué, il affirme qu'il y a «urgence d’agir en effectuant un virage rapide et structuré vers des pratiques anesthésiques plus durables». Il ajoute que le retrait du desflurane et la réduction du protoxyde d’azote ne compromettent pas la sécurité des patients.
Le président du CMQ, le Dr Mauril Gaudreault, a fait valoir par écrit que le mandat de protection du public du Collège est relié aux bonnes pratiques environnementales en matière de soins.
«Acteur engagé dans la santé durable, le Collège soutient des pratiques anesthésiques à plus faible impact environnemental, conformément aux données probantes. C’est pourquoi nous demandons à Santé Québec d’agir pour que deux gaz polluants soient graduellement délaissés. Nous ferons des représentations en ce sens auprès du gouvernement», a indiqué Dr Gaudreault.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne