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Le PQ recrute l'ancien commandant du Collège militaire royal de Saint-Jean

durée 06h45
20 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) recrute un candidat atypique pour le camp indépendantiste: un militaire à la retraite.

C'est l'ancien commandant du Collège militaire royal (CMR) de Saint-Jean, Gaétan Bédard, qui aspire à porter les couleurs du PQ aux élections du 5 octobre, dans la circonscription de Saint-Jean, a appris La Presse Canadienne.

L'actuel député caquiste, Louis Lemieux, ne se représente pas au prochain scrutin et le PQ, qui a fréquemment remporté cette circonscription autrefois, pourrait ainsi la regagner.

M. Bédard a déposé sa candidature à l'investiture au cours des derniers jours et l'investiture aura lieu dans les prochaines semaines.

«Son expertise en matière de défense sera un ajout précieux à notre équipe et contribuera à renforcer notre plan pour améliorer le sentiment de sécurité des Québécoises et Québécois», a plaidé le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Il est plutôt rare de voir des membres ou ex-membres des Forces armées canadiennes afficher des convictions indépendantistes.

Après tout, l'armée est certainement une des institutions les plus emblématiques de la fédération canadienne et les militaires prêtent serment à la Couronne - M. St-Pierre Plamondon avait d'ailleurs refusé de prononcer un serment à Sa Majesté pour devenir député en 2022.

«Pas si compliqué»

Comment concilier ses convictions souverainistes et le service dans les forces?

«Ce n'est pas si compliqué que ça», a répondu Gaétan Bédard, dans une entrevue téléphonique.

«Servir dans les forces canadiennes, c'est servir les 10 provinces, incluant le Québec, et le temps que j'ai servi dans les forces, 29 ans, j'ai pris mon devoir très au sérieux, j'étais un officier très professionnel», a-t-il expliqué.

«Ce n'est pas parce que je servais le Canada dans son entièreté, chose dont je suis fier, que je me suis départi de mon identité et de mon attachement au Québec.»

Parmi les rares cas d'ex-militaires sous la bannière péquiste, il y a eu l'ancien chef et premier ministre Bernard Landry qui a été officier de réserve. Mais plus récemment, il y a Alex Boissonneault, élu député d'Arthabaska l'an dernier et qui a été élève officier au Collège royal militaire de Kingston (Ontario).

«Je connais Gaétan depuis près de 30 ans et je peux témoigner de son sérieux et sa rigueur, a-t-il écrit. Ce sera un atout important pour notre mouvement, notamment pour les questions de défense nationale.»

M. Bédard a affirmé qu'il a «toujours été souverainiste et prôné l'indépendance», mais qu'il a évidemment respecté son devoir de réserve dans les forces.

Consulter la population

Est-ce que l'engagement résolument indépendantiste du chef péquiste et sa volonté de tenir un référendum dans un premier mandat ont incité l'aspirant candidat à se lancer?

«Le souhait du chef est de faire l'indépendance, mais il ne la fera pas sans consulter la population, a-t-il répondu. Le travail consiste à convaincre la population. Si au bout du compte la population ne veut pas, le chef ne s'opposera pas à la population, mais il y a assurément un désir de réaliser l'indépendance.»

M. Bédard ne sent pas qu'il «renie son passé» en voulant construire un État du Québec et selon lui, «ce n'est pas briser le Canada» et le «partenariat avec le Canada ne s'arrête pas là».

Élevé au grade de colonel, M. Bédard a commandé le CMR de 2021 jusqu'à l'été 2023, lorsqu'il a pris sa retraite. Il a par la suite été consultant en technologie de l'information pour une petite entreprise, qu'il a quittée la semaine dernière pour se lancer à plein temps en politique.

Officier d'infanterie, il a servi sous les drapeaux dans divers théâtres d'opérations, Bosnie-Herzégovine, Haïti, Afghanistan.

«Ça m'a donné une perspective: cela nous montre combien on a atteint un niveau de vie très élevé au Québec, ça nous fait apprécier le monde dans lequel on vit, nos institutions, notre système d'éducation.»

Saint-Jean a longtemps été vue comme une circonscription baromètre du Québec, qui marquait la tendance et votait en faveur du parti qui finissait par former le gouvernement. Mais cela n'a pas été le cas en 2014, en 2008 et en 2007.

En 2022, Louis Lemieux avait obtenu 50,65 % des suffrages, loin devant le PQ, en deuxième place avec 19 %.

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

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