Le Mexique et les Caraïbes resteront populaires, selon des acteurs du voyage

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les Québécois continueront de visiter leurs destinations soleil préférées malgré les crises qui ont secoué certaines d'entre elles, estiment des acteurs du secteur du voyage. Les récents événements d'instabilité rappellent cependant l'importance d'avoir «des plans B et C» lorsque vient le temps de voyager, selon un expert.
La suspension des vols vers Cuba, où la situation humanitaire est préoccupante, a détourné les réservations vers d'autres destinations, comme le Mexique et la République dominicaine, constate la vice-présidente des agences Voyages Bergeron et Passion Monde, Véronique Capra.
Elle est convaincue que les voyageurs québécois seront de retour sur les plages de cette île des Caraïbes dès une reprise des vols.
«Les gens vont être contents d'aller encourager cette population-là. Il y a des gens qui vont à Cuba chaque année. Ils vont à la même place, ils connaissent les gens qui travaillent-là», expose Mme Capra.
Quant à Puerto Vallarta, au Mexique, la destination sera peut-être moins populaire pendant quelque temps en raison des incidents violents récents. Mais une fois la situation bel et bien stabilisée, les réservations reviendront à la normale, estime Mme Capra.
Le président de l'Association des agents de voyages du Québec, Moscou Côté, abonde dans le même sens.
«C'est une situation qu'on a déjà vécue il y a quelques années. Et, somme toute, quelques mois plus tard, tout était revenu à la normale, tant dans l'esprit des gens que dans le quotidien sur le terrain», se souvient-il, rappelant que le Mexique est un vaste pays avec plusieurs stations balnéaires.
Affaires mondiales Canada mentionnait jeudi sur son site que «la situation en matière de sécurité est désormais stabilisée» dans les régions touchées par les événements du 22 février au Mexique.
M. Côté ne croit pas que ces épisodes de violences récents changeront quoi que ce soit à moyen terme aux habitudes de voyage des Québécois.
«Historiquement, ce qu'on a vu dans le passé, c'était que les situations comme ça, ça va, ça vient. C'est oublié dans la tête des gens six mois plus tard», dit-il.
Cuba, le Mexique et la République dominicaine accaparent 90 % de l'offre disponible pour les voyageurs souhaitant aller dans le Sud. Les 10 % restants sont partagés, notamment, entre la Jamaïque, la Colombie, le Panama et Saint-Martin, souligne M. Côté.
Si Mme Capra note actuellement un impact des événements récents sur la perception et le sentiment de sécurité, elle ne croit pas non plus que les Québécois arrêteront de voyager dans les Caraïbes ou au Mexique.
D'après son expérience, la confiance des voyageurs finit par se rétablir à la suite d'une période d'instabilité, particulièrement lorsque des visiteurs précédents confirment que la région est sécuritaire.
L'influence du contexte géopolitique
Si la situation ne devait pas se résorber à Cuba et au Mexique, «à moyen terme, l'année prochaine, on va se lancer vers d'autres destinations, c'est clair et net», mais les pays des Caraïbes auront toujours la cote, indiquait en début de semaine le titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l'Université du Québec à Montréal, Marc-Antoine Vachon.
Historiquement, le prix et la qualité sont les deux premiers éléments considérés par les consommateurs pour leur lieu de vacances. La sécurité constitue aussi un aspect important, et, lorsque ce point s'impose dans la réflexion, celui-ci a beaucoup de poids dans la décision, dit M. Vachon.
«La sécurité physique, c'est quelque chose avec laquelle on n'est vraiment pas habitué d'intégrer dans le modèle décisionnel, en particulier ici au Québec. Alors, quand ça s'invite dans la danse, j'ai l'impression qu'on est très, très rébarbatif à prendre un risque et surtout si on y va en famille», analyse le professeur en marketing.
Le contexte géopolitique pèse de plus en plus lourd dans le choix d'une destination vacances, surtout depuis le changement d'administration à la Maison-Blanche, observe John Gradek, chargé d’enseignement à l'Université McGill, qui se spécialise dans l'industrie aérienne et du voyage.
D'autres bouleversements en Amérique latine pourraient survenir et aucune région touristique dans le monde n'est réellement à l'abri, estime-t-il.
Même si le risque est au minimum, «il faut toujours avoir de la flexibilité avec nos plans de voyage parce que cette instabilité géopolitique peut arriver assez soudainement et peut gâcher nos choix de voyage», prévient M. Gradek.
«Il faut s'assurer d'avoir des plans B et C lorsqu'on fait notre sélection», poursuit-il. Cela comprend de prendre les précautions nécessaires nous permettant d'apporter des changements à nos plans de voyage en cas d'imprévus et d'amoindrir les pertes monétaires.
En plus de souscrire à une assurance annulation et interruption, il peut être intéressant de s'inscrire aux plans de protection offerts par les voyagistes. Ceux-ci peuvent permettre de changer de date ou de destination, évoque Mme Capra.
M. Gradek invite aussi les Québécois à s'informer sur la situation politique et d'être conscient de l'environnement social du pays que l'on souhaite visiter. «Ce n'est pas toujours les brochures qui donnent» un tel aperçu, soutient-il.
Mme Capra souligne que, depuis la pandémie de COVID-19, de plus en plus de clients s'informent sur la situation de leur destination avant de quitter.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne