Les banques alimentaires canadiennes font face à la hausse du prix de l'essence

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Des banques alimentaires canadiennes doivent composer avec les répercussions du conflit en Iran, qui s'étire depuis plusieurs semaines, notamment en raison de la hausse du prix de l'essence.
La Daily Bread Food Bank, qui est considérée comme la plus grande banque alimentaire de Toronto, a indiqué qu'elle fait face à une succession de crises.
Selon son directeur général, Neil Hetherington, la récente hausse des prix du carburant n'a fait qu'aggraver l'insécurité alimentaire que vivent les ménages torontois alors que la fréquentation des banques alimentaires a explosé depuis la pandémie de COVID-19.
Cette situation suscite également des inquiétudes au Québec, comme l'explique Martin Munger, directeur général des Banques Alimentaires du Québec.
M. Munger a souligné dans un courriel transmis cette semaine à La Presse Canadienne qu'il craignait que «l’augmentation du prix de l’essence et son impact sur le prix des produits de consommation se traduisent en une nouvelle hausse de la fréquentation des banques alimentaires».
L'augmentation du prix de l'essence, qui est passé au-dessus de la barre de 2 $ le litre ces derniers jours, avant de redescendre de quelques cents, est aussi un enjeu pour les Moissons, qui doivent gérer l'itinéraire de leurs camions, a-t-il précisé.
De son côté, Moisson Montréal a mentionné qu'elle ne constatait pas d’impacts significatifs sur ses opérations ou ses approvisionnements.
«La hausse du prix du carburant entraîne certains ajustements à la marge, comme pour l’ensemble des organisations, mais cela demeure limité et sans effet notable sur nos activités», a ajouté par courriel l'organisme.
Au Québec, on estime que 15,7 % des ménages vivent une forme d’insécurité alimentaire, rappelle l'organisation des Banques alimentaires du Québec dans son rapport annuel 2024-2025.
Dans son Bilan-Faim 2025, le réseau a indiqué qu'il répondait à 3,1 millions de demandes d'aide alimentaire chaque mois, ce qui représentait un bond de 6,6 % depuis 2024 et de 37 % depuis 2022.
Mais les répercussions liées au conflit au Moyen-Orient pourraient possiblement s'atténuer, puisque des responsables américains et iraniens ont commencé des pourparlers samedi.
La Maison-Blanche a confirmé le caractère direct des échanges quelques jours après l'annonce d'un fragile cessez-le-feu de deux semaines.
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— Avec des informations de Kathryn Mannie et de l'Associated Press
Audrey Sanikopoulos, La Presse Canadienne