Le Parti québécois s'oppose à la mouture actuelle du projet de TGV

Temps de lecture :
2 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) retirera le Québec du projet de train à grande vitesse (TGV) du gouvernement fédéral s'il est porté au pouvoir en octobre, estimant que la priorité devrait être donnée à l’entretien des infrastructures vétustes.
Dans un communiqué, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, plaide qu'il ne peut pas «justifier aux Québécois que leur argent soit investi dans un projet pharaonique» alors que les infrastructures prioritaires ont un besoin urgent d'être rénovées.
En se basant sur des estimations du Bloc québécois, M. St-Pierre Plamondon évalue le projet à «potentiellement 200 milliards $» et avance que la part du Québec serait donc d'environ 40 milliards $.
Le chef péquiste soutient qu'un éventuel gouvernement du PQ demanderait à ce qu'Ottawa lui verse «sans condition» ces sommes pour qu'il puisse les investir dans des infrastructures comme les routes, les hôpitaux, les écoles et le transport collectif.
Alors que le déficit de maintien des actifs du Québec s'élève à plus de 40 milliards $, M. St-Pierre Plamondon soutient que le Québec pourrait rénover la «quasi-totalité» de ses infrastructures vétustes en recevant sa part des sommes qui seront consacrées au projet de TGV.
M. St-Pierre Plamondon souligne que certaines études préviennent déjà qu'il est possible que le futur TGV ait peu d’impact sur le trafic sur les routes. Il avance que le projet «risque fortement d’être un énorme fiasco financier».
Le projet de TGV, piloté par la société d'État Alto, doit relier Toronto à Québec, avec plusieurs arrêts dans des villes ontariennes et québécoises. La construction du premier segment, entre Montréal et Ottawa, doit commencer en 2029 ou 2030.
À l’heure actuelle, Alto évalue que le projet coûtera entre 60 et 90 milliards $, mais certains experts jugent que cette prévision est irréaliste.
Par ailleurs, Paul St-Pierre Plamondon affirme que les consultations publiques menées par Alto pour déterminer le tracé exact sont «opaques». Il rappelle que de nombreux agriculteurs sont inquiets de «voir leurs champs coupés en deux».
«Tout se déroule comme si l’on voulait aller le plus vite possible avant qu’on réalise l’erreur et le fiasco financier vers lequel on se dirige», dénonce le chef péquiste dans son communiqué.
Il accuse aussi le premier ministre du Canada, Mark Carney, d'être «davantage préoccupé par l’idée de laisser un projet en héritage que par l’intérêt public».
Avec cette sortie – qui ne sera «pas nécessairement populaire», de son propre aveu – M. St-Pierre Plamondon ajoute sa voix à celle du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui s'est aussi opposé à la mouture actuelle du projet.
La Presse Canadienne